Africa Libré

L'autre actualité africaine

Sat05272017

Last update06:17:28 AM GMT

Back Politique

Politique

La présence américaine dans le golfe de Guinée peut-elle être source d'inquiétudes ?

  • PDF

Les pays du golfe de Guinée (élargi) regorgent de beaucoup de richesses, certains sont moins peuplés que d’autres, le Nigéria fait figure d’exception avec une population de plus de 162 millions d’habitants, le plus peuplé d’Afrique. Malgré l’abondance en ressources, le niveau de vie de la majorité des populations reste faible comparativement au saut qualitatif effectué par les pays d'Asie, comme la Chine, la Corée du sud, Taïwan ou Singapour en un temps record, seule une minorité profite des largesses financières que fournit l'exploitation de ces richesses potentielles. La manne financière issue des matières premières et énergétiques n'est pas redistribuée équitablement à toutes les couches sociales de la population, même si des efforts sont observés sur la réalisation d'infrastructures, les structures économiques et sociales sont encore inadaptées aux besoins réels des populations. Est-ce à cause de la pauvreté que se multiplient les actes illicites, de piraterie et de banditisme dans cette zone géostratégique?

Le Golfe de Guinée est de loin la première région pétrolière africaine, il se retrouve au centre de gros enjeux pétroliers qui suscitent des convoitises, occasionnant de nombreux différends, y compris armés, faisant de cet espace une région à risques. Selon des études sérieuses de spécialistes, le Golfe de Guinée dispose un des plus grands gisements sous-marins de pétrole connus au monde, dont la contenance est estimée en 2009, à 24 milliards de barils de pétrole de réserves prouvées. Cette région est une réalisation synthétique de l’Afrique occidentale et de l’Afrique centrale, elle constituée de pays comme le Nigeria, le Cameroun, l’Angola, le Congo, le Libéria, la Cote d'Ivoire, la Guinée équatoriale, le Togo, le Bénin ou le Ghana. En 2009, sur les 9 millions de barils de pétrole produits quotidiennement en Afrique, cinq millions de barils, donc plus de la moitié, provenaient du Golfe de Guinée. Un exemple, certains analystes soutiennent que si l'insécurité venait à cesser au Nigeria, ce pays pourrait produire cinq millions de barils par jour , alors que la Guinée équatoriale pourtant grand producteur de la zone, réalise déjà plus de 700 000 barils par jour. Et aux côtés de ces mastodontes, il y a d’autres producteurs moyens et petits comme le Gabon, la Côte d’Ivoire, le Congo ou le Cameroun…

Parmi ces pays, plusieurs d’entre eux ont connu la guerre ou la connaissent encore, c’est le cas du Libéria, du Congo ou de l’Angola, une grande partie de la population de certains de ces pays ont fui les affres de la guerre et est laissée à l'abandon, aucune politique et aucun effort volontaristes de la part des pouvoirs publics de les ramener dans le giron national n'est entrepris sérieusement, comme si le fait qu’ils soient partis constituent un bon débarras. Cette zone du golfe de Guinée a connu beaucoup de conflits et court donc le risque d'en connaître encore, surtout avec l'arrivée de forces prédatrices aimant l'action et le sensationnel dans un environnement économique délétère pour la grande majorité des populations, surtout que certaines forces étrangères n'ont pour consignes et buts légitimes, la sauvegarde de leurs intérêts nationaux au détriment de ceux légitimes des populations locales qui aspirent à une vie meilleure dans des conditions environnementales et matérielles décentes. Pourtant malgré les réserves légitimes, il faut le reconnaître, à certains moments de leur existence où leurs forces sont encore faibles, tous les pays ont un grand besoin d'aide visant à renforcer leur sécurité au regard des menaces de déstabilisation qu'ils encourent, comme les nombreuses attaques venues des espaces maritimes pour soit cambrioler, soit pirater ou commettre d’autres actes illicites et répréhensibles sur la terre ferme.

En effet, dans cette zone, le 16 juillet 2011, un pétrolier grec l’Aegean-Star, a été victime d’un abordage au large du Nigeria. Le bateau et ses vingt membres d’équipage avaient été pris en otage et libérés deux jours plus tard. l’Angola, le Nigeria, le Cameroun, la Guinée équatoriale et le Gabon ont déjà subi des attaques ciblées ou des menaces d’attaque liées aux ressources pétrolières, auxquelles s’ajoutent des enlèvements et des attaques récurrents de navires voués à l’exploration et à l’exploitation pétrolières. Les enjeux sont donc énormes et les risques élevés. C'est la raison pour laquelle les Etats-Unis et la France ont multiplié des actions concertées avec les pays limitrophes pour tenter de sécuriser cette région jugée hautement stratégique. Certains experts soutiennent que les pirates exploitent des failles ouvertes par la présence d’une lourdeur endémique des rouages administratifs entre les différents Etats, et exploitent à leur avantage la manière dont le secteur géographique est morcellement configurée pour opérer en toute tranquillité, dans un premier temps en commettant des trafics illicites (narcotrafics, trafics d'armes...), vols à mains armées, soit à proximité des ports, soit dans les eaux territoriales et dans un second temps ils ont multiplié des actes de piraterie en haute mer, en utilisant des modes opératoires similaires à ceux mis en œuvre dans l'océan Indien, c'est à dire, la saisie de navires (saisie d'un navire chypriote en septembre 2011).

Cette facilité de manœuvrabilité pour les assaillants a conduit les Etats-Unis et la France à proposer la mise en place d'une coordination des actions d’intervention, avec à la clef des séminaires de formation et l'envoi épisodique de bâtiments de guerre comme le "Tonnerre" ou le navire USS Nashville destinés à la surveillance et la protection des côtes. Pourtant malgré les efforts fourni par certains gouvernement comme le Nigeria et le Bénin qui ont mis en place des patrouilles communes, les moyens des Etats pour faire face à ce fléau sont limités vu leur niveau de développement et de maîtrise des technologies, des techniques et des sciences, et en plus il leur faut plus de moyens à mettre en jeu, en l'occurrence financiers, techniques, de surveillance et d'intervention, ainsi que des organismes de coordination sous régionaux, un véritable enjeu sécuritaire.

En 2009, il y a eu au total 406 attaques répertoriées dans le monde, dont 104 ont eu lieu dans le golfe de Guinée et ces actes de criminalité maritime avec violences se sont fortement accrus au large de Cotonou, avec un risque de développement à la « somalienne ». Entre janvier et mi-juillet 2011, il y a eu une douzaine d'attaques et une dizaine d'autres n’ont pas été signalées et ont été étouffées par les armateurs, sûrement pour sauvegarder leur image et leur notoriété auprès de leur clientèle respective. Ces attaques sont devenues de plus en plus insidieuses, incisives, audacieuses et professionnalisées. Le 25 juillet 2011, dans la nuit de samedi à dimanche, les forces navales béninoises ont reçu des appels des balises de détresse du navire italien Rbd-Anema-e-Core se trouvant à une trentaine de kilomètres au sud de Cotonou, capitale du Bénin. Et le 13 février 2012, Vers 4h00 du matin, un cargo vraquier, le FourSeas SW, battant pavillon panaméen, a été attaqué en mer, alors qu’il se situait à une centaine de nautiques au large des côtes nigérianes, et après qu’un signal de détresse ait été lancé, deux corps sans vie de deux membres de l’équipage ont été découverts par le siroco de la marine française qui a pris en charge les 18 autres membres de l’équipage qui étaient traumatisés par la violence de l’attaque.

