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Patrick Mbeko: Que se passe-t-il en Ukraine?

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Il y a quelques heures, le commandant en chef de la marine ukrainienne, l’amiral Berezovski, nommé vendredi à la tête de la marine par le président par intérim Olexandre Tourtchinov, a annoncé qu’il prête allégeance aux autorités pro-russes de Crimée. La situation est très tendue. Mais au fond, que se passe-t-il dans ce pays?

Il y a d’abord eu des manifestations organisées par des politiciens d’opposition soutenus par certaines puissances occidentales. Cette opposition mainstream a eu recours aux tactiques de la stratégie de la tension inspirée des révolutions colorées pilotées par la CIA en Europe de l’Est. Nous ne sommes plus vraiment dans le soft power, mais bien dans le smart power cher aux stratèges américains.



Le Président Ianoukovitch, pro-Russe, a été écarté du pouvoir par une partie du Parlement. Le nouveau pouvoir s’est vite aligné sur l’Europe et l’Amérique. Et on parle de plus en plus de l’intégration de l’Ukraine dans l’Union européenne. Et c’est là où les choses deviennent intéressantes.

Au fond, les Européens ne représentent rien et n’ont rien à dire dans ce conflit. C’est l’Oncle Sam le maître du jeu. Je tiens à rappeler, pour ceux qui ne le savent peut-être pas, que l’Union européenne est une création des États-Unis. Donc, la colonie américaine de l’Union Européenne, dans ce conflit, ne fait qu’exécuter l’agenda de la première « grande puissance » sous-développée du G8, les USA.

L’intégration de l’Ukraine au sein de l’UE, mais surtout de l’OTAN, donne une profondeur stratégique à l’Amérique dans sa politique de containment contre la Russie. Rappelons qu’en 2008, au sommet de Bucarest, les dirigeants des pays membres de l’OTAN étaient convenus que l’Ukraine ─ qui coopère néanmoins depuis de nombreuses années avec l’Otan─ avait vocation à rejoindre l’Alliance atlantique, ce qui avait fortement irrité la Russie. Mais en 2010, le gouvernement nouvellement élu du président Viktor Ianoukovitch avait renoncé à cet objectif s’attirant les foudres du démon américain.

La suite, on la connaît : il a été renversé par les sous-traitants de l’empire, l’Ours russe est sorti de ses retranchements, et les autres (les Occidentaux) se lamentent. Comme d’habitude à chaque fois qu’ils sont en face d’un adversaire sérieux. Après tout, la Russie, ce n’est pas la Libye, encore moins la Centrafrique. Quand même! Quand même! Chez nous au Congo, on dit : Eteya bino…( Que cela vous servez d’enseignements, NDLR)

Patrick Mbeko