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Back Politique Rwanda Pourquoi en France et au Rwanda, il existe des lois criminalisant le révisionnisme et/ou le négationnisme?

Pourquoi en France et au Rwanda, il existe des lois criminalisant le révisionnisme et/ou le négationnisme?

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Dans les deux cas, lorsque l’on interroge rigoureusement l’Histoire, on découvre que parmi ceux qui passent bien souvent pour des victimes, certains ont été impliqués dans l’extermination de leurs congénères pour atteindre d’inavouables desseins.

En 1994, au Rwanda, le général Paul Kagame a exacerbé les haines en tuant systématiquement les hutus pour ensuite les pousser à s’en prendre aux tutsis; et dans certains cas, les cellules clandestines de son armée se sont carrément livrées aux massacres des tutsis que le FPR de Kagame attribuait généralement à ses adversaires hutus. Comme l’a si bien relevé un journaliste, « il est même arrivé à Kagame de massacrer tous les habitants d’une région et d’inviter ensuite la presse internationale, toujours naïve, à contempler des méfaits qu’il imputait à son adversaire. » C’est ce qui fait également dire au général Dallaire, dont la sympathie pour Kagame n’est plus à prouver, que « les morts rwandais peuvent aussi être attribués à Paul Kagame, ce génie militaire qui n’a pas accéléré sa campagne quand l’envergure du génocide fut manifeste et qui, en quelques occasions, m’a même entretenu avec candeur du prix que ses camarades tutsis auraient peut-être à payer pour la cause.» Et l’officier canadien d’ajouter : « Quand j’ai demandé à Kagame d’aller directement à Kigali pour arrêter les massacres des tutsis, il m’a répondu que s’il y avait un prix à payer, ce serait à ces tutsis de le payer! ».

 

On observe le même phénomène dans les années 30, durant lesquelles certaines organisations sionistes collaboraient avec le régime Nazi. Durant ces années en effet, les organisations sionistes obtinrent le soutien officiel de l’Allemagne nazie pour s’installer en Palestine et fonder leur « État ». C’est à la suite des négociations entre les dirigeants nazis et le leader juif Chain Arlosoroff, en août 1933, qu’un « accord de transfert », permettant à des milliers de juifs allemands de la bourgeoisie de s’installer en Palestine pour fonder leur « État », fut scellé. Et c’est sans compter l’appui apporté par les grandes banques juives à l’Allemagne nazie. Fils de rescapés des camps, Edwin Black va plus loin en affirmant que ces banques s’enrichissaient grossièrement sur les biens saisis à des personnes de confession juive.

Se rendre à l’évidence que des leaders juifs et tutsis rwandais ont pris part à l’extermination de leurs compatriotes, pour ensuite instrumentaliser leur mort à des fins politiques, voire même personnelles, paraît inimaginable et extraordinairement ineffable. Pourtant, c’est aussi cela la réalité. Les faits imposent d’eux-mêmes un nouveau récit. Et relever ces faits historiques ne peut et ne doit faire passer celui qui le fait pour un antisémite ou anti-tutsi. N'en déplaise au grand FOUlosophe BHL, fervent défenseur de la cause sioniste et tutsie. Je bois mon lait...

Patrick Mbeko, écrivain, journaliste et géostratège canadien d'origine congolaise