Le Sahel dans tout les sens :

Sahel est un mot tiré de l'Arabe, qui veut dire « Côte » et ou « Frontière », c'est une région naturelle du nomadisme et du pastoralisme , qui a aussi la caractéristique de porter le sceau de la pénétration Islamique en Afrique.


Par deux vagues successives majeures, l'une au septième siècle et l'autre au onzième siècle et comme la mention précédente l'indique et comme les routes caravanières en attestent et contrairement aux idées que l'on pourrait se forger dans son esprit , cette rencontre entre les Africains de cette région et l'Islam , s'est faite d'abord et surtout dans un contexte de communication lié au commerce.

Le commerce transsaharien , constituait un réseau d'approvisionnement d'une importance capitale pour le continent et surtout à mon sens , témoignait de la volonté de dépasser la frontière naturelle du désert du Sahara en reliant non seulement le Nord et le Sud , le Bilad Sudan au Maghreb mais aussi la côte de la Méditerranée à celle de la Mer Rouge.

Ainsi, vous pouvez remonter, l'existence de cette organisation routière et côtière commerciale complexe, jusqu'aux Phéniciens et leurs comptoirs, qu'emprunteront et perfectionneront par la suite, les conquérants Romains et que détruiront les Colons Occidentaux, en se partageant le Continent Africain.

On dit que l'envie crée des ennemis silencieux. La Civilisation Égyptienne Antique représenta à ce titre l'illustration de cette maxime. Prospère , organisée et structurée, elle faisait l'objet de toutes les convoitises de la part de ses voisins.

Le continent Africain, berceau de cette civilisation et de bien d'autres, du Nord au Sud et de l'Est à l'Ouest, suggère et suscite les appétits du Monde Entier.

Hier comme aujourd'hui, le continent Africain , fait plus que jamais partie des enjeux qui impliquent toute l'Humanité.

L'importance de la région du Sahel pour la sécurité du reste du continent, n'est pas négligeable et ne saurait être négligé.

Cette sécurité n'est pas seulement géographique, elle est alimentaire, humanitaire et Humaine.

Elle ne concerne pas uniquement le respect des frontières, la souveraineté des États et des Nations mais en préalable il est question de la sécurité, qui est en rapport avec l'observation même de nos droits les plus fondamentaux. Qui eux mêmes, embrayent le processus de remise en question de nos auto-déterminations, individuelles et collectives.

Pour en revenir à notre région du Sahel et afin de mieux comprendre la progression des instabilités qui l'ont secouée , je vous propose un cours récapitulatif des évènements qui s'y sont déroulés à l'issue de la décolonisation et des indépendances.

Rébellion des tribus toubou et guerre civile au Tchad (1964 – 1990)

Guerre du Biafra (1967 – 1970)

Conflit frontalier au Sahara occidental (1976 – 1991)
Conflit casamançais (1982 – 2007)
Guerre de Noël entre le Mali et le Burkina Faso (1985 – 1986)
Tensions sud-ouest du Burkina Faso (1986 et 1995)
Différend frontalier entre le Nigéria et le Cameroun (1987 – 2004)
Conflit senegalo mauritanien (1989 – 1991)
Rébellion touarègue au Niger (1990 – 1995)
Rébellion touarègue au Mali (1990 – 1996)
Contestations au delta du Niger (1998 – 2007)
Rapatriés burkinabè suite à la crise en Côte d’Ivoire
Crise alimentaire au Niger 2004 – 2005

La majorité de ces conflits, ont comme nous pourrons le souligner, en commun de soulever la question du tracé des Frontières. Ce qui conduit en amont à s'intéresser à l'administration coloniale des peuples, considérés comme indigènes dans l'acceptation péjorative du terme mais qui n'en demeuraient pas moins autochtones dans le sens le plus noble du terme.

Sur l'invitation de nos pairs, de nos aînés , dans cette entreprise de reconstitution des méthodes et des théories qui ont été mises au service de l'oppression des peuples Africains, à travers la culmination de l'esclavage le plus odieux que l'Homme ait jamais organisé et par l'une des invasions et occupations coloniales les plus hypocrites et brutales sur le fond comme sur la forme.

