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Tue05232017

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Politique

Zuma plaide pour une plus grande représentation de l'Afrique au Conseil de sécurité de l'ONU

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Le président sud-africain, Jacob Zuma, a demandé sept sièges pour l'Afrique au Conseil de sécurité des Nations unies, tout en déplorant la lenteur des réformes à l'ONU, en intervenant mardi devant la 67ème Assemblée générale de l'organisation à New York.

Le président Zuma a souligné le soutien sans faille de l'Afrique du Sud à la réforme du système onusien, en particulier au niveau du Conseil de sécurité, responsable du maintien de la paix et de la sécurité dans le monde.

Selon lui, cette réforme renforcerait l'ONU comme organisation démocratique, responsable, représentative et sensible aux besoins de tous ses membres.

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Désintégration des souverainetés nationales Pourquoi tous ces coups d’Etat en Afrique ?

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L’Afrique subit avec une acuité particulière les déstabilisations politiques et sociales dues à la mondialisation.

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Commerce des armes: échec des négociations sur un traité à l'ONU

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Les négociations à l'ONU sur la mise en place du premier traité sur le commerce des armes conventionnelles se sont soldées par un échec vendredi à New York. Elles devraient reprendre ultérieurement, selon le président de la conférence.

"Le texte que j'avais proposé était un projet de traité, certains pays ne l'aimaient pas mais l'immense majorité étaient d'accord", a regretté l'Argentin Roberto Garcia Moritan. La conférence, ouverte début juillet, devait décider par consensus entre les 193 pays membres.

Interrogé sur la suite des événements, M. Moritan a indiqué qu'une des possibilités était de demander à l'Assemblée générale de l'ONU de prendre une décision, c'est-à-dire de décider s'il doit y avoir de nouvelles négociations et quand. La prochaine session de l'Assemblée générale se tient fin septembre à New York.

Mais les Américains se sont dits favorables à un deuxième round de négociations sur le traité l'an prochain, mais sont opposés "à un vote à l'Assemblée générale de l'ONU sur le texte actuel", a déclaré la porte-parole de la diplomatie américaine dans un communiqué.

Objectif à long terme

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon s'est déclaré "déçu" de l'échec des négociations. "C'est un recul" après plusieurs années de travaux préparatoires et quatre semaines de négociations, a-t-il déploré. "Mais cela ne signifie pas l'abandon" de ce traité car les Etats membres "ont accepté de poursuivre ce noble objectif".

Le chef de la délégation suisse Erwin Bollinger s'est lui aussi dit déçu du résultat de la conférence, tout en estimant que ce n'était pas un insuccès total. Un aspect positif est que le projet de résolution joint au rapport du président devient un document officiel de l'ONU, a-t-il déclaré devant la presse.

L'échec des négociations de New York ne signifie pas qu'il n'y aura pas de traité sur le commerce des armes conventionnelles, a souligné M. Bollinger. "Nous étions très proches d'accepter un document final", selon le diplomate.

Source: sda-ats

Les femmes les plus puissantes d’Afrique

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L'élection d’une femme à la présidence de la Commission de l’UA consacre l'émergence de femmes africaines à des postes de pouvoir. Voici les 5 plus importantes:

Nkosazana Dlamini-Zuma, nouvelle présidente de la Commission de l'UA, lors d'une conférence de presse à Addis Abeba le 16 juillet 2012.

Élue dimanche 15 juillet présidente de la Commission de l'Union africaine, la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma est une diplomate d'expérience, au caractère bien trempé.

Elle est considérée comme une des femmes les plus influentes de sa génération en Afrique du Sud. Vétérante de la lutte contre l’apartheid, médecin, ancienne épouse de l’actuel président Jacob Zuma, elle fait partie des gouvernements sud-africains sans interruption depuis 1994.

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La présence américaine dans le golfe de Guinée peut-elle être source d'inquiétudes ?

