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Algérie, Maroc et Tunisie: montée en puissance des compagnies d’assurance

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D’après Standard & Poor’s, les marchés de l’assurance en Algérie, au Maroc et en Tunisie présentent de bonnes perspectives de croissance. Les trois marchés, estiment les analystes de l’agence de notation, présentent néanmoins des différences de taille. Zoom sur une montée en puissance à visages multiples.

Les perspectives du Maghreb des assurances sont bonnes, relève l’agence Standard & Poor’s (S&P) dans son dernier rapport. «Avec des besoins en couverture croissants, la demande d’assurance pourrait même, à long terme, dépasser celle des économies locales. Les initiatives réglementaires de promotion et d’assainissement du secteur devraient également favoriser une croissance significative dans les années à venir». Les trois marchés présentent néanmoins des différences en termes de structure de produits, de réseaux de distribution, de profils de résultats et de profondeur des marchés financiers.

Ainsi, en Algérie le marché reste encore orienté vers l’assurance auto, en attendant le développement de la bancassurance. Au Maroc, marché le plus mature de la région, les perspectives de croissance sont soutenues par le contrat programme et une politique de généralisation de l’assurance. Quant à la Tunisie, elle présente des perspectives de croissance du secteur de l’assurance plus élevés que celles de son PIB.

Les points communs des marchés sont en général, au-delà d’une forte exposition à l’assurance –auto (l’on note en moyenne 15 voitures au Maghreb pour 100 habitants) et risques industriels, un besoin croissant en assurance-vie, épargne et santé et un taux de pénétration encore faible dans certains segments comme l’assurance- habitation. Dans les trois pays, l’on note un développement des infrastructures et une croissance du marché de l’immobilier, favorables au secteur. Au niveau des régulateurs, les efforts sont dirigés dans la même direction : l’élargissement des couvertures obligatoires.

S’agissant du niveau de solvabilité ajusté du risque, l’agence note qu’au Maroc, le risque actions est fortement consommateur de fonds propres en raison de la forte exposition des acteurs locaux au marché actions domestiques. Cette exposition est moins forte en Tunisie où l’agence dénote cependant d’un risque de crédit fortement consommateur de fonds propres.

Ce risque s’est encore détérioré avec la récente dégradation de la note de la Tunisie, passée de BB à B. Le développement du marché financier au Maroc offre un effet de levier aux compagnies d’assurances. Leurs bilans où les produits des placements sont bien représentés reflètent cette maturité à l’inverse de l’Algérie où les opérateurs comptent essentiellement sur les résultats techniques. Au Maroc comme en Tunisie, la volatilité du marché et des perspectives de croissance revues pourraient ralentir la croissance du secteur des assurances.

Le challenge pour les compagnies maghrébines consiste désormais à, d’une part, élargir l’offre et, d’autre part, maintenir la rentabilité. Un éventuel passage à un régime de solvabilité ajustée du risque pousserait les compagnies à adapter leur stratégie d’allocation des actifs et à renforcer leur stratégie au marché et aux régulateurs. Les opérateurs ont, de l’avis de l’agence S&P, des efforts à faire pour ramener le niveau du risque managérial en adéquation avec les perspectives du secteur. Le basculement attendu dans les règles de Solvency II signifierait plus d’exigence dans l’encadrement de ce type de risques. En retour, les compagnies d’assurance enregistreront des croissances plus saines.

Les compagnies qui ont servi de base d’analyse du rapport de S&P instituent les entités publiques comme la SCR (Maroc), créditée de la même note que celle du royaume (BBB-/Stable/A-3 en devises, et BBB-/Stable/A-3 en monnaie locale). Ce qui veut dire que le soutien du gouvernement à la Société Centrale de Réassurance est certain en cas de désastre financier. En Tunisie, la Compagnie d’assurance et de réassurance euro-tunisienne (Carte, BB/Stable) a été dégradée suivant la baisse de la notation souveraine de la Tunisie.

Le poids de l’Etat en Algérie

En Algérie, l’on dénombre 16 assurances et un réassureur dans un environnement de forte montée des compagnies privées et des mutuelles, fortes de 33% des parts de marché. Les français Axa, BNP Paribas et Macif ont pris position sur ce marché dominé par un réseau en direct et à travers des agents généraux. Pour autant, l’Etat reste le premier acteur à travers les entités qu’elle détient, et une règle de cession légale qui oblige désormais les acteurs à rétrocéder 50% des primes contre 5 à 10% auparavant.

