Alpha Condé espère les législatives en septembre et est favorable à une intervention au Mali

Le président guinéen Alpha Condé a dit lundi (2/2/12) espérer que les élections législatives, reportées à plusieurs reprises dans son pays, pourraient avoir lieu "à la fin de la saison des pluies", c'est-à-dire en septembre.

"La francophonie (OIF, Organisation internationale de la Francophonie, ndlr) a envoyé deux missions en Guinée, ils ont rencontré tous les partis et les diplomates et ils ont identifié ce qu'il faut faire" pour "assurer la transparence et la sécurité des élections", a déclaré M. Condé à la presse à l'issue d'un entretien avec son homologue français François Hollande à l'Elysée.

"Dans quelques jours", les représentants de l'OIF "vont revenir renforcer la Céni (Commission électorale nationale indépendante) et nous espérons arriver rapidement à un chronogramme (calendrier, ndlr) entre la francophonie et la Céni pour que les élections puissent avoir lieu dès la fin de la saison des pluies", a-t-il précisé. Cette période correspond à peu près au mois de septembre.

"Je me suis battu pendant 50 ans pour la démocratie, j'ai souffert des élections truquées pendant plus de 20 ans. Je veux des élections propres donc je veux m'assurer d'abord que le chronogramme est réaliste avant de fixer la date", a expliqué le président guinéen.
La visite en France d'Alpha Condé, entamée vendredi, a lieu dans un contexte de contestation de l'opposition guinéenne pour la tenue d'élections législatives.

Ces élections devaient se tenir six mois après son investiture le 21 décembre 2010, mais elles sont sans cesse repoussées.
Les dernières législatives remontent à juin 2002, à l'époque du régime du président Lansana Conté, décédé en décembre 2008 alors qu'il était au pouvoir depuis près de 24 ans.

Alpha Condé s'est également prononcé lundi en faveur d'"une solution militaire", menée par "des troupes africaines", pour combattre au Mali les islamistes d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

"Tout le monde est inquiet de ce qui se passe au Mali", a déclaré le chef de l'Etat guinéen. "Il faut lutter militairement contre Al-Qaïda et les autres qui sont en train de détruire ce qui fait la gloire de l'Afrique", a-t-il ajouté à propos de la destruction par des islamistes de sites religieux classés au patrimoine mondial de l'Unesco à Tombouctou. "Il est évident que la solution avec le mouvement islamiste n'est pas de négociation mais une solution militaire", a-t-il affirmé espérant "rapidement une résolution du conseil de sécurité" de l'ONU dans ce sens.

"C'est toute l'Afrique qui doit intervenir au Mali, c'est pas seulement la Cédéao (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest), c'est des troupes africaines qui doivent intervenir parce que la présence de ce mouvement est non seulement dangereuse pour l'Afrique mais pour le monde entier, donc nous devons passer à l'action", a-t-il expliqué.

Les islamistes qui contrôlent le nord du Mali ont poursuivi lundi (2/7/12) la destruction de bâtiments religieux musulmans à Tombouctou et posé des mines autour de Gao pour se protéger d'éventuelles attaques de rivaux touareg ou de soldats d'une force ouest-africaine.

Source: AFP