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Les pays du golfe de Guinée (élargi) regorgent de beaucoup de richesses, certains sont moins peuplés que d’autres, le Nigéria fait figure d’exception avec une population de plus de 162 millions d’habitants, le plus peuplé d’Afrique. Malgré l’abondance en ressources, le niveau de vie de la majorité des populations reste faible comparativement au saut qualitatif effectué par les pays d'Asie, comme la Chine, la Corée du sud, Taïwan ou Singapour en un temps record, seule une minorité profite des largesses financières que fournit l'exploitation de ces richesses potentielles. La manne financière issue des matières premières et énergétiques n'est pas redistribuée équitablement à toutes les couches sociales de la population, même si des efforts sont observés sur la réalisation d'infrastructures, les structures économiques et sociales sont encore inadaptées aux besoins réels des populations. Est-ce à cause de la pauvreté que se multiplient les actes illicites, de piraterie et de banditisme dans cette zone géostratégique?

Le Golfe de Guinée est de loin la première région pétrolière africaine, il se retrouve au centre de gros enjeux pétroliers qui suscitent des convoitises, occasionnant de nombreux différends, y compris armés, faisant de cet espace une région à risques. Selon des études sérieuses de spécialistes, le Golfe de Guinée dispose un des plus grands gisements sous-marins de pétrole connus au monde, dont la contenance est estimée en 2009, à 24 milliards de barils de pétrole de réserves prouvées. Cette région est une réalisation synthétique de l’Afrique occidentale et de l’Afrique centrale, elle constituée de pays comme le Nigeria, le Cameroun, l’Angola, le Congo, le Libéria, la Cote d'Ivoire, la Guinée équatoriale, le Togo, le Bénin ou le Ghana. En 2009, sur les 9 millions de barils de pétrole produits quotidiennement en Afrique, cinq millions de barils, donc plus de la moitié, provenaient du Golfe de Guinée. Un exemple, certains analystes soutiennent que si l'insécurité venait à cesser au Nigeria, ce pays pourrait produire cinq millions de barils par jour , alors que la Guinée équatoriale pourtant grand producteur de la zone, réalise déjà plus de 700 000 barils par jour. Et aux côtés de ces mastodontes, il y a d’autres producteurs moyens et petits comme le Gabon, la Côte d’Ivoire, le Congo ou le Cameroun…

Parmi ces pays, plusieurs d’entre eux ont connu la guerre ou la connaissent encore, c’est le cas du Libéria, du Congo ou de l’Angola, une grande partie de la population de certains de ces pays ont fui les affres de la guerre et est laissée à l'abandon, aucune politique et aucun effort volontaristes de la part des pouvoirs publics de les ramener dans le giron national n'est entrepris sérieusement, comme si le fait qu’ils soient partis constituent un bon débarras. Cette zone du golfe de Guinée a connu beaucoup de conflits et court donc le risque d'en connaître encore, surtout avec l'arrivée de forces prédatrices aimant l'action et le sensationnel dans un environnement économique délétère pour la grande majorité des populations, surtout que certaines forces étrangères n'ont pour consignes et buts légitimes, la sauvegarde de leurs intérêts nationaux au détriment de ceux légitimes des populations locales qui aspirent à une vie meilleure dans des conditions environnementales et matérielles décentes. Pourtant malgré les réserves légitimes, il faut le reconnaître, à certains moments de leur existence où leurs forces sont encore faibles, tous les pays ont un grand besoin d'aide visant à renforcer leur sécurité au regard des menaces de déstabilisation qu'ils encourent, comme les nombreuses attaques venues des espaces maritimes pour soit cambrioler, soit pirater ou commettre d’autres actes illicites et répréhensibles sur la terre ferme.

En effet, dans cette zone, le 16 juillet 2011, un pétrolier grec l’Aegean-Star, a été victime d’un abordage au large du Nigeria. Le bateau et ses vingt membres d’équipage avaient été pris en otage et libérés deux jours plus tard. l’Angola, le Nigeria, le Cameroun, la Guinée équatoriale et le Gabon ont déjà subi des attaques ciblées ou des menaces d’attaque liées aux ressources pétrolières, auxquelles s’ajoutent des enlèvements et des attaques récurrents de navires voués à l’exploration et à l’exploitation pétrolières. Les enjeux sont donc énormes et les risques élevés. C'est la raison pour laquelle les Etats-Unis et la France ont multiplié des actions concertées avec les pays limitrophes pour tenter de sécuriser cette région jugée hautement stratégique. Certains experts soutiennent que les pirates exploitent des failles ouvertes par la présence d’une lourdeur endémique des rouages administratifs entre les différents Etats, et exploitent à leur avantage la manière dont le secteur géographique est morcellement configurée pour opérer en toute tranquillité, dans un premier temps en commettant des trafics illicites (narcotrafics, trafics d'armes...), vols à mains armées, soit à proximité des ports, soit dans les eaux territoriales et dans un second temps ils ont multiplié des actes de piraterie en haute mer, en utilisant des modes opératoires similaires à ceux mis en œuvre dans l'océan Indien, c'est à dire, la saisie de navires (saisie d'un navire chypriote en septembre 2011).