Nous ne pouvions passer à côté de l'aspect purement racial et ethnique de cette fabrication systémique. Si nous ne pouvons ignorer que l'aliénation culturelle comme arme de domination est un procédé vieux comme le monde, la division des Hommes sur le présupposé d'une infériorité , intellectuelle, biologique, morphologique, ou chimique était un inédit en la matière.

En définitive, l'occidental agissait un peu à la manière des extra-terrestres vis à vis des Terriens, dans l'imaginaire de la littérature de science-fiction.

Ces théories et ces classifications d'êtres humains selon des caractéristiques scientifiques, qu'elles soient anthropologiques , ethnologiques, sociologiques , culturelles, théologiques etc.. Ont fait leur œuvre en Afrique et ont divisé les communautés et les peuples en autant de dénombrements complexes, au point d'effacer, aussi simplement que les empreintes de pieds dans le sable sont balayées par le vent, les solidarités , les relations ancestrales, les amitiés , les alliances , les pactes , les traités , qui liaient ces mêmes peuples entre eux.

Elles ont permis de mettre en opposition , pour la plus grande joie des occupants , des populations entre elles, au nom d'une supériorité raciale ou culturelle et même religieuse, appréciée par eux mêmes , selon des critères de plus en plus fantaisiste.

Ce traitement et sa légitimation intellectuelle et morale, n'en doutons pas un seul instant, a marqué d'une marque indélébile, l'ombre des mémoires de ces peuples opprimés, et pose son cachet sanglant d'intolérance et d'ignorance sur nombres de phénomènes qui ont endeuillé l'Afrique.

Cette arme psychologique savamment distillée , manipule les haines , les ressentiments, les souffrances , les désespoirs, attise les appétits terrestres, invite à la facilité du meurtre, participe de l'avènement du règne de l'impunité pour couvrir le degré de l'ignominie commise, invente sous des prétextes fallacieux, des intentions que contredisent l'anarchie des actes qui sont posé et incongruité des incongruités, les revendications sont sciemment non négociables pour éviter toute résolution raisonnable du conflit.

L'instabilité permanente est en définitive , le statut quo dans lequel on a souhaité contenir certaines régions clés du continent Africain.

Cette politique du containement, ne fait plus aujourd'hui l'affaire dans le contexte global actuel, dans ce qui va probablement préparer la voie à la redistribution des zones d'influences aux grandes puissances militaires et économiques de ce monde.

Depuis quelques années, l'Occident et l'Europe en particulier n'a plus à proprement parler , les moyens de ses politiques d'immigration. Les prédictions de nos aînés et de nos pairs , ont en cela un accent quasi-mystique , car en nous colonisant les colonisateurs se sont en effet colonisé eux mêmes.

Ils ont mis en place , les instruments et les législations de cette colonisation boomerang.

Si l'on a tout d'abord , cautionné cette immigration, parce qu'elle permettait de revoir à la baisse les revendications des ouvriers et de mettre en concurrence la force de travail, on a aussi et surtout promu l'idée que le multiculturalisme était l'avenir du monde et que cette réalité ne pouvait faire aucun doute.

On a justifié les afflux continus de populations diverses et variées, par les difficultés que rencontraient ces populations dans leurs pays d'origines, sans jamais prendre la peine de dire ce que l'Europe et l'Occident avaient à voir avec ces difficultés.

Les réformes structurelles qui se sont succédées dans les pays Africains comme se succèdent aujourd'hui les plans de sauvetage de la Grèce , de l'Espagne , de l'Euro, sont similaires à cette différence près , qui a son importance, c'est que l'Afrique n'a bénéficié de la pitié et de l'indignation de personne.

Pire, ceux qui ont été le plus touchés par les répercussions de ces réformes structurelles, sont les jeunes Africains, qui ont eu cette audace de chercher une issue à leur sort , notamment à travers l'utopie qu'on a confectionné pour eux, c'est à dire un Eldorado Européen. Après tous les périples qui sont les leurs, les Espagnols de la Croix-Rouge ont pris sur eux de montrer les premiers l'inhumanité que constituait la dangereuse traversée qu'était la leur pour arriver à bon port. Humiliés, affamés , effrayés , exhibés, l'occidental ne voit dans cette misère et dans cette lutte, que le désir de toucher des acquis sociaux.