Les courtiers indépendants représentent pour moins de 5% du chiffre d’affaires total à cause des restrictions gouvernementales. Si son potentiel est immense, le marché algérien reste handicapé par un faible réseau de distribution comparé aux deux autres pays du Maghreb. L’évolution réglementaire récente introduit de nouvelles normes comptables, la séparation des activités vie et non vie et le renforcement des règles de solvabilité.

Le poids de l’assurance-vie au Maroc

Tout comme l’Algérie, le Maroc compte 16 compagnies d’assurance et un réassureur. Une dynamique de rapprochement entamée en 2006 a entrainé une forte concentration du secteur. Ainsi, 70% des primes émises sont le fait des cinq premiers acteurs du marché. Hors bancassurance, le marché marocain de l’assurance est peu «intermédié» avec 40 courtiers pour un million d’habitants contre 80 en Tunisie. De même, l’activité reste concentrée sur l’axe Casablanca- Rabat. L’agence note cependant des perspectives de développement renforcées par le contrat programme signé en 2011, l’assurance maladie obligatoire, l’élargissement de l’assurance obligatoire et l’introduction d’incitations fiscales favorisant la souscription.

Le poids de l’intermédiation en Tunisie

Avec 18 assureurs et 1 réassureur, le marché tunisien est moins concentré contrairement au Maroc et à l’Algérie. Les cinq premiers acteurs contrôlent 55% du marché. L’on note aussi la présence de groupes étrangers comme Groupama, actionnaire de la Star et l’italien Assucurazzioni Generali, actionnaire de Maghrebia Vie. Le marché est le plus intermédié au Maghreb avec 80 courtiers pour 1 million d’habitant. Les dernières mesures réglementaires portaient sur l’introduction de l’assurance islamique (Takaful), l’élargissement de l’assurance obligatoire et, entre autres, l’augmentation du seuil du capital minimum.

Perspectives

A l’avenir, ces trois marchés feront face à des enjeux majeurs : une croissance économique difficile (surtout pour le cas de la Tunisie), une forte compétition entre les acteurs. En raison de son taux de pénétration encore faible (0,8% du PIB), l’Algérie qui totalisait 821 millions d’euros de primes émises en 2010 dispose d’un important potentiel de croissance. En général, l’algérien souscrit pour 22,9 euros en moyenne par an. L’avenir se conjuguera avec une diversification en dehors des risques industriels et de l’assurance auto (81% de la valeur des primes émises) vers l’assurance habitation, l’assurance-vie. En même temps, l’augmentation des investissements publics dans le domaine des infrastructures sera de nature à doper la demande de certains types de couverture de risques industriels. Quant au Maroc, deuxième marché d’assurance en Afrique, il totalisait 1,96 milliard d’euros de primes en 2010 avec un taux de pénétration de 2,8%, le plus élevé du Maghreb. En Tunisie ce taux est de 1,8%.

 

Source: Tarek HALEM, Caire

En 2011 la BAD a financé le secteur privé en Afrique pour deux milliards de dollars américains

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Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé en 2011, près de deux milliards de dollars pour le financement du secteur privé en Afrique, a annoncé lundi la représentante-résidente de l'Institution financière panafricaine au Maroc, Mme Amani Abou-Zeid.

Parmi les secteurs d'activités bénéficiaires de ce soutien figurent notamment l'infrastructure avec près de 40 pour cent du montant global, l'intermédiation (30 pour cent) et l'industrie (20 pour cent), a précisé Mme Abouzid lors d'un atelier de consultation sur la nouvelle politique et stratégie de la BAD pour le développement du secteur privé en Afrique, dont les travaux se sont ouverts lundi à Casablanca.

"Cette vision projetait pour l'Afrique l'image d'un continent plus prospère et plus dynamique", a estimé Mme Abouzid, dont les propos sont cités par l'agence de presse MAP.

«La politique nouvellement proposée est la réponse de la BAD aux défis émergents et récurrents auxquels font face les pays membres régionaux (PMR), pour faire de la croissance économique une croissance inclusive et durable», a-t-elle ajouté.

Cette nouvelle politique, a-t-elle précisé, porte notamment sur l'amélioration du climat d'investissement et des affaires, le renforcement de la compétitivité à l'échelle internationale, le développement des infrastructures sociales et économiques, ainsi que l'amélioration de l'accès des ménages et des entreprises à des services fiables et de qualité.

Elle ambitionne également le développement d'un écosystème dynamique du secteur privé pour des entreprises industrielles et commerciales, des intermédiaires financiers, des marchés de capitaux et des sociétés de services institutionnels connectées par des chaines de valeurs efficientes.