Cette facilité de manœuvrabilité pour les assaillants a conduit les Etats-Unis et la France à proposer la mise en place d'une coordination des actions d’intervention, avec à la clef des séminaires de formation et l'envoi épisodique de bâtiments de guerre comme le "Tonnerre" ou le navire USS Nashville destinés à la surveillance et la protection des côtes. Pourtant malgré les efforts fourni par certains gouvernement comme le Nigeria et le Bénin qui ont mis en place des patrouilles communes, les moyens des Etats pour faire face à ce fléau sont limités vu leur niveau de développement et de maîtrise des technologies, des techniques et des sciences, et en plus il leur faut plus de moyens à mettre en jeu, en l'occurrence financiers, techniques, de surveillance et d'intervention, ainsi que des organismes de coordination sous régionaux, un véritable enjeu sécuritaire.

En 2009, il y a eu au total 406 attaques répertoriées dans le monde, dont 104 ont eu lieu dans le golfe de Guinée et ces actes de criminalité maritime avec violences se sont fortement accrus au large de Cotonou, avec un risque de développement à la « somalienne ». Entre janvier et mi-juillet 2011, il y a eu une douzaine d'attaques et une dizaine d'autres n’ont pas été signalées et ont été étouffées par les armateurs, sûrement pour sauvegarder leur image et leur notoriété auprès de leur clientèle respective. Ces attaques sont devenues de plus en plus insidieuses, incisives, audacieuses et professionnalisées. Le 25 juillet 2011, dans la nuit de samedi à dimanche, les forces navales béninoises ont reçu des appels des balises de détresse du navire italien Rbd-Anema-e-Core se trouvant à une trentaine de kilomètres au sud de Cotonou, capitale du Bénin. Et le 13 février 2012, Vers 4h00 du matin, un cargo vraquier, le FourSeas SW, battant pavillon panaméen, a été attaqué en mer, alors qu’il se situait à une centaine de nautiques au large des côtes nigérianes, et après qu’un signal de détresse ait été lancé, deux corps sans vie de deux membres de l’équipage ont été découverts par le siroco de la marine française qui a pris en charge les 18 autres membres de l’équipage qui étaient traumatisés par la violence de l’attaque.

On le voit la situation est périlleuse, pleine d’embûches et de danger, c’est la raison pour laquelle semble-t-il, les pays du golfe de Guinée ont lancé un appel à la communauté internationale pour qu'elle s'implique fortement dans la lutte contre la piraterie qui a commencé au large de la Somalie (voir la théorie générale de la relativité économique) et a gagné plus récemment le golfe de Guinée, ce sont le Gabon et le Nigeria qui ont été à l'initiative de la résolution 2018 de l'ONU du 31 octobre 2011. Pour s'en sortir l'Afrique doit faire appel certes à toutes les bonnes volontés sans en exclure, ni avoir des préférences, par exemple, la Chine, l'Inde, le Brésil, l'Europe, la Russie ou les Etats-Unis qui ont une expérience certaine tant au niveau organisationnel que technique ou juridique à leur transmettre sont tous les bienvenues. Cependant, il ne faudrait pas qu’à cause de ce besoin réel de sécurité, les forces extérieures viennent dans le but d'empêcher la concorde nationale, de pousser aux divisions internes et d'entraîner les Etats à mettre en place des politiques de développement et de croissance hypertrophiées, contraires aux intérêts des peuples, en leur posant l'arme à la tempe. Car dans le passé beaucoup d'accords signés par des Etats africains avec certaines grandes puissances n'ont pas permis l'émergence économique des pays concernés, au contraire ils se sont ingéniés à créer des dettes abyssales et les ont enfoncés davantage dans une misère encore plus grande, sous le poids de la corruption généralisée qui ont gangréné tout l’appareil productif.

