L'Angola : vue d'ensemble

Angola

Vue d'ensemble

L’Angola a été durement touché par l’effondrement des cours du pétrole en 2009. Son essor économique, l’un des plus rapides au monde avant la crise internationale, s’est brutalement arrêté. Le pays a connu une croissance négative en 2009, avec une contraction de -0.6 % du PIB. Un rebond est attendu en 2010, à hauteur de 7.4 %, grâce à la remontée des prix des hydrocarbures. L’inflation est restée forte en 2009, à 14 %, et pourrait grimper à 15 % en 2010.

L’économie angolaise reste très dépendante des recettes pétrolières. Néanmoins, pour la troisième année consécutive, les autres branches, qui devraient progresser de 10 % en 2010, enregistrent une croissance plus vigoureuse que le secteur pétrolier. La tendance paraît encourageante, compte tenu des deux grandes priorités que sont l’emploi et la diversification économique. La croissance des activités non pétrolières est soutenue par la reconstruction des infrastructures et le regain d’activité économique. Luanda reste le principal pôle économique et politique, comptant pour 70 à 75 % de l’activité et de la consommation du pays.

La chute abrupte des cours du pétrole, fin 2008 et courant 2009, a entraîné une forte dégradation de la situation macro-économique au premier semestre 2009. Confronté à l’effondrement de ses recettes publiques et à un déséquilibre défavorable de ses comptes extérieurs, l’État a mis en œuvre des mesures d’austérité drastiques.

La politique monétaire adoptée face à la crise a été marquée par l’obstination à puiser dans les réserves en devises, pour stabiliser la monnaie nationale, le kwanza (AOA), par rapport au dollar (USD). Cette politique a provoqué une crise de liquidités sans précédent. Le redressement des prix du pétrole depuis la mi-2009 devrait permettre une normalisation graduelle en 2010. Cependant, le resserrement monétaire et budgétaire devrait être maintenu. La diversification des sources de recettes reste le fondement de la stabilité macro-économique.

Fin 2009, en raison de la crise, les pouvoirs publics ont demandé l’intervention du Fonds monétaire international (FMI). Celui-ci a injecté 1.4 milliard USD dans le cadre d’un accord de confirmation destiné à soutenir la balance des paiements de l’Angola. Plus tard, le FMI a accepté d’aider le pays à lever 1 milliard USD de plus. La Banque mondiale, le Brésil et le Portugal ont pris des engagements, mais l’Angola a rencontré des difficultés pour émettre 9 milliards USD de dette souveraine à l’international. Pour rassurer les marchés financiers, le pays pourrait faire noter sa solvabilité par les agences mondiales de notation.

La crise des recettes de 2009 devrait recentrer l’attention sur la gestion des ressources du pays. La reconstruction de l’infrastructure angolaise avance à un rythme impressionnant, depuis la fin de la guerre civile, en 2002, après trois décennies de combats. Néanmoins, de nombreux projets s’avèrent de qualité médiocre. La corruption et des achats inefficaces siphonnent une proportion massive des ressources. L’Angola doit mieux gérer ses ressources publiques, pour éviter une nouvelle crise des liquidités.

La réforme de la constitution, adoptée par l’Assemblée nationale en janvier 2010, a supprimé l’élection présidentielle. Le président du pays sera désormais désigné par le parti ou par la coalition ayant remporté les législatives. Le Premier ministre est remplacé par un vice-président, qui rend directement compte au président, dont les pouvoirs se trouvent renforcés. Ayant aujourd’hui la possibilité d’exercer deux mandats de cinq ans chacun, le président actuel, au pouvoir depuis 1979 et élu en 1992, pourrait diriger le pays pendant encore dix ans, s’il se représente.

En 2009, un nouveau ministère de l’Économie, dirigé par Manuel Nunes Junior, a été instauré pour gérer la planification économique de l’Angola. Le Fonds souverain du pays (Fundo soberano angolano), très attendu, a également été créé fin 2009 et placé sous la responsabilité de ce ministère.

Le président de l’Angola, José Eduardo dos Santos, a annoncé une campagne nationale anti-corruption. Quelques hauts fonctionnaires ont été mis en accusation, mais on ne sait pas si de réelles mesures ont été prises afin de réduire la corruption et l’opacité. L’économie angolaise reste largement aux mains d’une petite élite politique qui dispose d’un excellent réseau. Le renforcement des institutions et l’amélioration de la transparence nécessiteront d’énormes efforts.

Les préparatifs pour la Coupe d’Afrique des nations (CAN) de football qui s'est déroulée en Angola en janvier 2010 ont mobilisé l’investissement et pourraient avoir pesé sur les finances du pays dans un contexte déjà difficile. Cependant, la CAN est le premier événement d’envergure international organisé par l’Angola. Elle est donc considérée comme un important signal de la visibilité de l’Angola en Afrique et sur la scène mondiale. Elle a malheureusement été ternie par la tragique attaque contre l’équipe togolaise dans la province du Cabinda, rappelant les problèmes d’insécurité dans cette région.

L’Angola doit gérer plus efficacement ses richesses nationales non renouvelables et créer des emplois. Pour améliorer cette gestion, il lui faudra consolider ses institutions et atténuer la mainmise du pouvoir sur la vie politique et économique du pays. Son économie reste largement tirée par l’investissement public, qui souffre du népotisme et de la corruption. À moyen terme, elle devra moins s’appuyer sur l’investissement public et davantage sur le secteur privé.