On le voit la situation est périlleuse, pleine d’embûches et de danger, c’est la raison pour laquelle semble-t-il, les pays du golfe de Guinée ont lancé un appel à la communauté internationale pour qu'elle s'implique fortement dans la lutte contre la piraterie qui a commencé au large de la Somalie (voir la théorie générale de la relativité économique) et a gagné plus récemment le golfe de Guinée, ce sont le Gabon et le Nigeria qui ont été à l'initiative de la résolution 2018 de l'ONU du 31 octobre 2011. Pour s'en sortir l'Afrique doit faire appel certes à toutes les bonnes volontés sans en exclure, ni avoir des préférences, par exemple, la Chine, l'Inde, le Brésil, l'Europe, la Russie ou les Etats-Unis qui ont une expérience certaine tant au niveau organisationnel que technique ou juridique à leur transmettre sont tous les bienvenues. Cependant, il ne faudrait pas qu’à cause de ce besoin réel de sécurité, les forces extérieures viennent dans le but d'empêcher la concorde nationale, de pousser aux divisions internes et d'entraîner les Etats à mettre en place des politiques de développement et de croissance hypertrophiées, contraires aux intérêts des peuples, en leur posant l'arme à la tempe. Car dans le passé beaucoup d'accords signés par des Etats africains avec certaines grandes puissances n'ont pas permis l'émergence économique des pays concernés, au contraire ils se sont ingéniés à créer des dettes abyssales et les ont enfoncés davantage dans une misère encore plus grande, sous le poids de la corruption généralisée qui ont gangréné tout l’appareil productif.

Hormis les situations spécifiques que nous avons relevées tout au long de cette analyse, d'autres motivations plus politiques peuvent pousser des dirigeants en dépit des intérêts collectifs bien compris, à signer des accords de défense qui leur permettront de se pérenniser au pouvoir, bafouant ainsi les règles éthiques de la vie démocratique. Nous osons espérer que dans le cas du Congo-Brazzaville, la signature récente d’engagements sécuritaires avec le gouvernement américain entre dans le cadre des raisons invoquées ci-dessus et qu’un tel partenariat contribuera à maintenir la paix, à créer les conditions d’une meilleure sécurisation, à favoriser l’épanouissement total de la population et à instaurer un climat favorable à un développement économique, technique, technologique et scientifique de qualité dans le pays, la région et l’Afrique.


Source : Jean de Dieu MOSSINGUE

Fabius à Alger : Désaccord sur l’option militaire au Mali

  • PDF

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius est arrivé dimanche à Alger pour sa première visite officielle dans un pays arabe.

Officiellement  centrée sur un renforcement des liens franco-algériens sa venue concerne aussi et surtout l'urgence de la crise au Mali.

Accueilli à l'aéroport par son homologue algérien Mourad Medelci avec lequel il a eu un entretien d'un peu plus d'une heure, Fabius a dit "rejoindre" les propos de son homologue et évoqué la menace terroriste dans la région du Sahel à travers l'implantation de groupes armés liés aux réseaux terroristes et au trafic de drogue.

"Cela constitue non seulement une menace pour les populations locales mais également pour la région et le monde", a-t-il dit, en n'écartant pas, en dernier recours, une solution militaire contre eux.

Medelci par contre, même s’il affirme être d’accord avec la positon de la  France sur l'unité du Mali qui doit être préservée, a écarté la solution militaire préférant  «  la solution politique et le dialogue ».

Notons que Paris voit en l'Algérie, puissance régionale, une capacité d'intervention militaire.

Alger, consulté depuis des semaines par les Africains et les Occidentaux sur le Mali, oeuvre dans un cadre strictement diplomatique.
Sa visite en Algérie, qui doit donner une nouvelle impulsion aux liens franco-algériens, doit préparer une visite d'Etat avant la fin de l'année du président François Hollande, dont l'élection a été applaudie en Algérie.

"Cette première visite d'un ministre des Affaires étrangères dans un pays arabe intervient à un double moment: 50 ans après l'indépendance de l'Algérie et après l'élection de François Hollande", a indiqué le chef de la diplomatie française.

"Dans le passé, il y a eu des hauts et des bas, je suis pour les hauts", a expliqué M. Fabius, en allusion aux relations proches mais difficiles et complexes qu'entretiennent l'Algérie et la France, ancienne puissance coloniale.

Il devait être reçu lundi à déjeuner par le président Abdelaziz Bouteflika.

Source: Al Manar

UA: DECLARATION SUR LE LANCEMENT DE L'INITIATIVE DE SOLIDARITÉ AFRICAINE (ISA)

  • PDF

19EME SESSION ORDINAIRE DE LA CONFERENCE DES CHEFS D'ETAT ET DE GOUVERNEMENT "L'AFRIQUE AIDE L'AFRIQUE"

 

DECLARATION SUR LE LANCEMENT DE L'INITIATIVE DE SOLIDARITÉ AFRICAINE (ISA) POUR LA MOBILISATION D'UN SOUTIEN A LA RECONSTRUCTION ET AU DÉVELOPPEMENT POST-CONFLIT EN AFRIQUE


1. Nous, les Ministres des Affaires étrangères/Relations extérieures et autres représentants des États membres de l'Union africaine (UA), avons procédé aujourd'hui au lancement de l'Initiative de solidarité africaine (ISA), en vue de mobiliser un soutien accru, au niveau du continent, à la reconstruction et au développement post-conflit dans les pays sortant de conflits.


2. Le lancement de cette Initiative participe de la mise en oeuvre du Cadre d'action de l'UA pour la reconstruction et le développement post-conflit (RDPC), adopté à Banjul, en juin 2006, aux fins d'améliorer la rapidité, l'efficacité et la coordination des activités dans les pays en phase post-conflit et de jeter les bases de la justice sociale et d'une paix durable. Cet événement s'inscrit également dans le cadre du suivi de la décision Assembly/AU/Dec.408 (XVIII), adoptée par la Conférence de l'Union, en sa 18ème session ordinaire, tenue à Addis Abéba, les 29 et 30 janvier 2012, qui a souligné la nécessité d'efforts renouvelés pour la reconstruction et le développement post-conflit, afin de consolider la paix, là où elle a été réalisée, ainsi que des missions d'évaluation entreprises par la Commission, avec le soutien de la Banque africaine de Développement (BAD), de la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique (CEA) et de l'Union européenne, dans plusieurs États membres de l'UA en situation post?conflit.


3. Tout en reconnaissant les avancées réalisées dans la poursuite de notre objectif commun d'une Afrique libérée du fléau des conflits, nous sommes également conscients, en plus de l'importance que revêt le règlement des crises et conflits existants, de la nécessité d'efforts renouvelés pour la reconstruction post-conflit et la consolidation de la paix, afin de renforcer acquis que représente la fin de la violence et de maintenir l'espoir qu'elle fait naître. Ainsi que le démontre l'expérience, dans les premières phases de la transition d'un conflit à la paix, le risque de rechute dans la violence est élevé, car les pays sortant de conflits se caractérisent par des capacités affaiblies à tous les niveaux, des institutions anéanties, des insuffisances en terme de gouvernance et une pauvreté sous-jacente.


4. En lançant l'ISA, nous visons à donner un nouvel élan aux efforts de l'Afrique dans le domaine de la reconstruction et du développement post-conflit, en s'appuyant sur les mesures déjà prises par les États membres à titre individuel, les Communautés économiques régionales (CER) et les autres parties prenantes, dans le cadre de notre stratégie de croissance, de renouveau et de développement durable. Notre objectif est également de promouvoir la solidarité africaine, l'assistance mutuelle et l'intégration régionale et de propulser le continent à un niveau supérieur de développement et de confiance en soi, sous la devise: «L'Afrique aide l'Afrique».


5. Conscients de ce que la réussite de l'entreprise de reconstruction et de développement post-conflit exige un engagement à long terme, des efforts collectifs, ainsi qu'une appropriation et un leadership africains, nous lançons, par la présente Déclaration, l'Initiative de solidarité africaine, comme un programme continental phare, en appui, dans une première phase, aux pays suivants: Burundi, République centrafricaine, Côte d'Ivoire, République démocratique du Congo, Libéria, Sierra Leone, Soudan et Soudan du Sud.


6. Plus particulièrement, l'ISA poursuit les objectifs suivants:


(I) approfondir l'essence de la solidarité africaine et promouvoir un changement de paradigme, qui met l'accent sur l'assistance africaine mutuelle comme une dimension clé pour un développement accru et efficace du continent ;


(II) encourager, stimuler et autonomiser les pays africains, pour qu'ils apportent un soutien aux pays pilotes cités ci?dessus et à d'autres États membres, à mesure que le processus se développe;


(III) offrir une occasion sans précédent pour générer des idées novatrices pour faire face aux défis de la reconstruction et du développement post-conflit, en impliquant activement les pays africains, les organisations et institutions compétentes, les entreprises paraétatiques, le secteur privé, les universités, la société civile, les organisations confessionnelles, des experts africains et la Diaspora;


(IV) promouvoir des solutions interafricaines aux défis complexes de la reconstruction post-conflit ; et


(V) contribuer à un sentiment renouvelé d'urgence quant à la nécessité de consolider la paix là où elle a été réalisée.