Hormis les situations spécifiques que nous avons relevées tout au long de cette analyse, d'autres motivations plus politiques peuvent pousser des dirigeants en dépit des intérêts collectifs bien compris, à signer des accords de défense qui leur permettront de se pérenniser au pouvoir, bafouant ainsi les règles éthiques de la vie démocratique. Nous osons espérer que dans le cas du Congo-Brazzaville, la signature récente d’engagements sécuritaires avec le gouvernement américain entre dans le cadre des raisons invoquées ci-dessus et qu’un tel partenariat contribuera à maintenir la paix, à créer les conditions d’une meilleure sécurisation, à favoriser l’épanouissement total de la population et à instaurer un climat favorable à un développement économique, technique, technologique et scientifique de qualité dans le pays, la région et l’Afrique.


Source : Jean de Dieu MOSSINGUE

Fabius à Alger : Désaccord sur l’option militaire au Mali

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Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius est arrivé dimanche à Alger pour sa première visite officielle dans un pays arabe.

Officiellement  centrée sur un renforcement des liens franco-algériens sa venue concerne aussi et surtout l'urgence de la crise au Mali.

Accueilli à l'aéroport par son homologue algérien Mourad Medelci avec lequel il a eu un entretien d'un peu plus d'une heure, Fabius a dit "rejoindre" les propos de son homologue et évoqué la menace terroriste dans la région du Sahel à travers l'implantation de groupes armés liés aux réseaux terroristes et au trafic de drogue.

"Cela constitue non seulement une menace pour les populations locales mais également pour la région et le monde", a-t-il dit, en n'écartant pas, en dernier recours, une solution militaire contre eux.

Medelci par contre, même s’il affirme être d’accord avec la positon de la  France sur l'unité du Mali qui doit être préservée, a écarté la solution militaire préférant  «  la solution politique et le dialogue ».

Notons que Paris voit en l'Algérie, puissance régionale, une capacité d'intervention militaire.

Alger, consulté depuis des semaines par les Africains et les Occidentaux sur le Mali, oeuvre dans un cadre strictement diplomatique.
Sa visite en Algérie, qui doit donner une nouvelle impulsion aux liens franco-algériens, doit préparer une visite d'Etat avant la fin de l'année du président François Hollande, dont l'élection a été applaudie en Algérie.

"Cette première visite d'un ministre des Affaires étrangères dans un pays arabe intervient à un double moment: 50 ans après l'indépendance de l'Algérie et après l'élection de François Hollande", a indiqué le chef de la diplomatie française.

"Dans le passé, il y a eu des hauts et des bas, je suis pour les hauts", a expliqué M. Fabius, en allusion aux relations proches mais difficiles et complexes qu'entretiennent l'Algérie et la France, ancienne puissance coloniale.

Il devait être reçu lundi à déjeuner par le président Abdelaziz Bouteflika.

Source: Al Manar

UA: DECLARATION SUR LE LANCEMENT DE L'INITIATIVE DE SOLIDARITÉ AFRICAINE (ISA)

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19EME SESSION ORDINAIRE DE LA CONFERENCE DES CHEFS D'ETAT ET DE GOUVERNEMENT "L'AFRIQUE AIDE L'AFRIQUE"

 

DECLARATION SUR LE LANCEMENT DE L'INITIATIVE DE SOLIDARITÉ AFRICAINE (ISA) POUR LA MOBILISATION D'UN SOUTIEN A LA RECONSTRUCTION ET AU DÉVELOPPEMENT POST-CONFLIT EN AFRIQUE


1. Nous, les Ministres des Affaires étrangères/Relations extérieures et autres représentants des États membres de l'Union africaine (UA), avons procédé aujourd'hui au lancement de l'Initiative de solidarité africaine (ISA), en vue de mobiliser un soutien accru, au niveau du continent, à la reconstruction et au développement post-conflit dans les pays sortant de conflits.


2. Le lancement de cette Initiative participe de la mise en oeuvre du Cadre d'action de l'UA pour la reconstruction et le développement post-conflit (RDPC), adopté à Banjul, en juin 2006, aux fins d'améliorer la rapidité, l'efficacité et la coordination des activités dans les pays en phase post-conflit et de jeter les bases de la justice sociale et d'une paix durable. Cet événement s'inscrit également dans le cadre du suivi de la décision Assembly/AU/Dec.408 (XVIII), adoptée par la Conférence de l'Union, en sa 18ème session ordinaire, tenue à Addis Abéba, les 29 et 30 janvier 2012, qui a souligné la nécessité d'efforts renouvelés pour la reconstruction et le développement post-conflit, afin de consolider la paix, là où elle a été réalisée, ainsi que des missions d'évaluation entreprises par la Commission, avec le soutien de la Banque africaine de Développement (BAD), de la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique (CEA) et de l'Union européenne, dans plusieurs États membres de l'UA en situation post?conflit.