Pourtant, ce flux migratoire est générateur de profits , autant pour le pays d'accueil que pour le pays d'origine.


Aujourd'hui  que l'Europe et l'Occident se retrouvent face à l'échec et l'écroulement de toute la nomenclature du système qu'ils ont choisi pour eux et tenté d'imposer chez la grande majorité des autres peuples et blocs de la planète. Maintenant que la dette des pays riches atteint des sommets faramineux, on peut se souvenir du sort qui a été réservé aux pays pauvres et super endettés, on peut aussi faire l'effort de songer de nouveau à cette aide au développement, qui n'a jamais rien développé mais qui a sans nul doute financé les appareils , les partis , les réseaux , les agents.

Une partie de cette aide était nouvellement allouée d'ailleurs, par les bailleurs de fonds, afin de retenir coûte que coûte ces jeunes volontaires à l'immigration, en prétendant créer de l'emploi et des opportunités pour eux, chez eux.

Une aide dont on se serait bien passé et qui a causé tant d'oppression et d'injustice. Il est vrai que sitôt ce volet levé , il ne faudrait pas longtemps avant que la mémoire ne nous revienne à nouveau, comme un éclair foudroyant.

Le principe de non-ingérence qui avait permis de regarder et d'observer les crimes des tyrans , dictateurs et autres geôliers des peuples Africains, de loin tout en perdant pas une miette, devenu dorénavant obsolète , dans un contexte de crise généralisée, par un effet miroir , devient le principe d'ingérence humanitaire.

Cette nouvelle stratégie de colonisation, qui ne veut pas dire son nom, est aussi indécente que celles qui l'ont précédée. Après l'échec de l'Union pour la Méditerranée, que l'on peut considérer comme la variante diplomatique et commerciale de cette stratégie, l'accélération des crises économiques et financières en Occident et le contexte des Printemps Arabes, ont hâté la phase militaire de ce projet.

En ajoutant à cela , la réponse contre-révolutionnaire des puissances impériales, qui d'abord prisent de court , ne croyant plus vraiment à la possibilité de voir ces peuples Arabes et Africains se révolter, eurent le réflexe des vieilles habitudes, celui d'aider l'oppresseur contre l'oppressé.

Mais voilà , la politique n'est pas statique, elle évolue à la vitesse où les intérêts s'expriment et où les visions convergent. Très rapidement, l'idée selon laquelle certains de ces dictateurs et tyrans n'étaient pas leurs alliés indéfectibles refit surface et toute la force d'influence à leur disposition se mit alors en branle pour éjecter ces récalcitrants et pour mieux choisir les remplaçants.

Au Sahel , nous avons tous les ingrédients, pour créer un chaos durable dans la région. Et s'il est juste de dire qu'il existe une corrélation entre rareté des ressources et sécurité, on peut aussi dire qu'il existe une corrélation entre abondance de ressources et sécurité.

Cet espace qui s’étend sur 6 000 km de la mer Rouge à l’Atlantique recèle des richesses naturelles inestimables et convoitées par au moins trois puissances : les Etats-Unis, la France et la Chine.

Le Sahel qui était le lieu de prédilection des petits trafics de cigarettes, de carburant, de voitures et de haschisch, est devenu, à la faveur des guerres ethniques en Côte d’Ivoire, au Burundi, au Rwanda, en RDC, au Soudan, au Tchad, en Somalie et la guerre en Erythrée, ainsi que des rébellions touareg au Mali et au Niger, une plaque tournante du trafic d’armes et de drogues dures.

Sans oublier , que le Sahel est devenu le terreau des terroristes internationaux, véritable pépinière où les groupes terroristes peuvent trouver un refuge ou des facilités d’entraînement et de recrutement pour leurs attentats, enlèvements, actes de piraterie, camps d’entraînement, etc...

Le Tchad constitue pour la France, une base avancée en plus des accords militaires que la France a conclus avec le Niger, le Mali et la Mauritanie. Les Américains ont implanté une base militaire au Mali pas loin de Tombouctou et espèrent toujours pouvoir convaincre les pays de la région, pour que l’AFRICOM s'installe durablement dans le Sahel.