7. L'ISA consiste en une plate-forme coordonnée et élargie visant à accroître les contributions en appui aux activités de reconstruction et de développement post-conflit en Afrique, par le biais de:


(I) la mobilisation, dans la mesure du possible, de contributions financières et, plus important encore, de contributions en nature auprès des pays africains et d'autres parties prenantes au niveau du continent et au-delà; et


(II) le développement d'un processus pour le partage mutuel d'expertise et le renforcement des capacités.



8. Nous demandons à la Commission, en étroite consultation avec les pays bénéficiaires, les CER et les autres institutions et parties prenantes africaines, ainsi qu'avec les partenaires, d'élaborer une feuille de route de trois ans pour la mise en oeuvre de l'ISA, y compris:


(I) le lancement d'une campagne de sensibilisation sur l'Initiative, afin d'assurer un large soutien à la réalisation de ses objectifs, à ses modalités opérationnelles et à ses activités;


(II un plaidoyer régulier et l'envoi de missions de sensibilisation auprès des partenaires bilatéraux et multilatéraux, y compris non traditionnels, pour l'allégement de la dette et d'autres types de soutien;


(III) un inventaire des principales institutions africaines de formation et des systèmes existants de coopération technique, en vue de faciliter la mise à disposition par les États membres concernés du soutien requis aux pays bénéficiaires, sur la base de leurs besoins et priorités exprimés;


(IV) le déploiement par les pays africains d'experts dans des domaines prioritaires pour les pays en phase post-conflit, en s'appuyant sur la Convention inter- africaine portant établissement d'un programme de coopération technique, adoptée par la session ordinaire de la Conférence des chefs d'Etat et de Gouvernement de l'Organisation de l'unité africaine (OUA), tenue à Kampala, du 28 juillet au 1er août 1975 ; et


(V) la formulation d'outils de connaissances pour diffusion, en appui à l'élaboration de stratégies et d'activités nationales et régionales appropriées par les pays bénéficiaires.



9. En outre, nous nous félicitons des autres mesures envisagées par la Commission, sur la base de ses consultations avec les pays bénéficiaires, pour le lancement d'activités répondant à leurs besoins, y compris:


(I) un forum d'investissement, en vue d'encourager le secteur privé et les acteurs économiques africains à jouer un rôle actif dans les efforts de reconstruction et de développement des pays concernés;


(II) un atelier sur la réforme du secteur de sécurité, afin de partager les expériences avec la participation des pays africains qui ont mené à bien de tels exercices;


(III) une retraite des organismes/organes nationaux en charge de la réconciliation, de la justice et de l'apaisement, en vue de tirer des leçons d'autres expériences et processus sur le continent;


(IV) un forum sur le développement des infrastructures, dans le cadre du Programme global de développement des Infrastructures en Afrique (PIDA) conduit par l'UA;


(V) un programme de renforcement des capacités dans le domaine de la gouvernance, y compris la gestion des ressources naturelles et d'autres activités connexes; et


(VI) l'organisation d'une Conférence de solidarité africaine pour mobiliser davantage de contributions financières et en nature pour les pays bénéficiaires.


10. Nous demandons à la Commission d'étendre ce programme aux autres Etats en situation post-conflit. A cet égard, nous encourageons les Etats concernés à communiquer à la Commission leurs besoins prioritaires.


11. Nous demandons à la Commission de prendre toutes les mesures nécessaires pour la mise en oeuvre et la coordination efficaces de l'ISA et des activités mentionnées ci-dessus. À cet égard, nous soulignons l'importance cruciale que revêt l'interaction continue avec les pays bénéficiaires. Tout aussi importante est la nécessité d'un partenariat solide avec les CER, la BAD, le système des Nations unies, y compris la Commission des Nations unies pour la consolidation de la paix et de son Bureau d'appui, la CEA, le PNUD, le HCR, ainsi que la Banque mondiale, l'UE et d'autres partenaires bilatéraux et multilatéraux.


12. Nous soulignons que l'ISA est conçue comme un processus visant à encourager un soutien supplémentaire des partenaires internationaux de l'Afrique, dans le contexte d'une collaboration visant à promouvoir la stabilisation et le développement sur le continent. Nous réitérons notre gratitude à tous les partenaires qui apportent un appui aux processus de reconstruction post-conflit sur le continent et les encourageons à poursuivre et à renforcer leur contribution.


13. Etant donnée que cette année coïncide avec le 10ème anniversaire de notre Union, alors que 2013 marquera le 50ème anniversaire de la création de l'OUA, nous nous engageons à ne ménager aucun effort pour faire fructifier et renforcer l'esprit du panafricanisme, de solidarité et de renaissance africaine qui sous-tendent l'ISA, à travers la mise en oeuvre rapide et efficace de ce programme phare.


14. Nous demandons à la Commission de soumettre des rapports réguliers sur la mise en oeuvre de l'ISA aux organes délibérants compétents de l'UA, ainsi que d'entreprendre une évaluation à mi?parcours, afin de faire le point des progrès accomplis et des défis rencontrés.


Source: African Press Organization

Un sommet à l'aune de la crise malienne

  • PDF

Le Mali risque en fait de faire de l'ombre et éclipser toutes les autres préoccupations d'un continent qui ne parvient toujours pas à atteindre la pleine maturité. Comment cela se peut-il quand les institutions de la Commission africaine sont bloquées du fait de la difficulté à réélire ou élire un (nouveau) président de la Commission africaine dont le président sortant, Jean Ping, assure l'intérim de la présidence depuis juillet de l'année dernière? Réunis de nouveau en janvier pour tenter de dépasser cette difficulté et donnant à l'Union africaine un organe de décision, les chefs d'Etat et de gouvernement africains se sont séparés sans être parvenus à trouver un consensus entre les deux candidats, le Gabonais Jean Ping, candidat à sa propre succession, et l'ancienne chef de la diplomatie sud-africaine Nkosazana Dlamini-Zuma.

De fait, le Gabonais est soutenu par les pays africains francophones, alors que la Sud-africaine a, elle, les suffrages des anglophones. En juillet, il ne semble pas qu'il y ait eu évolution dès lors que chacun campa sur ses positions. Dans les couloirs du siège à Addis-Abeba de l'Union africaine, où a lieu le sommet, le pessimisme est de mise, d'aucuns estimant qu'il y avait peu d'espoir que le président sud-africain, Jacob Zuma, qui soutient sa compatriote Nkosazana Dlamini-Zuma, ou son homologue gabonais, Ali Bongo Ondimba, qui tient mordicus à ce que l'ancien chef de la diplomatie du Gabon, Jean Ping, soit maintenu à son poste, arrivent à un consensus ou cèdent en dernière minute.

De fait, les deux présidents se sont déjà rencontrés à maintes reprises, notamment en janvier lors du second round qui a vu l'échec des discussions sur le renouvellement ou non du mandat du président sortant de la Commission de l'Union africaine. Cette impasse pourrait se traduire par un nouveau report de six mois de l'élection du chef de la Commission africaine. De juillet 2011 à juillet 2012, les choses sont donc demeurées en l'état et les deux blocs africains restent sur leur position alors que personne ne semble s'être avisé à changer les règles de l'élection pour sortir de l'impasse.

Ce qui induira l'absence pour encore au moins six mois d'un responsable à la tête de l'UA. Ce qui est fâcheux au regard des conflits qui pénalisent l'Afrique dont celui du Mali qui interpelle des responsables africains à tout le moins impuissants à apporter, sinon à suggérer, un début de solution. Or, pendant que les Africains se tâtent pour savoir ce qu'il convient de faire - notons que l'Union africaine a été plutôt timide dans la prise en charge de la question malienne - le Mali s'enfonce dans la crise alors que la partition du pays devient de plus en plus de fait, d'autant plus que le gouvernement de Bamako se dilue au fil du temps, au moment où la Communauté économique de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) exerce une emprise de plus en plus pesante sur ce qui reste de gouvernance à Bamako où le gouvernement intérimaire ne contrôle toujours pas la situation.