L'atelier de Casablanca, organisé par le groupe de la BAD, a pour objectif de permettre aux parties prenantes, aux PMR, aux acteurs du secteur privé et de la société civile de contribuer au développement du secteur privé.

Ce conclave, qui fait partie d'une série de consultations des parties prenantes sur la nouvelle politique et stratégie de la BAD, intervient après ceux organisés en mai dernier à Arusha en Tanzanie, et le 4 juin à Johannesburg en Afrique du Sud.

Source: panapress

L'Afrique au sommet du G20 à Los Cabos au Mexique

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Vingt ans après Rio, voici Los Cabos au Mexique, ville dans laquelle les Chefs d’Etat africains et leurs homologues vont avoir des échanges sur la crise économique européenne, sur l’économie mondiale mais surtout sur les enjeux du développement durable et ses conséquences. De façon plus large, seront traitées les questions liées à l’environnement ainsi que les enjeux que cette question pose, comme le changement climatique, comme la déforestation, la biodiversité et les nouveaux modèles économiques de production que le développement durable implique.

Ce sommet va surement plaider pour une solidarité renforcée des pays développés pour la lutte contre la famine, la précarité et la gestion alimentaire dans le monde mais surtout en Afrique.

Autant tout de suite dire que cette conférence du G20 est d’abord une grande messe, un élément de passage obligé pour se voir, se parler et éventuellement traiter les affaires économiques de façon bilatérale alors que le traitement des problèmes impose une approche multilatérale. Cela est vrai pour les pays africains qui font de l’intégration régionale, voire continentale, un élément de bavardage diplomatique qui peut se traduire par la création d’institutions régionales mais dont le fonctionnement ne conduit à aucune efficacité économique et sociale.

Il en est ainsi du débat sur le développement qui reste uniquement tourné sur un versant commercial au lieu de s’intéresser au problème de départ : celui de la production et donc de la maitrise technique et technologique.

Les pays africains ont spécialisé leurs savoir-faire dans les questions juridiques, politiques, voire dans certains cas financiers et monétaires, et délaissent la question centrale qui est celle de la maitrise technique et l’utilisation des technologies comme point de départ de l’appropriation des connaissances et des métiers pour asseoir le développement. Aucune expérience historique de réussite dans le monde ne peut être expliquée que par le commerce. Des pays comme la Suisse spécialisée dans les activités financières, ont une industrie pharmaceutique et alimentaire développée.

Les Chefs d’Etat africains et les délégations qui les accompagnent se contentent de parler de climat des Affaires, de bonne gouvernance, de coopération dans les domaines portuaires, industriels et les infrastructures sans se poser la question des modalités éventuelles de la maitrise technique et technologique dans ces domaines par les Africains eux-mêmes. La conférence de Los Cabos peut être dans les conversations privées entre Chefs d’Etat le moment d’aborder ces questions de façon spécifique sur le bon usage d’une technique maitrisée par les Africains, aussi primaire soit-elle, et la nécessité de domestiquer sur un plan global les connaissances scientifiques.

Il suffit aux Africains de ne pas avoir honte d’eux-mêmes, de le vouloir politiquement, de se regrouper, de faire travailler les maigres équipes de scientifiques qu’ils ont à disposition, pour faire de l’Afrique nouvelle, une Afrique dominée par la domestication progressive de la technique et de la technologie.

La bonne gouvernance économique et politique est certes nécessaire, la maitrise de la dette est indispensable, l’alternance politique et démocratique doit être valorisée, mais la domestication de la technique et des technologies productives et pas seulement en matière de communication doit devenir l’alpha et l’oméga de nouvelles politiques macroéconomiques africaines.

Les domaines d’exercice de ces techniques et technologies dans le cadre africain sont connus : l’agriculture, l’assainissement des eaux, l’électrification, les infrastructures et l’aménagement du territoire (hôpitaux, écoles et nouvelle urbanisation). Si les Africains ne possèdent pas les ingrédients techniques et technologiques, c’est le cas actuellement, il faut à défaut d’être créateur être acheteur avec des contrats particuliers dans les transferts de technologie, des contrats que je nomme contrat de diffusion et de dissémination technologique permettant la formation et l’appropriation de ces techniques par les Africains eux-mêmes. Les courbes d’expérience technologique seront marquées par des coûts élevés au début qui très vite vont diminuer grâce aux phénomènes du faire par l’apprentissage (learning by doing).

Voici un des enjeux de ce sommet de Los Cabos au moment où l’Afrique devient l’eldorado des investissements mondiaux à cause de la crise dans les pays du Nord. Les Chefs d’Etat africains seront-ils capables de mettre cette question à l’agenda de la réunion du G20 de manière mutuelle, même si ce n’est pas l’ordre du jour de référence, ou bien feront-ils comme d’habitude essayer de plaider uniquement la cause de leurs pays lors des conversations privées ?

