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Afrique du Sud : le prix à payer pour assumer sa sexualité.

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Selon l'association Luleki Sizwe basée au Cap, 31 lesbiennes ont été tuées au cours de la dernière décennie en Afrique du Sud. Chaque semaine, plusieurs lesbiennes seraient violées dans le pays, mais il est difficile de connaître l'ampleur exacte du phénomène en raison de l'absence de statistiques officielles. Les victimes lesbiennes vont rarement porter plainte au commissariat le plus proche car elles y trouvent souvent des policiers qui préfèrent fermer les yeux et qui pour certains d'entre eux, estiment même qu'elles l'ont "bien mérité", favorisant ainsi une culture de l'impunité.


L’Afrique du Sud étant un des seul pays Africains où le mariage homosexuel ainsi que les adoptions pour ces couples soient autorisé, il est cependant devenu un vrai danger pour les femmes qui assument leur homosexualité. En effet l’homophobie qui règne dans le pays est source de haine et de crimes envers ces femmes qui ne demandent qu’à être libre de s’aimer.

En avril 2008, le viol et le meurtre d'Eudy Simelane, joueuse de foot de l'équipe sud-africaine, ouvertement lesbienne, a attiré l'attention de la communauté internationale sur les violences que subissent les homosexuelles sud-africaines. Son meurtrier a été condamné à la prison à vie. Mais quand il s'agit de victimes anonymes, beaucoup d'agresseurs échappent donc à la justice. Depuis plus de 30 ans, l'association féministe People Against Women Abuse (POWA) se bat contre les violences et les discriminations à l'encontre des femmes. Aujourd'hui, elle dispose de bureaux dans le centre-ville de Johannesburg ainsi que dans la plupart des townships qui entourent la métropole. «Nous avons notamment deux centres d'accueil d'urgence pour les femmes battues», explique Carrie Shelver, membre de POWA. «Nous fournissons également une assistance juridique gratuite, des services médicaux et un service d'écoute».

Parmi les femmes qui se tournent vers l'association, beaucoup ont été victimes de viols. Et parmi elles, bon nombre de lesbiennes. «On estime qu'il y aurait entre 600.000 ou 700.000 viols par an. Peut-être beaucoup plus», poursuit Carrie Shelver. «Moins d'un viol sur 10 est déclaré. Et moins de 5% des agresseurs contre qui une plainte a été déposée sont condamnés. Dans beaucoup de cas, on considère qu'il n'y a pas assez de preuves... ou que la victime était consentante. Et si elle est ouvertement lesbienne, les juges lui sont généralement hostiles».

Le constat de cette investigation est tout simplement affligeant, la société sud africaine est elle réellement misogyne et homophobe ? Le fait de légaliser le mariage pour les couples homosexuels dans ce pays serait donc insuffisant. Les mœurs ainsi que les us et coutumes d’un pays autorisent elles des citoyens à s’auto-proclamer juges et par la même occasion à condamner par des crimes des femmes qui ne font que s’aimer ?

 

PP-PM Membre du Map