Evidemment, la situation au Mali éclipse totalement ce qui se passe dans le reste de l'Afrique alors que la République démocratique du Congo a renoué avec la violence, que le Soudan du Sud se trouve dans une situation inextricable un an après son «indépendance». La situation dans ce pays et ses confrontations avec le Soudan préoccupent d'ailleurs sérieusement l'Union africaine. Dans son allocution d'ouverture à la réunion de la Commission Paix et Sécurité (CPS à de l'UA, le président par intérim de la Commission africaine, Jean Ping, n'a pas manqué de souligner que la crise du Mali est l'une des «plus graves» que traverse l'Afrique. Faut-il en douter, au moment où ce pays risque la partition? Un très mauvais signal pour l'Afrique qui pourrait donner des idées à d'autres apprentis-sorciers, prêts à mettre le continent à feu et à sang. En attendant, l'Afrique a mal au Mali sans parvenir pour autant à lui trouver la médication adéquate. La région des Grands lacs préoccupe à nouveau alors que la violence est de retour dans l'est de la RD du Congo, Kinshasa accusant son voisin, le Rwanda, de n'être pas totalement étranger aux événements qui ont marqué ces dernières semaines les régions des Kivu.

A Addis-Abeba, on tente d'organiser une réunion entre les présidents congolais, Joseph Kabila et son homologue rwandais, Paul Kagame, afin de faire vider l'abcès entre ces deux pays voisins en litige depuis des années. Notons que le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, représente l'Algérie aux travaux du XIXe sommet de l'Union africaine.

Source: Ahmed HASSAN-BEY

UA: La 21ème session ordinaire du Conseil Exécutif

  • PDF

En prélude au 19ème Sommet de l'Union africaine, les 15 et 16 juillet courant, les ministres des Affaires Etrangères ont débuté le 12 juillet, les travaux préparatoires de la Conférence. Réunis en sa 21ème session ordinaire, le Conseil Exécutif a entamé, entre autres, l'examen du budget pour l'exercice 2013, du rapport sur les sources alternatives de financement des activités de l'Union ainsi que du rapport la situation sécuritaire du continent.

Le Président de la Commission, M. Jean Ping dans son allocution devant le Conseil, a souligné que l'escalade de la tension entre le Soudan et le Soudan du Sud, la mutinerie à l'Est de la République Démocratique du Congo (RDC), les changements anticonstitutionnels de gouvernement au Mali et en Guinée Bissau ont été au cour des préoccupations de la Commission. Toutefois, il s'est félicité des avancées réalisées à travers les élections démocratiques au Sénégal et au Lesotho. Il a également exprimé sa satisfaction de l'action de la Force africaine en Somalie (AMSOM) qui a-t-il dit «laisse espérer la libération prochaine de l'ensemble du pays, et crée une nouvelle dynamique favorable à l'accélération du processus politique dans la perspective de l'échéance du 20 août 2012». L'opérationnalisation de la Force Africaine en Attente (FAA) qui viendra compléter l'Architecture continentale de paix et de sécurité et le renforcement du partenariat stratégique avec le système des Nations Unies, permettront «de dégager une plus grande cohérence politique et stratégique dans notre approche des questions de paix et de sécurité sur le continent», a indiqué Jean Ping.


Au-delà des questions de paix et de sécurité

Certes, la période sous examen a été marquée par des crises institutionnelles mais cela n'a pas empêché la Commission de poursuivre d'autres priorités. A titre d'exemple, le Président Ping a cité la mise en oeuvre du Programme de développement des infrastructures en Afrique (PIDA) à travers une feuille de route et un Plan d'Action Prioritaire à l'horizon 2020. Dans le domaine de l'éducation, «les trois premiers instituts thématiques de l'Université Panafricaine basés respectivement au Nigeria, Kenya et Cameroun ouvriront leurs portes à partir de septembre prochain et le quatrième institut basé en Algérie accueillera ses premiers étudiants en 2013». Lors de cette période, la Commission a aussi poursuivi les efforts entrepris en vue de renforcer la position et les intérêts de l'Afrique sur la scène internationale et à travers ces partenariats stratégiques. Autant d'activités cruciales à l'accomplissement de la vision de l'UA eu égard au thème du sommet «Promouvoir le commerce intra-africain» et la mise en place d'une zone continentale de libre-échange à l'horizon 2017.

Le Président Ping, a en outre, rappelé «la nécessité de trouver une solution durable au problème du financement de notre Union et de ses activités. C'est la condition de la pérennité de nos actions, de l'affirmation de notre leadership et de l'appropriation par l'Afrique de ses initiatives » a-t-il conclut.


La stabilité au service du développement

Les propos du Président de la Commission de l'UA ont été renforcés par ceux prononcés par M. Abdoulie Janneh, Sous-secrétaire Général des Nations Unies et Secrétaire exécutif de la Commission Economique pour l'Afrique (CEA), qui a rappelé que la paix, la sécurité et la stabilité sont des ingrédients nécessaires au décollage de la zone continentale de libre-échange. L'Afrique a des atouts pour y arriver, les produits manufacturés représentent 46% du commerce intra-africain et possèdent déjà des infrastructures d'un plus haut niveau qu'un ensemble régional tel que le Mercosur, a-t-il ajouté.

Monsieur Nassirou Arifari-Bako, Ministre des affaires Étrangères de la République du Bénin et Président du Conseil Exécutif a, pour sa part, mis l'accent sur le thème du Sommet, en indiquant que si le développement dépend beaucoup de la stabilité, il est aussi tributaire de l'intégration des économies africaines avec davantage de sources endogènes de financement. Il a en outre évoqué la situation occasionnée par la question des élections des membres de la Commission de l'UA.


Lors de la cérémonie d'ouverture de la réunion du Conseil Exécutif, une minute de silence a été observée à la mémoire de feus Bingu Wa Mutharika, Président de la République du Malawi, et d'Ahmed Ben Bella, premier Président de l'Algérie.


La 21ème session ordinaire du Conseil Exécutif a prit fin le 13 juillet 2012. Ses décisions sur les sujets à son ordre du jour préparent le 19ème Sommet des Chefs d'État et de Gouvernement de l'UA qui se tiendra du 15 au 16 juillet.


Source: APO

Laurent Ggbagbo et transfèrement de Soro Guillaume: Fatou Bensouda peut-elle souder la CPI?

  • PDF

Procès de Laurent Ggbagbo et transfèrement de Soro Guillaume à La CPI: Fatou Bensouda peut-elle souder la CPI?

Le départ de Nicolas Sarkozy de l’Elysée est sans doute un soulagement pour les Africains. Sarkozy était un véritable cancer contre les Africains. Mais cela veut-il dire que Gbagbo sera libéré et que Soro Guillaume enfin condamné en lieu et place?


Le souhait le plus ardent des Ivoiriens et Africains ouverts d’esprit est de voir Gbagbo et tous les autres arbitrairement emprisonnés être en liberté totale, et Soro Guillaume et Alassane Ouattara condamnés pour répondre des crimes odieux qu’ils ont commis contre l’humanité sur l’autel des intérêts français.

Cependant, il faut éviter d’être naïfs. Si la Côte d’Ivoire s’est retrouvée dans cette situation calamiteuse, c’est bien parce que les Ivoiriens ont été naïfs à travers les années, depuis les présidents de la république jusqu’aux paysans.

En effet, pendant que Kwamé Nkrumah, Patrice Lumumba et d’autres leaders africains réclamaient la création des états unis d’Afrique, pour une Afrique forte, véritablement indépendante politiquement et économiquement, Houphouet-Boigny , n’avait pas vu loin et a opté pour une co-opération avec la France sur la base de relations privilégiées, croyant qu’une telle co-opération pourrait bien développer l’Afrique qui n’avait pas la technologie et les moyens scientifiques nécessaire pour son développement. Houphouet n’avait pas perçu qu’il n’ya pas de relations privilégiées mais de relations d’intérêts économiques entre états. Et il a reconnu et regretté ce fait au soir de sa vie. Il n’avait pas également compris que la mentalité de l’impérialiste n’est pas pour enrichir ou développer le colonisé mais plutôt de l’appauvrir. Parce que si le colonisé devient riche comme le capitaliste, l’existence du colon n’a plus son sens.