Dans tous les cas, il faut en parler car, celui qui domine la technique et la technologie, domine la monnaie qui n’est qu’un véhicule. Posséder une monnaie n’a jamais donné les connaissances scientifiques et techniques pour utiliser cette monnaie dans des actions productives. La remarque vaut pour les pays africains qui pensent que la maitrise d’une monnaie propre suffit pour se développer sans la technique.

Sources: Lucien PAMBOU, journaliste à grioo

L’avenir de l’Afrique…

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Il arrive dans la vie qu’une conversation banale nous secoue pendant des heures voire des jours. J’attendais tranquillement un ami au terminus d’autobus quand un monsieur d’un certain âge a pris place à mes côtés avant d’engager l’une des conversations les plus enrichissantes de ma vie. Professeur d’études stratégiques dans un institut international, l’homme connaît le continent africain comme le fond de sa poche. Son analyse, son point de vue sur notre avenir, donne froid dans le dos. Et s’il vous plaît, ne sortez pas la rancune du « colon nostalgique ». Lisez avec la tête et la raison ce qu’il dit.

Je vous rapporte fidèlement ses constats : « Cela fait maintenant plus de 25 ans que j’enseigne la stratégie. Dans ma carrière, j’ai eu affaire à des dizaines d’officiers et de hauts fonctionnaires africains. Je suis malheureusement obligé de vous dire ceci : du point de vue des études stratégiques, de l’analyse et de l’anticipation, je leur donne un gros zéro pointé. Nos stagiaires africains sont très instruits, ils ont de belles tenues militaires ou manient le français de manière remarquable, mais, dans les cours, ils ne nous apportent rien. Tout simplement, parce qu’à ma connaissance, dans toute l’Afrique francophone, il n’y a pas un seul centre d’études stratégiques et internationales avec des vrais professionnels à leur tête. »

Je vais vous expliquer pourquoi je n’ai aucun espoir pour ce continent.

Au moment où je parle, le monde fait face à trois enjeux principaux : l’énergie, la défense stratégique et la mondialisation. Donnez-moi un seul cas où l’Afrique apporte quelque chose. Rien !

- Commençons par l’énergie et précisément le pétrole. Tous les experts mondialement reconnus sont unanimes à reconnaître que d’ici 15 à 20 ans, cette ressource sera rare et excessivement chère. En 2020, le prix du baril tournera autour de 120 dollars. C’est conscients de cette réalité que des pays comme les USA, la France, la Chine, le Royaume Uni, etc. ont mis sur pied des task force chargés d’étudier et de proposer des solutions qui permettront à ces nations de faire main basse sur les ressources mondiales, de s’assurer que quoi qu’il advienne, leur approvisionnement sera assuré. Or, que constate-t-on en Afrique ? Les dirigeants de ce continent ne sont même pas conscients du danger qui les guette : se retrouver tout simplement privé de pétrole, ce qui signifie ni plus ni moins qu’un retour à la préhistoire ! Dans un pays comme le Gabon qui verra ses puits de pétrole tarir dans un maximum de 10 ans, aucune mesure de sauvegarde, aucune mesure alternative n’est prise par les autorités. Au contraire, ils prient pour que l’on retrouve d’autres gisements. Pour l’Afrique, le pétrole ne comporte aucun enjeu stratégique : il suffit juste de pomper et de vendre. Les sommes récoltées prennent deux directions : les poches des dirigeants et les coffres des marchands d’arme. C’est pathétique.

