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4 civils tués dans une attaque en périphérie de Bujumbura

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Militaire burundais



BUJUMBURA - Quatre civils ont été tués et trois autres blessés dans la nuit de samedi à dimanche dans la périphérie immédiate de Bujumbura, au cours d'une attaque menée par plusieurs dizaines d'hommes armés, a-t-on appris de source administrative et auprès de témoins.

Cette attaque, conduite à quelque cinq kilomètres du centre-ville de Bujumbura, a été attribuée par l'adminitration à un groupe de bandits armés et par la population à une nouvelle rébellion.

Hier (samedi) vers 21H00 (19H00 GMT), un groupe de bandits armés a attaqué les quartiers de Nkenga et de Busoro de la commune urbaine de Kanyosha (...). Ils
ont tiré dans un restaurant et tué quatre personnes et blessés trois autres, dont deux sont grièvement blessées, a déclaré dimanche à l'AFP Abdul Bampoye, l'administrateur de cette commune.

Les victimes étaient en train de suivre la finale de la Ligue européenne des Champions, selon un des rescapés. Selon plusieurs témoignages sur place, le petit bar-restaurant qui a été attaqué, situé à côté d'une permanence locale du parti présidentiel, est fréquenté par des membres de ce parti.

Plusieurs habitants de ces deux quartiers ont assuré à l'AFP que cette attaque, qui a duré plus d'une heure, a été menée par des dizaines d'hommes en tenue militaire et policière, fortement armés.

Ces assaillants nous ont obligés à sortir de notre maison et j'en ai vu plus d'une trentaine devant chez moi, alors que d'autres étaient dispersés dans plusieurs coins, a assuré un responsable administratif local, sous couvert d'anonymat.

Ces rebelles nous ont dit qu'ils venaient pour se ravitailler parce que nous avons refusé de cotiser (conformément) à leur demande, a pour sa part rapporté à l'AFP une habitante du quartier qui affirme avoir été frappée à coups de bâton.

Des échanges de tirs entre ce groupe armé et des éléments de l'armée et de la police, ponctués de plusieurs explosions de grenades, ont été entendus dans une
partie de la capitale burundaise.

Le quartier populaire de Kanyosha est un fief des ex-rebelles des Forces nationales de libération (FNL) d'Agathon Rwasa, accusé par les autorités d'être derrière les nouvelles violences dans le pays.

Kanyosha, ainsi que la province voisine de Bujumbura rural (ouest), sont le théâtre de nombreux règlements de compte entre ex-rebelles des FNL et membres du mouvement de jeunesse du parti présidentiel, épaulés par certains éléments de la police et des services secrets burundais.

Une vingtaine de personnes ont été tuées en avril au cours de ces règlements de compte qui ont fait plusieurs autres victimes en mai, parmi lesquelles des élus locaux.

Selon des sources concordantes, une rébellion lance de nouvelles opérations depuis quelques mois à partir des marais de la Rukoko (ouest) et de la forêt de la Kibira (centre).

Plusieurs opposants sont entrés en clandestinité après les élections générales mi-2010 remportées par le régime du président Pierre Nkurunziza et boycottées par l'opposition après un premier scrutin local qu'elle avait jugé frauduleux.

L'opposition a depuis dénoncé l'arrestation de plusieurs centaines de ses membres, ainsi que des exécutions sommaires.

Ces élections devaient permettre au Burundi de tourner la page de la guerre civile qui a fait près de 300.000 morts entre 1993 et 2006.


(©AFP / 29 mai 2011 14h25)