Qui donc il va-t-il coloniser? Où va-t-il désormais prendre ses ressources pour sa survie? Ne voyant qu’au bout de son nez, Houphouet a ainsi signé des accords de co-opération économique et militaire dont nous payons aujourd’hui les lourdes conséquences. En effet nous vivons et dormons sur notre propre terre sous les canons de la France installés au 43ème BIMA. Pour avoir ainsi agi, Houphouet-Boigny fut le chouchou de la France jusqu’à sa mort. Avec ce statut d’enfant aimé de la France, il contribua à faire renverser ou assassiner ses propres frères présidents africains pour la défense et la protection des intérêts français.

Devenu intouchable, il pilla les richesses de la Côte d‘Ivoire avec la France. Dans sa mégalomanie, il construisit la Cathédrale Saint Paul du Plateau (Abidjan) et la Basilique Notre Dame de la Paix de Yamoussoukro, laquelle basilique dont l’entretien revient à plus d’un milliard de francs CFA par an. Dans le même ordre de pensée, au lieu de garder en banque en Côte d’Ivoire, il confia au Vatican des milliers de milliards qui selon lui devraient revenir à la Cote d’Ivoire après sa mort. Jusqu’à présent rien n’a été remis à la Cote d’Ivoire et personne ne sait ce que cet argent est devenu. Belle preuve d’intelligence. N’est-ce pas?

Affaibli financièrement à la suite de cette bavure et ne pouvant plus payer les dettes galopantes de la Côte d’Ivoire au FMI et la Banque Mondiale, Houphouet s’est vu imposer par ces institutions un certain Alassane Dramane Ouattara, inconnu des Ivoiriens, afin de faire rembourser les dettes de notre pays. Alors que la logique demandait qu’un ministre devienne président du conseil interministériel, c’est plutôt Alassane Ouattara sorti du néant en Côte d’Ivoire qui fut parachuté comme président de ce conseil en 1990.

En 1991, il devint premier ministre de Côte d’Ivoire. Une performance extraordinaire qui a surpris les ivoiriens. La toute puissante opposition dirigée par Laurent Gbagbo dénonça cette nomination et déclara officiellement que Dramane Ouattara n’était pas ivoirien. Ayant le dos au mur, Houphouet-Boigny reconnut de manière expresse Alassane Ouattara comme ivoirien. Henri Konan Bédié ensuite démontra à l’assemblée nationale dans un discours de 2 heures d’horloge qu’Alassane Ouattara était bel et bien ‘un éminent intellectuel ivoirien’.Dès ce moment l’homme du pays des hommes intègre entra véritablement en scène avec des actions à couper le souffle. Rappelons ici son bilan lugubre pour mémoire:

1. Il privatise toutes les entreprises de la Côte d’Ivoire et les vend à la France. Les ivoiriens sont privatisés dans leur propre pays. L’eau qu’ils boivent leur est vendue par la France alors que la Côte d’Ivoire regorge de nombreux fleuves qui la parcourent du nord au sud. Il en est de même pour l’électricité.

2. Il abat les salaires des fonctionnaires et ‘raccroche les enseignants’. Les bus de transport universitaires sont supprimés et les bourses d’étudiants non payées. Les étudiants sont nourris avec du coucous de chien (connu comme Only for Dog).

3. Il équipe les étudiants du PDCI avec des armes et les transforme en loubards contre ceux de la FESCI qui était vue comme une branche de l’opposition politique.

4. Il fait descendre dans la nuit du 17-18 mai 1991 sur la cité universitaire de Yopougon (où je résidais à l’époque), l’armée ivoirienne. Conduits par le Colonel Robert Guei, les militaires cassent de l’étudiant et commettent les premiers crimes d’Alassane. Des étudiants furent tués et enterrés nuitamment. Des étudiantes furent violées à merveille. Alassane dissout la FESCI et traque ses leaders et militants. L’opposition ivoirienne demande une commission d’enquête. Les résultats des investigations menées rendent l’armée coupable. Houphouet-Boigny refuse de sanctionner l’armée. En réponse, tous les partis politiques de l’opposition tiennent une marche le Mardi 18 Février 1992. Alassane Ouattara encore casse de l’homme. Gbagbo échappa à une attentive de d’assassinat intelligemment organisée par Alassane et ses maitres, et plusieurs personnes furent arrêtées et détenues pendant près de 6 mois.

5. Il instaure contre les textes de la cedeao la carte de séjour en Côte d’Ivoire et torpille les étrangers, particulièrement ceux qui ont des noms musulmans afin de les distinguer selon lui des musulmans ivoiriens et ‘renflouer les caisses de l’état’. La gendarmerie et la police en profitèrent pour rançonner tous les étrangers et commettre les abus de tous genres qui ont fini par semer la psychose chez tous les étrangers vivant sur le sol ivoirien.

6. Alassane Ouattara annonce qu’il faut étendre la Côte d’Ivoire au de-là des frontières du Burkina Faso pour inclure le Mali et créer un état qui parlera la même langue. Dans cette vision, des mosquées poussèrent partout à travers Abidjan, même au Plateau qui est le centre d’affaires de cette belle capitale.

Objectivement, tous ces actes devraient normalement interpeller la classe politique ivoirienne afin qu’elle prenne des mesures intelligentes pour contrer cet homme. Cela ne fut pas le cas. Selon le psychanalyste Sigmund Freud, les expériences qu’un enfant traverse durant son enfance, déterminent le type de personnalité qu’il devient plus tard dans sa vie. C’est exactement le cas de la Côte d’Ivoire. Les actes préliminaires d’Alassane étaient un présage de ce que la Côte d’Ivoire vit actuellement. Malheureusement, tous les politiciens ivoiriens ont mal géré cet homme qui, aujourd’hui endeuille la Côte d’Ivoire et fait le déshonneur de l’Afrique.

Toutefois, à la mort d’Houphouet, Bédié retourne sa veste pour enfin admettre qu’Alassane n’était effectivement pas ivoirien. Il introduit le concept d’ivoirité qu’il utilisa très mal, par ce qu’il faisait la publicité d’Alassane au lieu de le contraindre au silence. Bédié a fait encrer Alassane Ouattara dans les esprits des étrangers et des ivoiriens en Côte d’Ivoire comme un homme persécuté et victime. En psychologie, lorsqu’en parle mal de son adversaire, on contribue sans le vouloir à accroitre la côte de popularité de ce dernier, puisque chacun éprouve de la sympathie et devient curieux, et cherche à découvrir cet adversaire.

Et sans hésiter, Alassane a exploité cette naïveté politique de Bédié en sa faveur. Il dressa donc les gens du nord contre les autres ethnies de la Côte d’Ivoire. Pourtant c’est lui-même qui a initié cette catégorisation ethnique avec l’introduction de sa carte de séjour. Le comble de la naïveté politique provident de Laurent Gbagbo lui-même. Un acte et encore plusieurs autres erreurs qu’il regrette sans doute aujourd’hui à la Haye et il ne me dira pas le contraire, notre cher président.

En effet, au lieu de soutenir Bédié dans son mea-culpa contre Alassane, Gbagbo forma le Front Républicain avec le RDR d’Alassane Ouattara pour lutter contre le PDCI. Il justifiait cette association contre-nature avec Alassane en disant qu’il s’agissait d’une stratégie politique pour battre le PDCI. Mais il refusa de participer aux élections présidentielles de 1995 au nom du ‘boycott actif’.

Le revers de ce rapprochement bizarre avec Alassane était que Gbagbo entérinait et légitimait la nationalité ivoirienne douteuse d’Alassane que l’opposition avait remise en cause au départ. Etant très populaire en Côte d’Ivoire, Gbagbo n’a pas pris ce facteur en compte. Il n’a pas vu que ce rapprochement avec Alassane pouvait faire basculer beaucoup de personnes dans le camp de Dramane. Et cela a été fait et les résultats sont là aujourd’hui avec notre sang.

