Monsieur le président : ton honneur et le nôtre sont entre tes mains

«Mon Dieu, protège-moi de mes amis. Mes ennemis, je m'en charge». C'est avec cette sagesse gréco-latine que l'avant dernier président déchu accueillit ce qu'il qualifia de «coup d'état le plus bête de l'histoire». Au jour d'hui, qui oserait ou voudrait lui donner raison? A part les pyromanes impitoyables qui viennent d'importer un briquet médiatique dans leur nation inflammable..? Bienvenue en Poutinie

Cette sagesse tardive d'un putschiste récidiviste peut outrer sans manquer de génie. Parmi les amis ainsi définis figurent deux cousins jadis inséparables qui jouent aux irréductibles ennemis. Au grand dam du peuple démuni qui leur avait confié ses espoirs et désespoirs infinis.

Comme les deux doigts d'une même main dont les masses gisantes attendaient des miracles pour solder un demi-siècle d'injustices impunies. Ne cumulaient-ils pas les énergies de cet empire des sables qu'est la Mauritanie ? Les milliards de l'un et les milliards de l'autre plus ou moins bien acquis en catimini.

«Président-Général-Chef de l'Etat» et «Patron des Patrons» dans un pays où les tyrans sont bénis. Sacro-Saint Sarkozy et Révérend Bourgi, Ayatollah Kadhafi et Imam Wade officiant de concert, l'un redevint «petit-père des pauvres» et l'autre plus que jamais leur «saint-patron».

Que nenni ! Trop beau pour être vrai en Mauritanie. Sitôt advenu, sitôt fini : «z-y va que je te dégage du pays et te pique ta banque et notre commune compagnie!», «Naa, même pas peur, j'ai encore assez d'oseille pour me payer le trône que je t'ai fourni !». Plus de Mauritanie : bienvenue en Poutinie...

Milices du pire

«Voilà, c'est fini..!». Vite dit et dangereux oubli du maître de cérémonie (kebirouhoum...) dans cette roulette bédouine. Troisième cousin inséparable de deux amis ennemis, il est tout aussi putschiste multirécidiviste, milliardaire et puissant que la paire consanguine. Ex-Colonel-Président du pays, le pétrin du jour lui redresse les babines : «sûr et certain : ne lui doivent-ils pas tout pour avoir parrainé leurs combines?» disent les omniscients cultivateurs de haine entre cousins et cousines. L'heure est inouïe pour le solde de tous comptes entre cette trinité siamoise des amitiés ennemies.

Sévissant par «motions de soutien» à tout tyran bien établi, ces redoutables milices du pire paniquent devant l'ampleur d'un défi inédit. Une croisade entre trois puissants cousins pur sang, c'est du jamais vu dans notre pétaudière de tribus dont les scrupules et éthiques furent bannis par le putschisme militaire des trois dernières décennies. Sans précédent depuis Coppolani...

Inépuisables experts en ignominies, ils comprennent vite que leurs recettes honnies ne sont pas à la hauteur des enjeux définis. Loin d'ici et si près d'ici, il n'y a qu'une seule folle universelle pour se calciner les ailes dans les heurs et humeurs de leur foutu pays : l'indigne Marianne qui les a boudés pour le vilain Mali comme s'ils étaient prémunis. Elle devra payer ce déni.

Fieffé génocidaire

Dans leur porcherie électronique (Kebbet Internet), ces fous-furieux se taillent un otage dont la célébrité garantit toutes les surenchères pré-définies : un électron libre qui a épuisé Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkozy et Hollande réunis. Pour un propos télévisuel qui aurait expiré avec le générique si cette horde malveillante ne s'en était munie. Même l'avocat du président en témoigne : «mon sentiment est qu'il a été instrumentalisé par des gens qui souhaitaient déstabiliser la Mauritanie» (RFI, France Culture...).

Suffit-il d'être chichement rincé sur le pécule du pauvre mauritanien pour violer cette lucidité du tréfonds ? Pour rester sourd à tel aveu, il en faut du fieffé génocidaire abonné aux calomnies : «insondable justice française, mon affaire est tissu de monstruosités consanguines aux confins d'un Soudan contagieux. Sinon innocente, ma cible est truffée de circonstances atténuantes.