3. Tout en reconnaissant les avancées réalisées dans la poursuite de notre objectif commun d'une Afrique libérée du fléau des conflits, nous sommes également conscients, en plus de l'importance que revêt le règlement des crises et conflits existants, de la nécessité d'efforts renouvelés pour la reconstruction post-conflit et la consolidation de la paix, afin de renforcer acquis que représente la fin de la violence et de maintenir l'espoir qu'elle fait naître. Ainsi que le démontre l'expérience, dans les premières phases de la transition d'un conflit à la paix, le risque de rechute dans la violence est élevé, car les pays sortant de conflits se caractérisent par des capacités affaiblies à tous les niveaux, des institutions anéanties, des insuffisances en terme de gouvernance et une pauvreté sous-jacente.


4. En lançant l'ISA, nous visons à donner un nouvel élan aux efforts de l'Afrique dans le domaine de la reconstruction et du développement post-conflit, en s'appuyant sur les mesures déjà prises par les États membres à titre individuel, les Communautés économiques régionales (CER) et les autres parties prenantes, dans le cadre de notre stratégie de croissance, de renouveau et de développement durable. Notre objectif est également de promouvoir la solidarité africaine, l'assistance mutuelle et l'intégration régionale et de propulser le continent à un niveau supérieur de développement et de confiance en soi, sous la devise: «L'Afrique aide l'Afrique».


5. Conscients de ce que la réussite de l'entreprise de reconstruction et de développement post-conflit exige un engagement à long terme, des efforts collectifs, ainsi qu'une appropriation et un leadership africains, nous lançons, par la présente Déclaration, l'Initiative de solidarité africaine, comme un programme continental phare, en appui, dans une première phase, aux pays suivants: Burundi, République centrafricaine, Côte d'Ivoire, République démocratique du Congo, Libéria, Sierra Leone, Soudan et Soudan du Sud.


6. Plus particulièrement, l'ISA poursuit les objectifs suivants:


(I) approfondir l'essence de la solidarité africaine et promouvoir un changement de paradigme, qui met l'accent sur l'assistance africaine mutuelle comme une dimension clé pour un développement accru et efficace du continent ;


(II) encourager, stimuler et autonomiser les pays africains, pour qu'ils apportent un soutien aux pays pilotes cités ci?dessus et à d'autres États membres, à mesure que le processus se développe;


(III) offrir une occasion sans précédent pour générer des idées novatrices pour faire face aux défis de la reconstruction et du développement post-conflit, en impliquant activement les pays africains, les organisations et institutions compétentes, les entreprises paraétatiques, le secteur privé, les universités, la société civile, les organisations confessionnelles, des experts africains et la Diaspora;


(IV) promouvoir des solutions interafricaines aux défis complexes de la reconstruction post-conflit ; et


(V) contribuer à un sentiment renouvelé d'urgence quant à la nécessité de consolider la paix là où elle a été réalisée.



7. L'ISA consiste en une plate-forme coordonnée et élargie visant à accroître les contributions en appui aux activités de reconstruction et de développement post-conflit en Afrique, par le biais de:


(I) la mobilisation, dans la mesure du possible, de contributions financières et, plus important encore, de contributions en nature auprès des pays africains et d'autres parties prenantes au niveau du continent et au-delà; et


(II) le développement d'un processus pour le partage mutuel d'expertise et le renforcement des capacités.