Lorsqu’un leader charismatique comme Gbagbo décide de former un front politique commun avec Alassane contre le PDCI, cela veut clairement dire une seule chose qui est claire: Alassane est ivoirien. Mettons-nous ensemble avec lui pour nous battre contre le pouvoir en place.

Un leader politique charismatique, est un rôle-model auquel son peuple s’identifie. Tous ses actes sont pris en exemple, qu’ils soient bons ou mauvais. D’autres ivoiriens ont alors rejoint le RDR. C’est cette naïveté dont nous payons tous avec lui-même aujourd’hui le prix dans le sang. Toute la classe politique ivoirienne a sous-estimé et considéré avec complaisance Alassane Ouattara depuis on arrivée en Côte d’Ivoire jusqu’au génocide des Guérés à Duekoue, et au kidnapping de Gbagbo le 11 Avril 2011 au palais présidentiel à Abidjan sous les bombes françaises.

Sur la base de ces faits réels de naïveté, peut-on aussi naïvement espérer à la libération de Gbagbo avec l’arrivée de François Hollande et Fatou Bensouda?

Si l’on part du principe unique et purement juridique, il faut reconnaitre que la CPI s’est mise très mal à l’aise de par les erreurs et errements juridiques et politiques de son procureur Ocampo. L’image de cette cour internationale est ternie par le transfèrement et détention de Gbagbo à la Haye. En clair cette instruction est juridiquement aux abois et veut refaire son image aux yeux du monde. Dans ce cas, les juges peuvent tourner dos aux politiciens et ordonner l’application stricte du droit contre le politique afin de réparer leur identité professionnelle endommagée dans le Gbagbogate. Ainsi Fatou Benssouda pourra rétablir l’ordre pour remettre notre président en liberté sans retenir la moindre charge contre lui et soigner les blessures de la CPI.

Soro Guillaume se verra donc inculpé et emprisonné sur la base des crimes qu’il a effectivement commis sous les regards hypocrites du monde entier. Je donnerai mérite au droit dans ce cas de mesure.

Toutefois, les Ivoiriens et Africains doivent éviter d’être naïfs et voir le procès de Gbagbo avec beaucoup de réserve. Je ne suis pas pessimiste et mon intention n’est pas de créer le doute chez les Ivoiriens et Africains. C’est une question d’objectivité, car il s’agit d’un procès d’intérêts économique et politique, et tout est joué d’avance. Alors, il faut aller avec prudence. Sinon Gbagbo n’aurait jamais été kidnappé et débarqué à la Haye. En clair, Il n’y aura pas de droit à la CPI. Le droit sera jeté par la fenêtre dans un ballet théâtral juridique où chacun viendra jouer sa part de comédie avec des articles taillés sur mesure pour justifier les charges contre Gbagbo et le condamner.

Pour y arriver, la CPI, sur instructions de Barack Obama, Sarkozy et François Hollande, va également transférer Soro Guillaume et le condamner. Fatou Bensouda ne pourra rien souder dans cette affaire car les décisions de ce procès sont déjà fixées depuis le 11 avril 2011 quand Laurent Gbagbo a été kidnappé par l’armée française en sa résidence à Abidjan. Tout a été déjà préparé. Fatou Bensouda est devant une situation accomplie et se trouve dans un état de dissonance cognitive. Elle a en face d’elle son propre frère qu’elle doit condamner. Ce qui est immoral mais elle doit accomplir aussi une mission qui lui est assignée. Ce qui crée chez elle une tension psychique.

Mais elle sait que sa nomination en remplacement d’Ocampo n’est pas une promotion fortuite. Elle sait que cela répond à un seul souci politique mais non juridique. Elle sait aussi qu’elle sera utilisée et sacrifiée tout comme Soro Guillaume. Ocampo a tout préparé avec sa bande, et Fatou Bensouda sera utilisée pour faire condamner Gbagbo et dire qu’il a été emprisonné par sa propre sœur africaine et chanter par tout que le procès a été équitable et juste et que le droit a été dit. C’est la méthode impérialiste classique d’utilisation des africains contre les Africains. Et puisque la dignité n’a pas de sens pour l’Africain, Fatou Bensouda viendra exécuter les décisions prises pour enfermer son propre sous les acclamations des occidentaux qui la qualifieront d’éminente juriste, bien sûr, pour service bien accompli. C’est le cas d’Houphouet-Boigny qui était décrit comme le sage d’Afrique par la France, alors que dans la réalité, il fut l’homme le plus stupide que nous ayons connu en Afrique.

Soro Guillaume dont la place est normalement à la CPI, servira alors à accompagner et renforcer la décision juridique d’un procès économique et politique qui sera prise. C’est justement pour cette raison que la secrétaire d’état américaine Hilary Clinton déclarait lors de son passage à Abidjan que Soro Guillaume doit être transféré à la CPI, ne serait-ce qu’à titre de témoin.

C’est un message codé qu’elle a donné, mais les Ivoiriens ont naïvement vu dans ce message une vraie épée pendue sur la tête de Soro. Toutefois les Ivoiriens ont raison de penser ainsi au vu des crimes commis par ce bout d’homme. Logiquement Soro Guillaume a sa place à la CPI. Mais ce n’est pas du tout ce que Clinton voudrait dire à travers son message. Elle disait tout simplement que Soro doit être remis à la CPI afin d’aider à la condamnation de Gbagbo dans la mesure où le transfèrement de ce dernier à la Haye a produit des effets contraires et inattendus qui pourraient les éclabousser tous. Chez les Akans, lorsqu’un roi meurt, on le fait accompagner d’esclaves dans sa tombe. C’est le rôle que va jouer Soro Guillaume dans ce film.

La déclaration de Clinton est donc une menace contre Gbagbo mais non contre Soro. Mettre Soro a la CPI, c’est neutraliser les chances de GBAGBO de faire éclater toute la vérité. La première performance de Gbagbo en audience à la Haye a donné des sueurs froides à Obama, Sarkozy et l’ONU. D’où la nécessité de créer une parité entre le camp Gbagbo et le camp Ouattara en faisant remettre Soro à la CPI à titre décoratif.



Les récentes sorties de Soro à Singapour et à l’assemblée nationale de France ne sont que de la poudre aux yeux du monde. Soro sait et est convaincu qu’il ira à la CPI pour aider à la condamnation de Gbagbo. Il fait du tapage international pour faire croire qu’il est aussi poursuivi par la CPI pour crimes contre l’humanité. Ce qu’il est entrain de faire, dans la réalité, c’est préparer l’opinion internationale pour accepter la condamnation de Gbagbo par la CPI, Contrairement aux ivoiriens qui pensent que Soro est menacé par la CPI, je pense que Soro n’est pas du tout inquiété et qu’il est prêt pour s’offrir en mouton de sacrifice pour le maintien de Gbagbo en prison et se faire libérer par la suite par la CPI pour insuffisance de preuves. Soro est un homme très logique dans le mal. Il ira jusqu’au bout de sa feuille de route comme Gbagbo.

Ivoiriens et Africains, arrêtons d’être naïfs. Ouvrons nos yeux grandement. L’Afrique est en retard économiquement parce que nous sommes naïfs. Il n’est donc pas question de faire confiance à François Hollande pour sauver l’Afrique. Nous devrons nous battre dans la solidarité pour notre vraie liberté et bien-être social, mais pas compter sur François Hollande ou quiconque pour quoique ce soit. Mon prochain article portera sur François Hollande et la françafrique

Par Anderson Loa, Professeur de Psychologie. Angleterre

Egypte: La cour a ordonné la suspension du décret présidentiel

  • PDF


La Haute cour constitutionnelle (HCC) égyptienne a décidé mardi de suspendre l’application du décret du président égyptien, Mohamed Morsi, qui avait ordonné le rétablissement du Parlement, invalidé mi-juin par cette même cour. L’Assemblée du peuple, est dissoute mi-juin par la HCC, s’était réunie mardi matin après un décret de M. Morsi ordonnant son rétablissement.

«La cour a ordonné la suspension du décret présidentiel» a indiqué une source judiciaire. Dimanche, huit jours après sa prise de fonction, Morsi, issu des Frères musulmans, a annulé par décret la décision de la HCC qui avait invalidé le 14 juin le Parlement, en raison d’un vice dans la loi électorale.