Cours et basses cours occidentales, vous connaissez mon invincible adversaire et ex-confrère : il m'a précédé et tout compris. Comme vous, je le croyais paumé dans ce pays. Le voilà bien garni, informé et introduit. N'est-il pas la seule voix audible contre la guerre au Mali . Qui ne le comprend pas ainsi ne mérite ni crédit ni chance de dédit ? Et l'usage de cet imparfait digne de Flaubert, ne prouve-t-il pas que l'insolent a déjà réparé plus de dégâts qu'il n'en a commis...?

Âne de Buridan

En effet, la Mauritanie est bien plus brûlante que ses géhennes frontalières. Y compris l'océan qui lui couve un tsunami bien mérité pour sa prochaine colère. Outre les malédictions du sous-sol, elle cumule les tares génocidaires. Ultime nation à abolir l'esclavage, il y demeure aussi massif qu'arbitraire. La déportation peut y frapper des ethnies entières. Ses institutions démocratiques sont périmées et discrétionnaires. Opposition et majorité refusent tout accord pour un scrutin égalitaire.

L'âne de Buridan ne peut mieux faire. Seul révolutionnaire dans ce désert de bonnes volontés, son descendant de Socogim PS qui reçut son trépas des mains de son propriétaire. Un chapelet de dunes pour cimetière. Avec cette affaire, quelques larbins sanguinaires veulent résumer en une seule bataille toutes leurs vieilles guéguerres. Craignant d'être mouillés par les orages de leurs commanditaires, ils veulent se jeter en pleine mer...

Complainte mammaire

Allons, monsieur, inconsolable président téméraire ! Je m'en vais te dire en akjoujtois frère- jadis fier - ce que tes courtisans te veulent taire. Au lieu d'accabler un pacifiste parlementaire qui a précédé les juges pour t'enlever la charge supplémentaire voiturée par une allusion en l'air : que n'embrasses-tu tes cousins et frères ! Enterre la hache de guerre avec ton opposition qui n'a jamais su bien faire. Irresponsable et suicidaire, elle n'en est pas moins légitime et remplie de militants courageux, capables et sincères.

Tu as été plus que tout autre vilipendé sans te plaindre ni t'en faire. Tu as même reçu une balle militaire que tu as pardonnée avec la vitesse de l'éclair. Pourquoi sévir contre Mamère? Je t'implore avec l'accent d'une mère bédouine dans sa complainte mammaire (Lebzeyzilat...) : dis-moi, est-ce parce qu'il est écolo-pacifiste et non militaire ? Pour sa défense des belles causes planétaires?

A côté de tes immigrés et autres damnés de la terre ? Parce qu'il a tort d'être le seul français, blanc et non musulman à s'aventurer dans ton ornière ? Et cet impardonnable Mamère : qui le défend contre les injures et insultes qu'il subit sous ton magistère ?

Président de république islamique, ne laisse pas ton coran aux hypocrites atrabilaires en pourchassant ce parlementaire avec tes avocats d'affaires : «les croyants sont frères, conciliez vos frères...» (Coran XL-10) : alors, embrasse vite ton frère et méfie-toi de celui qui te dit le contraire. Comme tes larbins mauritaniens et africains de Bordeaux qui n'osent pas défendre Mamère qu'ils n'ont pas manqué de connaître dans leurs anciens hivers» : «Malheur à une nation dont les clairvoyants sont muets et les puissants aveugles...»(Khalil Gibran).

Comment gouverner autrement ce peuple merveilleux qui eut son Machiavel avant les autres et en plus vertueux: Imam El Hadramy (XIe) dans ses «Variations sur la gouvernance de la principauté ». Wel 3aqibetou lil moutaqin (Le dernier mot revient aux pieux - Coran, XXVIII-83). J'ai transmis, à toi de bien ou mal faire...

Cheikh Touré