8. Nous demandons à la Commission, en étroite consultation avec les pays bénéficiaires, les CER et les autres institutions et parties prenantes africaines, ainsi qu'avec les partenaires, d'élaborer une feuille de route de trois ans pour la mise en oeuvre de l'ISA, y compris:


(I) le lancement d'une campagne de sensibilisation sur l'Initiative, afin d'assurer un large soutien à la réalisation de ses objectifs, à ses modalités opérationnelles et à ses activités;


(II un plaidoyer régulier et l'envoi de missions de sensibilisation auprès des partenaires bilatéraux et multilatéraux, y compris non traditionnels, pour l'allégement de la dette et d'autres types de soutien;


(III) un inventaire des principales institutions africaines de formation et des systèmes existants de coopération technique, en vue de faciliter la mise à disposition par les États membres concernés du soutien requis aux pays bénéficiaires, sur la base de leurs besoins et priorités exprimés;


(IV) le déploiement par les pays africains d'experts dans des domaines prioritaires pour les pays en phase post-conflit, en s'appuyant sur la Convention inter- africaine portant établissement d'un programme de coopération technique, adoptée par la session ordinaire de la Conférence des chefs d'Etat et de Gouvernement de l'Organisation de l'unité africaine (OUA), tenue à Kampala, du 28 juillet au 1er août 1975 ; et


(V) la formulation d'outils de connaissances pour diffusion, en appui à l'élaboration de stratégies et d'activités nationales et régionales appropriées par les pays bénéficiaires.



9. En outre, nous nous félicitons des autres mesures envisagées par la Commission, sur la base de ses consultations avec les pays bénéficiaires, pour le lancement d'activités répondant à leurs besoins, y compris:


(I) un forum d'investissement, en vue d'encourager le secteur privé et les acteurs économiques africains à jouer un rôle actif dans les efforts de reconstruction et de développement des pays concernés;


(II) un atelier sur la réforme du secteur de sécurité, afin de partager les expériences avec la participation des pays africains qui ont mené à bien de tels exercices;


(III) une retraite des organismes/organes nationaux en charge de la réconciliation, de la justice et de l'apaisement, en vue de tirer des leçons d'autres expériences et processus sur le continent;


(IV) un forum sur le développement des infrastructures, dans le cadre du Programme global de développement des Infrastructures en Afrique (PIDA) conduit par l'UA;


(V) un programme de renforcement des capacités dans le domaine de la gouvernance, y compris la gestion des ressources naturelles et d'autres activités connexes; et


(VI) l'organisation d'une Conférence de solidarité africaine pour mobiliser davantage de contributions financières et en nature pour les pays bénéficiaires.


10. Nous demandons à la Commission d'étendre ce programme aux autres Etats en situation post-conflit. A cet égard, nous encourageons les Etats concernés à communiquer à la Commission leurs besoins prioritaires.


11. Nous demandons à la Commission de prendre toutes les mesures nécessaires pour la mise en oeuvre et la coordination efficaces de l'ISA et des activités mentionnées ci-dessus. À cet égard, nous soulignons l'importance cruciale que revêt l'interaction continue avec les pays bénéficiaires. Tout aussi importante est la nécessité d'un partenariat solide avec les CER, la BAD, le système des Nations unies, y compris la Commission des Nations unies pour la consolidation de la paix et de son Bureau d'appui, la CEA, le PNUD, le HCR, ainsi que la Banque mondiale, l'UE et d'autres partenaires bilatéraux et multilatéraux.


12. Nous soulignons que l'ISA est conçue comme un processus visant à encourager un soutien supplémentaire des partenaires internationaux de l'Afrique, dans le contexte d'une collaboration visant à promouvoir la stabilisation et le développement sur le continent. Nous réitérons notre gratitude à tous les partenaires qui apportent un appui aux processus de reconstruction post-conflit sur le continent et les encourageons à poursuivre et à renforcer leur contribution.


13. Etant donnée que cette année coïncide avec le 10ème anniversaire de notre Union, alors que 2013 marquera le 50ème anniversaire de la création de l'OUA, nous nous engageons à ne ménager aucun effort pour faire fructifier et renforcer l'esprit du panafricanisme, de solidarité et de renaissance africaine qui sous-tendent l'ISA, à travers la mise en oeuvre rapide et efficace de ce programme phare.


14. Nous demandons à la Commission de soumettre des rapports réguliers sur la mise en oeuvre de l'ISA aux organes délibérants compétents de l'UA, ainsi que d'entreprendre une évaluation à mi?parcours, afin de faire le point des progrès accomplis et des défis rencontrés.