Selon les données de l'OCDE : « Aujourd’hui, les Africains de l’Ouest qui ont « fait les indépendances » (en première analyse, ceux qui avaient au moins vingt ans en 1960) ne représentent plus que 3 % de la population. Les frontières ouest-africaines dont  on a si souvent souligné la « jeunesse », sont désormais plus « vieilles » que l’immense majorité de la population. Une partie très importante de a population n’a pas de souvenir de la période
« d’avant les ajustements structurels » ni de l’époque de la guerre froide. La population urbaine est sur le point de devenir majoritaire. »

« En 2007, l’Afrique subsaharienne abrite 807 millions d’habitants, soit 84 % de la population du continent africain ; la progression africaine est donc essentiellement liée à celle de l’Afrique subsaharienne. Le taux d’accroissement annuel de la population d’Afrique subsaharienne a atteint son maximum de 2,9 % en 1980-1985. Il diminue depuis (2,5 % en 2000-2005) et devrait atteindre 1,3 % en 2045-2050. »

Je ne peux m'empêcher de trouver dans la présentation des éléments cités ci-dessus, une certaine partialité de l'analyse, qui se satisfait amplement de voir un certain mode de vie disparaître, en faveur des métropoles et des grandes villes. Le nomadisme et le pastoralisme sont vaincus par la sédentarité.
Caïn tue à nouveau Abel...