- Ensuite, la défense stratégique. L’état de déliquescence des armées africaines est si avancé que n’importe quel mouvement armé disposant de quelques pick-up et de Kalachnikov est capable de les mettre en déroute (cas récent du Mali avec la proclamation de l’Etat de l’Azawad). Je pense qu’il s’agit plus d’armées de répression intérieure que de guerre ou de défense intelligente. Pourquoi ? Parce que, comparées aux armées des nations développées, de la Chine, de l’Inde ou du Pakistan, les forces africaines rappellent plus le Moyen âge que le 21e siècle. Prenez par exemple le cas de la défense anti-aérienne. Il n’y a quasiment aucun pays qui possède un système de défense équipé de missiles anti-aériens modernes. Ils ont encore recours aux canons antiaériens. Les cartes dont disposent certains états-majors datent de la colonisation ! Et aucun pays n’a accès à des satellites capables de le renseigner sur les mouvements de personnes ou d’aéronefs suspects dans son espace aérien sans l’aide de forces étrangères. Quelle est la conséquence de cette inertie ? Aujourd’hui, des pays comme les Etats-Unis, la France ou le Royaume-Uni peuvent détruire, en une journée, toutes les structures d’une armée africaine sans envoyer un seul soldat au sol... Rien qu’en se servant des satellites, des missiles de croisière et des bombardiers stratégiques. A mon avis et je crois que je rêve, si les pays africains se mettaient ensemble, et que chacun accepte de donner seulement 10 % de son budget militaire à un centre continental de recherche et d’application sur les systèmes de défense, le continent peut faire un pas de géant. Il y a en Russie, en Ukraine, en Chine, en Inde, des centaines de scientifiques de très haut niveau qui accepteraient de travailler pour 3.000 dollars US par mois afin de vous livrer des armes sophistiquées fabriquées sur le continent et servant à votre défense. Ne croyez pas que je rigole. Il ne faut jamais être naïf. Si la survie de l’Occident passe par une recolonisation de l’Afrique et la mainmise sur ses ressources naturelles vitales, cela se fera sans état d’âme. Ne croyez pas trop au droit international et aux principes de paix, ce sont toujours les faibles qui s’accrochent à ces chimères. Je pense qu’il est temps de transformer vos officiers (dont 90 % sont des fils à papa pistonnés qui ne feront jamais la guerre et je sais de quoi je parle) en scientifiques capables de faire de la recherche et du développement. Mais, je suis sceptique. Je crois que ce continent restera enfoncé dans le sommeil jusqu’au jour où le ciel lui tombera sur la tête.

- Enfin, la mondialisation. Malheureusement, comme dans tous les autres sujets qui ont fait leur temps, les stagiaires africains que nous recevons sont d’excellents perroquets qui répètent mécaniquement les arguments qu’ils entendent en Occident. A savoir, il faut la rendre humaine, aider les pays pauvres à y faire face. Vous savez, dans mes fonctions, il y a des réalités que je ne peux dire, mais je vais vous les dire. La mondialisation est juste la forme moderne de perpétuation de l’inégalité économique. Pour être clair, je vous dirai que ce concept a un but : garder les pays pauvres comme sources d’approvisionnement en biens et ressources qui permettraient aux pays riches de conserver leur niveau de vie. Autrement dit, le travail dur, pénible, à faible valeur ajoutée et impraticable en Occident sera fait dans le Tiers-monde. Ainsi, les appareils électroniques qui coûtaient 300 dollars US en 1980 reviennent toujours au même prix en 2006. Et puisque l’Afrique n’a toujours pas un plan cohérent de développement économique et d’indépendance, elle continuera à être un réservoir de consommation où seront déversés tous les produits fabriqués dans le monde.

Pour moi, l’indépendance signifie d’abord un certain degré d’autonomie. Mais, quand je vois que des pays comme le Sénégal, le Mali, le Niger, le Tchad ou la Centrafrique importent quasiment 45 % de leur propre nourriture de l’étranger, vous comprendrez qu’un simple embargo militaire sur les livraisons de biens et services suffirait à les anéantir. Pour terminer, je vais vous raconter une anecdote. Je parlais avec un colonel sénégalais venu en stage chez nous il y a quelques mois. Nous regardions à la télévision les images de millions de Libanais qui défilaient dans les rues pour réclamer le retrait des soldats syriens de leur pays. Je lui ai demandé ce qu’il en pensait. Il m’a répondu : « Les Libanais veulent retrouver leur indépendance et la présence syrienne les étouffe ». C’est la réponse typique de la naïveté empreinte d’angélisme. Je lui ai expliqué que ces manifestations ne sont ni spontanées ni l’expression d’un ras-le-bol. Elles sont savamment planifiées parce qu’elles ont un but. Israël piaffe d’impatience d’en découdre avec le Hezbollah et puisque Tel-Aviv ne peut faire la guerre en même temps aux Palestiniens, au Hezbollah et à la Syrie, son souhait est que Damas se retire. Une fois le Liban à découvert, Israël aura carte blanche pour l’envahir et y faire ce qu’elle veut. J’ai appelé cet officier sénégalais il y a deux jours pour lui rappeler notre conservation. Malheureusement, il était passé à autre chose. Son stage ne lui a servi à rien. J’espère vraiment qu’un jour, les Africains auront conscience de la force de l’union, de l’analyse et de l’anticipation.