Source: African Press Organization

Un sommet à l'aune de la crise malienne

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Le Mali risque en fait de faire de l'ombre et éclipser toutes les autres préoccupations d'un continent qui ne parvient toujours pas à atteindre la pleine maturité. Comment cela se peut-il quand les institutions de la Commission africaine sont bloquées du fait de la difficulté à réélire ou élire un (nouveau) président de la Commission africaine dont le président sortant, Jean Ping, assure l'intérim de la présidence depuis juillet de l'année dernière? Réunis de nouveau en janvier pour tenter de dépasser cette difficulté et donnant à l'Union africaine un organe de décision, les chefs d'Etat et de gouvernement africains se sont séparés sans être parvenus à trouver un consensus entre les deux candidats, le Gabonais Jean Ping, candidat à sa propre succession, et l'ancienne chef de la diplomatie sud-africaine Nkosazana Dlamini-Zuma.

De fait, le Gabonais est soutenu par les pays africains francophones, alors que la Sud-africaine a, elle, les suffrages des anglophones. En juillet, il ne semble pas qu'il y ait eu évolution dès lors que chacun campa sur ses positions. Dans les couloirs du siège à Addis-Abeba de l'Union africaine, où a lieu le sommet, le pessimisme est de mise, d'aucuns estimant qu'il y avait peu d'espoir que le président sud-africain, Jacob Zuma, qui soutient sa compatriote Nkosazana Dlamini-Zuma, ou son homologue gabonais, Ali Bongo Ondimba, qui tient mordicus à ce que l'ancien chef de la diplomatie du Gabon, Jean Ping, soit maintenu à son poste, arrivent à un consensus ou cèdent en dernière minute.

De fait, les deux présidents se sont déjà rencontrés à maintes reprises, notamment en janvier lors du second round qui a vu l'échec des discussions sur le renouvellement ou non du mandat du président sortant de la Commission de l'Union africaine. Cette impasse pourrait se traduire par un nouveau report de six mois de l'élection du chef de la Commission africaine. De juillet 2011 à juillet 2012, les choses sont donc demeurées en l'état et les deux blocs africains restent sur leur position alors que personne ne semble s'être avisé à changer les règles de l'élection pour sortir de l'impasse.

Ce qui induira l'absence pour encore au moins six mois d'un responsable à la tête de l'UA. Ce qui est fâcheux au regard des conflits qui pénalisent l'Afrique dont celui du Mali qui interpelle des responsables africains à tout le moins impuissants à apporter, sinon à suggérer, un début de solution. Or, pendant que les Africains se tâtent pour savoir ce qu'il convient de faire - notons que l'Union africaine a été plutôt timide dans la prise en charge de la question malienne - le Mali s'enfonce dans la crise alors que la partition du pays devient de plus en plus de fait, d'autant plus que le gouvernement de Bamako se dilue au fil du temps, au moment où la Communauté économique de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) exerce une emprise de plus en plus pesante sur ce qui reste de gouvernance à Bamako où le gouvernement intérimaire ne contrôle toujours pas la situation.

Evidemment, la situation au Mali éclipse totalement ce qui se passe dans le reste de l'Afrique alors que la République démocratique du Congo a renoué avec la violence, que le Soudan du Sud se trouve dans une situation inextricable un an après son «indépendance». La situation dans ce pays et ses confrontations avec le Soudan préoccupent d'ailleurs sérieusement l'Union africaine. Dans son allocution d'ouverture à la réunion de la Commission Paix et Sécurité (CPS à de l'UA, le président par intérim de la Commission africaine, Jean Ping, n'a pas manqué de souligner que la crise du Mali est l'une des «plus graves» que traverse l'Afrique. Faut-il en douter, au moment où ce pays risque la partition? Un très mauvais signal pour l'Afrique qui pourrait donner des idées à d'autres apprentis-sorciers, prêts à mettre le continent à feu et à sang. En attendant, l'Afrique a mal au Mali sans parvenir pour autant à lui trouver la médication adéquate. La région des Grands lacs préoccupe à nouveau alors que la violence est de retour dans l'est de la RD du Congo, Kinshasa accusant son voisin, le Rwanda, de n'être pas totalement étranger aux événements qui ont marqué ces dernières semaines les régions des Kivu.

A Addis-Abeba, on tente d'organiser une réunion entre les présidents congolais, Joseph Kabila et son homologue rwandais, Paul Kagame, afin de faire vider l'abcès entre ces deux pays voisins en litige depuis des années. Notons que le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, représente l'Algérie aux travaux du XIXe sommet de l'Union africaine.

Source: Ahmed HASSAN-BEY