Ce n'est pas parce que nous nous entasserons tous dans des grandes villes , pour qu'ils puissent centraliser la consommation, que nous vivrons mieux ou que nous nous sentirons plus en sécurité.
Il vous suffit pour vous en convaincre d'ouvrir votre téléviseur, même dans des grandes villes, des métropoles très organisées, vous n'échappez pas à ce que vous tentez de fuir.
Caïn traîne la réputation d'avoir été à l'origine de la création des cités et des villes, ce qu'on oublie de dire , c'est qu'en admettant que cela soit vrai, il avait la particularité de ne pas pouvoir y demeurer , persécuté qu'il était par la culpabilité d'avoir commis le premier crime fratricide de l'Humanité. En résumé , il a peut être créé les villes mais il n'est jamais devenu un citoyen.
Les peuples de cette région du Sahel, même s'ils en arrivaient à perdre toute reconnaissance de leurs identités et de leur statut au niveau international,même si on envisageait de les faire disparaître dans une réciprocité de violences intestines, sont les seuls à pouvoir et à devoir préserver l'intégrité territorial de l'ensemble du continent Africain. Contre tout agresseur, qu'il soit vacataire de la morale internationale utopiste et partisane et à la fois représentant de ses valeurs corporatistes et impérialistes ou représentant auto-proclamé d'une forme extrême de la morale religieuse, inquisitrice et absolutiste.
Ces peuples du Sahel en ont le pouvoir , parce qu'ils en ont la légitimité Historique du point de vue religieux, et ils en ont le devoir parce qu'ils en ont la légitimité Géographique et Politique.
La diversité de ces peuples et la préservation de leurs modes de vies et de leurs cultures, est sans aucun doute pour moi, la preuve selon laquelle , malgré les comportements tyranniques de leurs dirigeants, malgré la corruption, les abus de pouvoir, le désengagement des États vis à vis des citoyens et de la patrie, le règne incontestable des bailleurs de fonds sur leurs destinées, la volonté de vivre ensemble et en paix a toujours pris le dessus.
Peut-être parce qu'ils n'ont jamais connu de règne despotique, tel que l'imaginaire Occidental et Européen le conçoivent et l'ont conçu, pas plus avant la colonisation , qu'après. Les personnages de despotes qu'ils se figurent et qu'ils projettent, n'ont jamais eu tant de pouvoir, qu'ils auraient réussi à installer partout l'uniformité la plus dense au kilomètre carré.
Les Grands Empires du Sahel , devaient une part considérable du pouvoir qui était le leur, à la possession de nombreuses têtes de bétails, chameaux, chevaux, bœufs, moutons etc..
Une bonne part des richesses provenaient du commerce caravanier. Si ce n'est pas là les signes d'une ouverture d'esprit sur le monde et l'indication d'une bonne compréhension de son environnement, alors je ne vois pas ce qui pourrait mieux en traduire l'existence.
L'empire de Ghana, fondé 2500 avant la naissance officialisée du Christ, fut le premier à bénéficier de l'introduction des dromadaires par les Arabes, dans la région qui est aujourd'hui comprise entre le Sénégal et la Mauritanie. Véritable carrefour des civilisations , grand centre marchand, dont l'influence et la domination s'étendait sur toute la région. Il jouxtait de plus petits États et Royaumes, comme celui du Tekrour à l'ouest , le royaume Malinké du Mali au Sud et le royaume Songhai autour de Gao à l'est.
Quand l'Empire de Ghana s'effondra à l'arrivée des Almoravides, sur son sillage émergèrent d'autres petits royaumes de courte durée , dont le plus notable était celui du Sosso.
En 1235, le Royaume du Mali s'éleva pour dominer la région, situé entre les bords du fleuve Niger et l'Ouest de l'actuel Ghana. En 1400, le Royaume du Mali , avait perdu le contrôle de nombreux États vassaux, dont l'un des plus importants était celui du Songhai. Qui, avec à sa tête le Roi Sonni Ali, s'étendra pour devenir un puissant Empire , qui partait du Cameroun jusqu'au portes du Maghreb. Empire qui restera comme le plus large de l'Histoire Africaine.
Les peuples du Sahel , en plus d'être les héritiers de cette riche Histoire du Continent , sont aussi les héritiers de la civilisation Musulmane. Leurs ancêtres ont en effet participé à son essor et à son rayonnement sur la méditerranée et au delà vers l'Europe.
L'Ifriqiya , je peux le comprendre, était une terre d'élection rêvée pour un message spirituel de l'ampleur universaliste de l'Islam et l'ardeur que les Arabes de l'époque ont démontré, à transporter littéralement la « bonne nouvelle », dans toutes les villes et dans tout les ports de ce monde, fait partie des miracles de cette religion et de la place qu'elle devait prendre géopolitiquement et conserver dans ce monde.
Le chemin cependant ne s'est pas fait que dans un sens , car l'Arabie constituait elle aussi un carrefour important de ces routes caravanières, l'Asie et l'Inde par la route des épices , le Moyen Orient par la route de l'encens, et le Sahel par la route du Sel notamment.
Le premier exemple cependant qui me vient en mémoire , quand j'essaie d'associer l'Histoire de l'Afrique proprement dites et celle de L'Islam, c'est bel et bien , celui de la rencontre des premiers musulmans avec les peuples D'Abyssinie (corne de l'Afrique) et leur dirigeant le Négus, du vivant du prophète de l'Islam .
Parce que les convertis, à cette époque cruciale (615)de la mission du prophète, qui ne disposaient pas des protections de leur tribu ou qui étaient trop pauvres et donc vulnérables aux attaques des membres influents des Quraïch, vivaient persécutions et tortures en raison de leur foi, il leur fut dit par le prophète qu'ils trouveraient dans le pays des Abyssiniens, un roi sous le règne duquel personne n'eut à souffrir d'injustices. Une terre de la sincérité en matière de Religion, où ils trouveraient un refuge jusqu'au terme que Dieu aura fixé pour leur retour. Et c'est ce que les Mouhajirouns ont trouvé , hospitalité , respect et protection. Ce mouvement d'une Quinzaine d'individus marquera la première émigration des Musulmans.
L'Islam et son implantation en Afrique est bien plus complexe , qu'un simple ordre émanant des Califats Ummeyades et Abbassides, toute de suite suivi, de vagues rangés de hordes de cavaliers qui fondent sur le continent.
Ainsi ne soyez pas surpris de découvrir que l'aristocratie, les membres de la noblesse, de l'empire de Ghana, ou de Wagadou, qui étaient issus des Soninkés et des Malinkés, et qui étaient en contact avec les commerçants arabo-berbères musulmans venus d'Afrique du Nord et de l'Orient ont donné naissance à une Noblesse et une élite de commerçants, islamisés par les commerçants arabo-berbères. Cette élite de commerçants mandingues portait le nom de Dioulas, qui signifie en Malinké « commerçants » et elle servait d'intermédiaire entre les populations africaines et les arabo-berbères, pour le commerce. Petit à petit cette élite de marchands va devenir de plus en plus indépendante, grâce au commerce, ils vont s'enrichir de telle façon qu'ils vont se détachér peu à peu de l'aristocratie du Ghana.
Puissants économiquement, ils commencèrent à adopter un mode de vie nomade, de riches marchands ambulants. Avec le nomadisme qu'ils ont adopté, ils se répandirent, de l'ouest à l'est, du Sénégal au Niger, et du nord au sud du Sahel africain aux forêts de Côte d'Ivoire.
Parmi les premiers musulmans d'Afrique de l'Ouest, ils figurent aussi parmi les premiers propagateurs de cette religion en Afrique, avec les Toucouleurs du royaume du Tekrour, au fleuve Sénégal, et les Malinkés.