L’Histoire nous démontre que la coexistence entre peuples a toujours été et sera toujours un rapport de force. Le jour où vous aurez votre arme nucléaire comme la Chine et l’Inde, vous pourrez vous consacrer tranquillement à votre développement. Mais tant que vous aurez le genre de dirigeants que je rencontre souvent, vous ne comprendrez jamais que le respect s’arrache par l’intelligence et la force. Je ne suis pas optimiste. Car, si demain l’Union Africaine ou la CEDEAO décide de créer un Institut africain d’études stratégiques crédible et fiable, les personnes qui seront choisies se précipiteront en Occident pour apprendre notre manière de voir le monde et ses enjeux. Or, l’enjeu est autre, il s’agit de développer leur manière de voir le monde, une manière africaine tenant compte des intérêts de l’Afrique. Alors, les fonctionnaires qui seront là, à statut diplomatique, surpayés, inefficaces et incapables de réfléchir sans l’apport des experts occidentaux se contenteront de faire du copier-coller, ce sera un autre parmi les multiples gâchis du continent. Avant que vos ministères des Affaires étrangères ne fassent des analyses sur la marche du monde, ils feraient mieux d’en faire d’abord pour votre propre « intérêt ».

De Honoré Patrick NANEMA



Nigeria : Aliko Dangote étend son usine de ciment

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Une nouvelle ligne de production de 5,25 millions de tonnes a été inaugurée le 11 juin dans l’usine de ciment d’Obajana, la plus grande d’Afrique, en présence du présisent Goodluck Jonathan. Ce qui porte la capacité de production de l’usine à 10,25 millions de tonnes par an, et celle du groupe Dangote au Nigeria à 28 millions de tonnes. Selon Aliko Dangote, une autre ligne de production de trois millions de tonnes sera rajoutée, et portera la capacité de production de l’usine à 13,25 millions de tonnes par an.

Dangote veut construire un groupe de ciment panafricain s’étendant de l’Ethiopie à l’Afrique du Sud en passant par le Sénégal avec un objectif de production de 60 millions de tonnes sur le continent entier, en 2014. Dangote Cement représente près d’un tiers de la bourse du Nigeria et a pour objectif de s’introduire à la bourse de Londres l’année prochaine mais devra faire quelques réformes pour y parvenir, comme l’introduction de nouveaux membres dans son conseil d’administration.

Au cours des cinq dernières années, Dangote a investi plus de 6,5 milliards de dollars dans le business du ciment. Selon le pdg du groupe, 7,5 milliards de dollars seront investis dans divers secteurs au cours des quatre prochaines années.

 

Les comptes de la SNBG sont au vert

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La société nationale des bois du Gabon (SNBG) a réalisé un résultat net de 9,7 milliards de FCFA en 2011, contre 6,7 milliards de FCFA en 2010, soit une hausse de 45pc, à indiqué samedi a la PANA son président de conseil administration, Edmond Okemvele.

" Les comptes de la SNBG sont en vert malgré l’arrêt des exploitations du bois en grumes et suite à la réorganisation du secteur forestier national", se réjoui M. Okemvele.

D'autre part, a-t-il ajouté, le capital de la société est passé de quatre à dix milliards de FCFA.

Ce capital est détenu à 51pc par l’état gabonais et à 49pc par des privés divers dont principalement des forestiers étrangers.

La Société nationale des bois du Gabon (SNBG), créée en 1944 sous le nom d’Office des bois de l’Afrique équatoriale française (OBAEF), a été remplacée en 1959 par la Coopérative des bois d’Afrique centrale (CBAE) qui devint en 1961 l’Office des bois de l’Afrique équatoriale, puis dès 1971, l’Office national des bois du Gabon.

C'est en 1976 qu'elle apparait sous sa dénomination actuelle, avec un monopole exclusif de l'Etat sur la commercialisation de l’okoumé et de l’ozigo, ses essences vedettes.

Plus tard, en 1988, l'entreprise sera privatisée tout en gardant à sont actif le monopole de l'exploitation et de la régulation de la filière bois, rappelle-t-on.

BAD: Une feuille de route pour retourner en Côte d'Ivoire

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Le président de la Banque africaine de développement (BAD) a été chargé d'élaborer une feuille de route pour le retour de l'institution à son siège statutaire en Côte d'Ivoire qu'elle avait dû quitter en 2003 pour la Tunisie en raison de la guerre civile dans ce pays.

Selon un communiqué publié samedi par la BAD, cette feuille de route qui sera élaborée de concert entre le conseil d'administration, le président de la BAD et les autorités ivoiriennes, sera soumise à la réunion du Comité consultatif des gouverneurs (CCG) prévue en octobre prochain à Tokyo, au Japon.