Le Parlement illégal

Mais, selon la même source, «la cour a ordonné que sa précédente décision (invalidant les élections et déclarant le Parlement illégal, NDLR) soit appliquée». Le président de la chambre basse, le Frère musulman Saad al-Katatni, a indiqué mardi que le Parlement avait renvoyé l’affaire de l’invalidation du Parlement devant la Cour de Cassation.

Les avocats de Morsi ont immédiatement dénoncé une décision «politique», disant craindre qu’elle ne complique encore la crise dans le pays. «Ce jugement est nul et non avenu», a notamment déclaré l’un d’eux, Abdel Moneim Abdel Makssoud, lisant un communiqué à la presse.

Dans le même temps, des milliers de personnes se sont réunies sur l’emblématique place Tahrir, au Caire, pour manifester leur soutien à Morsi et scander des slogans hostiles à l’armée, à qui Hosni Moubarak, chassé par la rue en février 2011, avait remis les rênes du pays, et jugée de mèche avec la HCC.

Boycott de la session

A l’ouverture de la session mardi, le président de la chambre basse, Saad al-Katatni, avait assuré que le Parlement ne contrevenait pas à la loi en siégeant malgré tout. La position de Katatni est conforme à celle de la présidence, pour qui le décret de Morsi «ne contredit ni ne contrevient» au premier jugement de la HCC car ce dernier peut ne pas être «immédiatement» appliqué.

Katatni a indiqué dans un communiqué que le Parlement avait renvoyé l’affaire de l’invalidation de la chambre basse devant la Cour de Cassation. Les députés des Frères musulmans et des fondamentalistes salafistes, qui dominent l’Assemblée, étaient présents mardi, mais les élus d’autres partis notamment libéraux ont boycotté la session, certains qualifiant le décret du président de «coup d’Etat constitutionnel».

Après la dissolution de l’Assemblée, le Conseil suprême des forces armées (CSFA) a récupéré le pouvoir législatif, provoquant la colère de ceux qui veulent les voir quitter la politique. L’armée a appelé lundi au respect de «la loi et de la Constitution».

Une tâche difficile

Ces derniers développements illustrent l’épreuve de force engagée entre le nouveau président et le CSFA, surtout après l’adoption par les militaires d’une «Déclaration constitutionnelle complémentaire» qui a considérablement affaibli la fonction présidentielle.

Les Frères musulmans avaient accusé les militaires d’avoir orchestré la dissolution du Parlement pour s’adjuger le pouvoir législatif, dénonçant un véritable «coup d’Etat». La HCC a assuré qu’elle «n’était partie prenante dans aucune lutte politique» et que sa mission était de «protéger» la Constitution. Elle est néanmoins accusée par plusieurs groupes et hommes politiques d’être partiale.

Réactions internationales

La secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton, qui doit rencontrer le président égyptien ce week-end, a réclamé un «dialogue intensif entre tous les protagonistes» en Egypte, tandis que le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, s’est dit confiant que l’Egypte surmonterait la crise.

«J’ai l’impression qu’une solution peut être trouvée», a dit Westerwelle après un entretien avec Morsi. «Il n’y a toujours pas de garantie que le chemin vers la démocratie sera couronné de succès mais nous voulons faire ce que nous pouvons pour assurer son succès».

La HCC a pour sa part été saisie de plaintes déposées contre le décret présidentiel. L’Assemblée du peuple s’est réunie mardi matin défiant ainsi l’armée et la justice sur fond de crise politique et judiciaire.


Source: ats/afp/Newsnet

Communiqué final de la 2ème reunion du groupe de contact sur le Mali,Ouagadougou, le 7 juillet 201

  • PDF

 

1. A l'invitation de Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE, Président du Burkina Faso, Médiateur de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) dans la crise malienne, la deuxième réunion du Groupe de contact pour le Mali s'est tenue à Ouagadougou, le 7 juillet 2012.


2. Etaient présents à cette réunion :


§ SEM Thomas Boni YAYI, Président de la République du Bénin ;


§ SEM Blaise COMPAORE, Président du Burkina Faso ;


§ SEM Alassane OUATTARA, Président de la République de Côte d'Ivoire ;


§ SEM Mahamadou ISSOUFOU, Président de la République du Niger ;


§ SEM Goodluck Ebele JONATHAN, Président de la République Fédérale du Nigeria ;


§ SEM Faure Essozimna GNASSINGBE, Président de la République


Togolaise ;


3. Ont été entendus par le Groupe de contact en qualité d'invités, le Gouvernement de Transition de la République du Mali, représenté par Madame Rokiatou Guikine TRAORE, Ministre de l'Intégration Africaine et des Maliens de l'Extérieur, ainsi que les représentants des forces vives et de la société civile notamment :


§ l'Assemblée Nationale ;


§ le Haut Conseil des Collectivités Territoriales ;


§ les partis et formations politiques représentés ou non à l'Assemblée Nationale : ADEMA/PASJ, URD, PARENA, PDES, UDD, UMAM, CNAS-


FASO HERE, UFDDP, CODEM, PSP, URP, CR, PE ;


§ le Collectif des Ressortissants du Nord (COREN) ;


§ la CAFO ;


§ la FENACOF ;


§ le Réseau Paix et Sécurité des Femmes de l'Espace CEDEAO/Mali ;


§ l'Alliance des Femmes pour un Mali Uni ;


§ l'APDF ;


§ la Maison de la Presse du Mali ;


§ la Centrale Syndicale UNTM


§ le Secteur Privé ;


§ le Conseil National des Jeunes.


5. Le Président de la Commission de la CEDEAO, Monsieur Kadré Désiré


OUEDRAOGO, le Président de la Commission de l'Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), Monsieur Cheick Adjibou SOUMARE, le Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies, Monsieur Saïd DJINNIT et le Représentant de l'Union Européenne, Monsieur Manuel LOPEZ BLANCO ont également participé aux travaux en qualité d'observateurs.


6. La réunion du Groupe de contact sur le Mali s'est tenue conformément à la recommandation du 41ème Sommet des Chefs d'Etat et de Gouvernement de la CEDEAO, tenu à Yamoussoukro, en République de Côte d'Ivoire, les 28 et 29 juin 2012, et visait à faciliter la mise en uvre des recommandations pertinentes de ce Sommet, à savoir, rétablir l'intégrité territoriale du Mali, sécuriser les institutions et assister le Mali pour l'organisation d'élections présidentielles justes, transparentes et crédibles sur la base d'une feuille de route.


7. Afin de favoriser la mise en uvre de ces objectifs, les Chefs d'Etat et de Gouvernement de la CEDEAO ont mandaté le Médiateur, avec le soutien du Groupe de contact, de mettre urgemment en place un cadre de consultation avec la participation de toutes les parties prenantes notamment les forces vives et la société civile.


8. A cette occasion, les membres du Groupe de contact ont entendu les messages du Gouvernement, des Forces vives et de la Société civile de la République du Mali. Dans leurs messages, les différents acteurs de la vie sociopolitique malienne ont exprimé leur profonde préoccupation face à la persistance de la double crise sécuritaire et institutionnelle que vit le Mali depuis le début de l'année 2012. Ils ont, en particulier, souligné les souffrances subies par les populations du nord du Mali du fait de l'occupation de cette zone par des mouvements armés et des groupes criminels et ont exprimé leur solidarité à leur égard.


8. Les acteurs maliens ont également condamné sans appel la destruction par les mouvements armés des biens culturels, notamment les lieux saints de Tombouctou qui font partie du patrimoine culturel mondial. Ils ont appelé à une action diligente de la CEDEAO et de la Communauté Internationale pour mettre fin aux violences contre les populations, aux destructions et au fanatisme religieux.


9. Concernant le processus de sortie de crise, les acteurs sociopolitiques maliens ont réitéré leur volonté de trouver une solution rapide de sortie de crise. A cet égard, ils ont souligné l'urgence d' uvrer à la stabilisation des institutions républicaines et la nécessité de former un gouvernement d'union nationale, ainsi que l'urgence de réorganiser et de renforcer les capacités opérationnelles de l'Armée avec le concours de la CEDEAO et de la communauté internationale.