Ils établirent plusieurs réseaux commerciaux à travers l'Afrique de l'Ouest, faisant de la langue mandingue, la langue véhiculaire.

Pour ce qui est de l'Empire Songhaï, dès 1010, à l'installation des Rois de Koukia à Gao, la royauté se convertit à l'Islam, faisant rapidement de la ville voisine de Tombouctou, un centre économique, politique et religieux, qui vit encore dans les mémoires.

L'Islam s'est installé durablement dans cette région, par la conversion spontanée et volontaire, des enfants les plus méritants que pouvaient compter le territoire à cette époque.

C'est une conquête des âmes,


Aujourd'hui, le parallèle ne peut manquer d'être fait, entre deux aspirations auxquelles on pourrait prêter les mêmes intentions, si on n'y prenait pas garde. En effet, qui ne peut s'interroger sur les intentions de ces nouveaux aspirants au Djihad, GIA, GSPC, AQMI et autres milices paramilitaires dans la région du Sahel ?


Je ne peux manquer de le faire , étant moi-même musulmane et ressortissante d'un pays du Sahel. Vous voudrez bien m'excusez, je l'espère, de la liberté que je prends en lançant la première question qui me brûle les lèvres : Peut-on faire le Djihad à des peuples déjà musulmans ? Si oui , pourquoi ? Leur pratique de l'Islam serait-elle à ce point défectueuse , qu'il  faille en venir aux mains et aux meurtres ?

Quelles sont les autorités religieuses reconnues par l'ensemble de la communauté musulmane internationale , qui se sont concertées dans le but d'entamer cette épopée de la misère ?

Croyez-vous qu'il suffise, pour pouvoir donner une affiliation valable Islamiquement à un mouvement, que celui-ci se réclame d'un Homme ou d'un groupe d'Hommes, qui se disent Cheikhs, caché dans des caves en Afghanistan ou je ne sais où ?

Surtout quand ce mouvement est une arme de guerre , destiné à déstabiliser des pays entiers, sous le prétexte de vouloir combattre les mécréants, les infidèles, les impérialistes et tout cela dans le but de rétablir le Califat.

Voici ma question , ce Califat pour quel Calife est-il ? Et , une fois ce Califat établit , institué , avalisé, comment on trouve le Calife et où ?

Auraient-ils dans l'idée ces mercenaires à la solde maléfique, de déstabiliser le Sahel, pour permettre aux pétro-monarques du Qatar et autres royaumes fantoches d'Arabie ainsi qu'à leur intégrisme hypocrite d'émanation Wahabite, qu'il n'applique qu'au peuple mais auquel ils ne sont pas astreint eux-mêmes, d''effrayer les populations pour mieux les reconquérir par la suite, en sauveur, en bienfaiteur ?

Une fois qu'ils se seront occupés de la partie qui les intéressent , le Sahel, ils auront les accès maritimes qu'ils souhaitent , leur ouverture sur l'Europe dans laquelle ils investissent tant de milliards, pour pouvoir remonter le standing de cette région.

Cette entreprise n'a rien de religieuse et elle est tout aussi malsaine que les missions d'évangélisation qui ont eu lieu sur le continent en d'autres temps. C'est une entreprise purement commerciale , avec des visées ambitieuses et de larges ramifications, faites par les pires des sectaires qui soient, bourrés de préjugés sur les autres (xénophobes) et incapables de faire leur propre auto-critique, d'autant moins quand on est riche à milliards et qu'on ait convaincu que tout à un prix.



Nayra CIMPER