Selon le communiqué, la feuille de route devrait prévoir un retour ordonné et progressif, en prenant en considération la stabilité de l'institution et le bien-être des membres du personnel, les implications financières du retour ainsi que les risques et les mesures visant à atténuer ces risques.

Les assemblées annuelles de la BAD se sont achevées vendredi à Arusha , en Tanzanie, sur une note optimiste selon laquelle, l'Afrique sortira du nouveau paysage incertain si le continent continue à mettre en œuvre des réformes et à maintenir la prudence budgétaire qui a vu des pays de la région afficher une croissance impressionnante en dépit de la crise financière mondiale.

Organisé autour du thème, "l'Afrique et le nouveau paysage mondial: Défis et Opportunités", l'événement a vu l'adoption des principales décisions et initiatives visant à renforcer les opérations futures de la Banque.

Selon le communiqué, les gouverneurs ont approuvé le rapport annuel du Groupe de la Banque et les états financiers pour l'exercice clos le 31 Décembre 2011.

La session a également désigné les vérificateurs externes de l'institution pour 2012-2016 et a adopté formellement la demande du Soudan du Sud à rejoindre le Groupe de la Banque.

Ces décisions ont été précédées par une série de séminaires de haut niveau sur la gouvernance, le renforcement des opérations du secteur privé, l'intégration régionale, l'aide pour le commerce et les réformes, ainsi que par un certain nombre d'initiatives.

Par ailleurs, les actionnaires et les gouverneurs ont terminé leurs délibérations en félicitant la Banque pour ses efforts destinés à répondre aux besoins divers de ses pays membres régionaux.

La secrétaire générale et vice-présidente, Mme Cecilia Akintomide, lors d'une conférence de presse de clôture, a affirmé qu'un important travail doit être abattu dans les jours à venir même si les priorités de la Banque restent les mêmes.

"Nous allons étudier des façons plus innovantes de faire en nous assurant que les ressources soient disponibles pour nos programmes et en particulier pour le secteur agricole. Avec le lancement de sa stratégie à long terme prévu pour l'année prochaine, l'aide aux agriculteurs leur permettant de transformer leurs produits continuera à être une priorité "a déclaré Mme Akintomide.

Les gouverneurs ont approuvé la tenue des assemblées annuelles 2013 à Marrakech, au Maroc.

Source: Pana

La mobilisation des ressources locales pour accélérer la croissance en Afrique

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La mobilisation des ressources locales et inter-africaines devrait être la voie à suivre si le continent tient à ce que sa modernisation économique passe à la vitesse supérieure et accélère la croissance, ont déclaré les experts participant à l'Assemblée annuelle de la Banque africaine de développement.

Prenant part à un débat de haut niveau sur comment l'Afrique pourrait se moderniser et en permettant aux peuples africains de concevoir et de prendre totalement en charge leurs propres stratégies locales, les experts ont souligné la nécessité de faire une priorité la question de l'énergie et du développement des infrastructures.

Mais avant que le continent ne prenne un nouveau tournant sur le chemin baptisé "l'Afrique Transforme l'Afrique",certains ont fait valoir que le manque de mécanisme pour superviser et coordonner la mise en œuvre des projets pourrait anéantir les espoirs de mettre en place des infrastructures qui pourraient être comparables aux meilleures qu'on trouve dans les pays                                                                                              industrialisé.

Ils ont suggéré la création d'une institution pilote qui serait spécifiquement chargée de la coordination et de la mise en œuvre de projets régionaux.

L'idée, n'agrée cependant pas le président de la BAD, M. Donald Kaberuka qui a rapidement mis en garde : "Nous avons déjà suffisamment d'institutions. Nous ne devons pas confondre la création d'institutions avec les actions".

De son point de vue, l'Afrique pourrait travailler avec ses communautés économiques régionales et obtenir les résultats escomptés, à condition que ces regroupements soient dotés des capacité nécessaires.

"Identifions les problèmes et faisons avancer les choses. Nous avons fait suffisamment d'études, nous savons où obtenir des financement et des compétences, mais les réunir pose problème", a déclaré M. Kaberuka, qui a souligné le manque de rigueur dans la mise en œuvre des projets en retard en l'Afrique.

"Nous devons explorer de nouvelles formes de financement pour les infrastructures à travers le continent et apporter des innovations dans les instruments dont nous disposons actuellement", a suggéré M. Andrew Alli, président et directeur d'Africa Finance Corporation au Nigeria.

M. Alli, un des panélistes lors du débat, a souligné le désir de nombreux pays africains d'obtenir des investissements dans les infrastructures en cours et la preuve de leur ouverture pour aux idées nouvelles.