10. Les Chefs d'Etat du Groupe de contact et le Médiateur ont pris acte des préoccupations et des visions de sortie de crise exprimées par les acteurs sociopolitiques maliens et, après délibération, sont parvenus aux conclusions, recommandations et décisions suivantes :


I. De la nécessité d'une consolidation de l'ordre constitutionnel et de la continuité de l'Etat


11. Le Groupe de contact se réjouit du retour à l'ordre constitutionnel au Mali. Il demande à la CEDEAO de prendre des mesures spécifiques, de concert avec le Gouvernement malien, afin de protéger et de consolider les institutions de la République et d'assurer leur fonctionnement régulier.


12. Il invite également la CEDEAO à appuyer le Gouvernement de la République du Mali en vue d'organiser le retour au Mali du Président de la République par intérim, Son Excellence Monsieur Dioncounda TRAORE, et d'assurer sa protection et son intégrité physique.


13. Afin de favoriser la stabilité politique et de créer les conditions propices à une sortie de crise apaisée, les Chefs d'Etats membres du Groupe de contact soutiennent la demande des forces vives du Mali, y compris la classe politique et la société civile, et les invitent à procéder à des consultations et à formuler au Président de la République par intérim des propositions en vue de la formation avant le 31 juillet 2012 d'un gouvernement d'union nationale chargé de la mise en uvre d'une feuille de route de sortie de crise. Par ailleurs, ils exigent que toute la lumière soit faite sur l'agression physique contre le Président Dioncounda TRAORE et que des poursuites soient engagées contre les auteurs de cette agression.


14. Les Chefs d'Etats membres du Groupe de contact expriment leur vive préoccupation quant à la situation vécue par les populations vivant au Nord du Mali du fait de l'occupation de cette partie du pays par des mouvements armés et de l'absence des services de l'Etat. Ils lancent un appel pressant au Gouvernement du Mali, afin qu'il prenne les mesures nécessaires, avec l'appui de la CEDEAO, pour rétablir l'autorité et l'administration de l'Etat sur l'ensemble du territoire national.


15. Les Chefs d'Etat membres du Groupe de contact exhortent le Gouvernement malien à adopter, sans délai, une feuille de route devant conduire à une sortie de crise apaisée par le recouvrement de l'intégrité territoriale et l'organisation d'élections justes, transparentes et crédibles auxquelles le Président par intérim, le Premier Ministre et les membres du Gouvernement de transition ne seront pas candidats.


16. Les Chefs d'Etat membres du Groupe de contact exhortent le Gouvernement malien à saisir l'Assemblée Nationale en vue de la prorogation du mandat des membres du Haut Conseil des collectivités territoriales et du Conseil


Economique, Social et Culturel.


II. De la gestion de la crise au Nord du Mali


17. Concernant la crise sécuritaire au nord du Mali, le Groupe de contact rappelle que l'intégrité territoriale et la souveraineté du Mali, ainsi que la laïcité de l'Etat et la liberté de religion sont non négociables. Il lance un appel solennel à l'ensemble des acteurs sociopolitiques maliens, y compris aux mouvements armés occupant abusivement le nord du pays, afin qu'ils privilégient le dialogue et uvrent de concert pour préserver la cohésion sociale et l'unité nationale. Il exhorte, par conséquent, les mouvements armés maliens à se démarquer des groupes terroristes et de tout extrémisme, afin de permettre un dialogue inclusif et une sortie de crise rapide.


18. Les Chefs d'Etat membres du Groupe de contact encouragent le Gouvernement malien à mettre en place une structure nationale chargée d'engager avec les mouvements armés du nord du Mali des pourparlers de paix sous les auspices du Médiateur de la CEDEAO, afin de rechercher, par le dialogue, des solutions politiques négociées à la crise.


19. Ils exhortent la CEDEAO à apporter un soutien pour le renforcement des capacités de l'Armée malienne, afin de lui permettre de s'acquitter de sa mission régalienne de défense du territoire national et de protection des institutions, des personnes et des biens.


20. Le Groupe de contact invite le Gouvernement malien à établir une coopération dynamique et soutenue avec la CEDEAO, l'Union Africaine et l'Organisation des Nations Unies en vue d'une gestion efficace de la crise au nord du Mali. A cet égard, il exhorte le Président de la République par intérim à adresser sans délai une requête à la CEDEAO et aux Nations Unies en vue du déploiement d'une force de la CEDEAO pour soutenir l'Armée malienne dans sa mission régalienne de défense du territoire national.


III. De la protection des droits civils, économiques, sociaux et culturels




21. Les Chefs d'Etat membres du Groupe de contact sur le Mali rappellent au Gouvernement malien, aux mouvements armés occupant le Nord du pays et à tous les autres acteurs sociopolitiques maliens leurs obligations de respecter et de faire respecter les droits humains et les libertés fondamentales, conformément à la Constitution malienne et aux instruments internationaux auxquels le Mali a souscrit. Ils les engagent à prendre les mesures nécessaires pour garantir le respect des droits individuels et collectifs sur l'ensemble du territoire malien.


22. Ils les invitent, instamment, à prendre les mesures nécessaires pour garantir l'accès des populations aux services sociaux de base, en particulier, l'éducation, la santé, l'eau et l'alimentation.


23. Par ailleurs, les Chefs d'Etat du Groupe de contact, très préoccupés par la situation humanitaire tragique dans le nord du Mali, lancent un appel pressant


à la Communauté Internationale, pour apporter une aide humanitaire d'urgence aux populations du nord du Mali et aux personnes déplacées ou réfugiées dans d'autres pays, et l'exhorte à leur fournir une assistance humanitaire accrue et à soutenir la création d'un fonds d'assistance humanitaire. A cette fin, ils demandent aux mouvements armés occupant le nord du Mali de faciliter les opérations d'assistance humanitaire engagées sous l'égide de la Communauté Internationale. Ils les tiendront responsable de toute dégradation de la situation humanitaire dans le nord du Mali.


24. En outre, ils encouragent le Gouvernement malien à prendre les dispositions utiles pour renforcer sa coopération avec l'ensemble des partenaires techniques et financiers du Mali, afin de préserver le tissu économique du pays et de répondre aux besoins fondamentaux des populations maliennes sans exclusive.


IV. Des mesures d'apaisement et de confiance


25. Le Groupe de contact sur le Mali lance un appel pressant à toutes les parties prenantes à la crise malienne pour un arrêt complet des hostilités avant le début du mois de Ramadan. Il appelle les mouvements armés occupant le nord du Mali à mettre fin immédiatement à la destruction des monuments historiques de Tombouctou et invitent la Communauté Internationale à créer un fonds spécial destiné à la restauration et à la préservation de ces monuments qui sont classés dans le patrimoine mondial des biens culturels. Il demande la libération immédiate de toutes les personnes arbitrairement détenues. Il demande en outre à la Cour pénale internationale (CPI) de procéder aux investigations nécessaires à l'identification des auteurs de crime de guerre et à engager les poursuites nécessaires à leur encontre.


26. Les Chefs d'Etat membres du Groupe de contact exhortent vivement le Gouvernement du Mali à adopter, avant la fin du mois de juillet 2012, une feuille de route de sortie de crise, en concertation avec le Médiateur de la CEDEAO.


27. Les Chefs d'Etat réitèrent la décision du 41ème sommet de la Conférence des Chefs d'Etat et de Gouvernement de la CEDEAO de déployer les forces en attente de la CEDEAO au Mali dans les meilleurs délais pour aider à la stabilisation des institutions et à la restauration de l'intégrité territoriale du Mali ainsi que la sécurisation du territoire.


28. Ils encouragent le Gouvernement malien, les mouvements armés occupant le Nord du Mali, ainsi que les autres acteurs sociopolitiques maliens à mettre pleinement en uvre les dispositions pertinentes de la résolution 2056 (2012) du Conseil de Sécurité des Nations Unies du 5 juillet 2012.


29. Les Chefs d'Etat membres du Groupe de contact rappellent que tous ceux qui s'opposeront au bon déroulement de la transition et aux décisions de la CEDEAO s'exposeront à des sanctions individuelles ou collectives.


Ouagadougou, le 7 juillet 2012.


Le Groupe de contact sur le Mali

 

 

Source: African Press Organization