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Burkina Faso - La confiscation du pouvoir n’est plus une forme de gouvernance acceptable

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Les politiques devraient mesurer leur part de responsabilité dans la dérive actuelle des  institutions : clientélisme, tribalisme, corruption à tous les niveaux, abus de bien sociaux sont hélas des pratiques devenues presque banales. La crise ivoirienne qui s’est soldée par plus de trois mille morts nous prouve que la stabilité économique et politique n’est jamais un acquis et que des efforts incessants sont nécessaires pour assurer le bon fonctionnement des institutions au service de la nation. Après le génocide au Rwanda en 1994 nous entendons le chiffre alarmant de plus de 6 millions de morts au Congo voisin sans que le gouvernement ne soit en mesure de trouver des solutions afin d’assurer l’une de ses fonctions régaliennes qui est d’assurer la sécurité des biens et des personnes. La Centrafrique nous livre un spectacle tout aussi triste avec ses milliers de morts.

Il y a un petit jeu bien africain qui consiste à modifier la constitution pour se maintenir au pouvoir ; de nombreux présidents entendent rester aux commandes des Etats  jusqu’à leur mort : Denis Sassou-Nguésso au Congo, Alassane Dramane Ouattara en Côte d’ivoire, Faure Essozimna Gnassingbé au Togo, Boni Yayi au Bénin et Blaise Compaoré au Burkina Fasso pour ne citer que ceux là  à titre d’exemple. Il semblerait que  soucieux de leurs images internationales, nos Présidents tentent de donner au reste du monde, l’illusion de leur légitimité à travers « des tripatouillages » constitutionnels, confondant ainsi allègrement, légalité et légitimité. Mais personne n’est dupe, le monde entier sait de  nos jours que ces pratiques relèvent d’une époque révolue.

Le Mouvement d’Action Panafricain (MAP) appelle à une mobilisation dans le calme et la dignité, sans violence, pour faire comprendre à ceux qui refusent de rentrer dans l’histoire, que la confiscation du pouvoir n’est plus une forme de gouvernance acceptable. Elle est sans équivoque, une forme de dictature sournoise fragilisant les institutions et rendant encore plus incertain l’avenir de millions de citoyens pris en otages par la férocité et l’avidité de quelques-uns.

Des institutions fortes sont nécessaires pour donner confiance et bâtir une nation dans laquelle chaque citoyen a sa place et sa chance. Il est vrai que des « hommes forts » peuvent aider à cette stabilité en faisant entendre leurs voix pour faire la différence. Mais la force sans légitimité n’est qu’une vaine usurpation.

Le groupe de communication du Mouvement d'Action Panafricain - Le MAP