En tant que vieux routier de la gestion des finances et des investissements, il a exhorté les gouvernements africains à créer un climat plus propice aux investissements pour les investisseurs.

"Il y' a une pénurie d'actifs à investir, mais de nombreux pays peuvent commencer à développer des marchés de capitaux. Beaucoup reste à faire pour mettre en œuvre les projets d'infrastructure, car ils prennent beaucoup de temps et d'énormes sommes d'argent", a-t-il dit.

M. Alli, un ancien agent des investissements auprès de la Société financière internationale, a déclaré que tous les investisseurs, locaux comme étrangers, devraient être traités également pour éviter le risque de complications.

Il a encouragé les entreprises africaines publiques et privées à procéder à des investissements transfrontaliers.

Pendant ce temps, la ministre nigériane de l'Economie et des Finances, Mme Ngozi Okonjo-Iweala, a déclaré que l'industrie de la construction a été largement négligée en Afrique, malgré son potentiel pour déclencher une croissance phénoménale.

"De nombreux pays ne disposent pas de système adéquat d'hypothèque financière. Nous devons penser de façon créative comment l'adapter dans l'environnement dont nous disposons actuellement et les gouvernements ont le devoir de faire le travail en premier lieu", a-t-elle déclaré.

Sur les investissements inter-africains, le ministre a noté qu'il y avait d'énormes possibilités pour des entreprises comme de nombreuses banques jouent déjà le rôle de rampe de lancement pour des entreprises grâce à leurs filiales en dehors de leur pays d'origine.

"Les Africains ont besoin de communiquer sur les investissements inter-africains. Le potentiel pour nous développer les uns les autres est énorme, sans compter sur l'arrivée des investissements directs étrangers (IDE)", a-t-elle déclaré.

Il émet des doutes sur les chiffres car il déclare ne pas savoir d'où ils venaient, bien que certains experts aient estimé les exigences de l'Afrique en investissements dans les infrastructures essentielles à 93 millions de dollars américains avec un déficit actuel d'environ 45 millions.

"J'ai un sentiment que l'argent privé est sur place prêt à être investi dans les infrastructures. Nous devons combler le déficit, mais ce n'est pas seulement une question d'argent. Nous pouvons faire davantage pour le transport routier et quand il s'agit d'investissement dans des projets énergétiques, il y a beaucoup d'opportunités gaspillées", a fait remarquer M. Kaberuka.

"L'Afrique a besoin à l'instar de l'Europe, de l'Amérique ou de l'Amérique latine de bonnes routes. elle ne doit pas accepter rien de moins que le meilleur au monde", a ajouté le patron de la BAD.

Outre le développement des infrastructures, les participants ont exprimé des vues variées sur la qualité de la croissance notées, ces dernières années, en Afrique et son impact pour l'amélioration du sort des pauvres.

Au cours de la dernière décennie, le continent a enregistré une croissance prometteuse au taux de quatre pour cent, mais maintenant les études ont montré que l'Afrique n'a pas besoin seulement d'une croissance rapide, mais qu'elle devrait atteindre le taux minimum de sept pour cent de réduire la pauvreté et pour générer des emplois.

Sur cela, Mme Okonjo-Iweala a déclaré que chaque pays devrait procéder à son analyse et identifier les obstacles à sa croissance.

"Chaque bout d'analyse montre que chaque pays est en quête d'infrastructures comme une pierre d'achoppement pour baliser le terrain pour la croissance", a-t-elle indiqué tout en faisant observer que d'autres obstacles relèvent de questions de compétences, de gouvernance et de la stabilité politique.

"La croissance ne réduit pas automatiquement la pauvreté", a déclaré Mme Eleni Gabre-Madhin Z, le directeur exécutif de la Bourse des valeurs d'Ethiopie.

"Lorsque nous cherchons des solutions africaines, la première chose qui ressort très largement est que nous devons prendre les pauvres en milieu rural avec nous. L'expérience de l'Ethiopie montre que nous avons bousculé les autres économies à croissance plus rapides en Afrique, mais notre lutte contre la pauvreté a dépassé la croissance", a-t-elle affirmé.

Grâce à ses échanges de marchandises, l'Ethiopie a réussi à hisser ses recettes de café d'environ 38 à 65 pour cent, avec un impact positif sur le bénéfice de ses 15 millions de petits producteurs.

Selon Mme Eleni, la Bourse de l'Ethiopie n'a pas été conçue sur le modèle des échanges en Occident, mais "elle se concentre surtout sur les petits exploitants dans le pays pour leur permettre d'aller de l'avant".