Africa Libré

L'autre actualité africaine

Mon09252017

Last update06:17:28 AM GMT

Back Société

Société

Affaire Michel Gbagbo: Un rapport contre Soro remis aux députés français La mère et les avocats de Michel Gbagbo protestent

  • PDF

L’affaire Michel Gbagbo continue de faire des vagues en France. Outre la plainte avec constitution de partie civile, déposée auprès du Tribunal de Grande Instance à Paris contre Guillaume Soro et dix (10) chefs de guerre de l’ex-rébellion, les avocats et parent du fils de Laurent Gbagbo ont tenté hier d’empêcher l’audience accordée par le président du Parlement français Claude Bartolone, à son homologue ivoirien.

Guillaume Soro a en effet été reçu hier lundi 2 juillet 2012 dans l’après-midi, à l’hôtel de Lassay à Paris par Claude Bartolone. Une rencontre fortement décriée par les anti-Soro. C’est d’abord la mère française de Michel Gbagbo, Jacqueline Chamois, qui a produit un communiqué de presse dont copie nous est parvenu hier, pour dénoncer cette rencontre entre les deux présidents de Parlement. « Cette audience me paraît, en tant que citoyenne française mère d’un ressortissant français détenu depuis le 11 avril 2011 d’abord à Abidjan, puis à Bouna, choquante et scandaleuse. Elle est en totale contradiction avec le « changement » annoncé par les nouvelles autorités françaises, notamment en ce qui concerne le traitement de la question ivoirienne, et plus largement avec la défense des droits de la personne humaine », s’est-elle offusquée d’entrée. Et d’ajouter : « Mon fils, Michel Gbagbo a été enlevé le 11 avril 2011, et détenu illégalement pendant des mois par des hommes sous l’autorité de Monsieur Guillaume Soro. Une plainte avec constitution de partie civile pour enlèvement, séquestration, et traitements inhumains et dégradants, a été déposée le lundi 25 juin 2012 devant le doyen des juges d’instruction du Tribunal de Grande Instance de Paris par Maître Habiba Touré, son avocate, dans le cadre de cette affaire. Les autorités françaises en sont informées, et ne peuvent ignorer le rôle de Monsieur Guillaume Soro dans les faits criminels qui lui sont reprochés. J’exhorte donc Monsieur Claude Bartolone, Président de l’Assemblée Nationale, à ne pas recevoir le geôlier d’un ressortissant français qui demeure détenu du seul fait de son patronyme ».

Dans la droite ligne de cette protestation et à la suite de la mère de Michel Gbagbo, ce sont ses avocats, en l’occurrence Maîtres Habiba Touré et Serges Mommy Gbè, qui ont pris le relais. Me Touré et son confrère ont rédigé un rapport de 16 pages intitulé « Michel Gbagbo, le captif de Bouna. Un citoyen français dans les geôles de Ouattara », qu’ils ont adressé au président du Parlement français Claude Bartolone, ainsi qu’aux 576 députés de cette Assemblée nationale.

Ce document retrace les différents épisodes de la crise post-électorale, qui s’est soldée par une sanglante guerre et la chute du régime de Laurent Gbagbo. Avec des photos d’un Michel Gbagbo malmené par des éléments des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) à son arrivée à l’hôtel du Golf, alors Quartier général (QG) d’Alassane Ouattara, le document de Me Habiba et Mommy Gbè fait mention des conditions difficiles dans lesquelles les pro-Gbagbo étaient traités, non sans évoquer « une détention arbitraire » de Michel Gbagbo.

Les avocats du fils de l’ex-président accusent surtout Guillaume Soro, Premier ministre et ministre de la Défense au moment des faits, ainsi que dix (10) des chefs de guerre de l’ex-rébellion, d’être les auteurs des souffrances de leur client. D’où la plainte déposée contre le patron de l’ex-rébellion et les anciens commandants de zone. « On peut retenir que depuis sa capture le 11 avril 2011, Michel Gbagbo a vu ses droits les plus élémentaires régulièrement bafoués. Il fut molesté et détenu arbitrairement à l’Hôtel du Golf, avant d’être illégalement transféré à Bouna où il y sera séquestré jusqu’à ce qu’intervienne son inculpation au mois d’août 2011. Dès lors, et bien qu’aucune charge ne puisse réellement être retenue à son encontre, Michel Gbagbo fait l’objet d’une mesure de détention préventive, et ceci sous la surveillance des mêmes personnes qui l’avaient illégalement détenu et filmé dans des circonstances inhumaines et humiliantes. Depuis le 11 avril 2011, Michel Gbagbo a vu sa santé se dégrader, ce qui a eu pour conséquence des séjours à l’Hôpital. Cependant, les avocats n’ont jamais été autorisés à rendre visite à Michel Gbagbo lors de chaque hospitalisation. Ainsi, les droits de Michel Gbagbo ont toujours été régulièrement bafoués par les autorités ivoiriennes, ce qui permet d’émettre de grandes réserves quant à l’assurance d’un procès équitable et au respect des droits de la défense. Dès lors, la détention de Michel Gbagbo réunit en fait tous les critères d’une prise d’otage ou d’un emprisonnement politique », conclut le document.

Merci de signer la pétition : "Aidez à sortir Michel Gbagbo des griffes des hommes de Ouattara et Soro" sur Avaaz.org

Hamadou ZIAO

Côte d'Ivoire : 4 pro-Gbagbo enlevés pour une destination inconnue

  • PDF

Sylvain Zéliarou, Sidibé Mamadou, Sylvain Arthur Obou Anibié et Kacou, 4 jeunes gens pro-Gbagbo, enlevés le 19 Juin dernier à Gagnoa ont été conduits à une destination inconnue. Leurs familles, amis et connaissances sont très inquiets eu égard au faisceau de tortures que le régime liberticide d’Alassane Dramane Ouattara utilise pour arracher des aveux à qui il veut. Les 4 jeunes gens sont accusés d’atteinte à la sûreté de l’Etat.

Les autorités locales des forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) sont incapables d’apporter la moindre preuve. C’est toujours motus et bouche cousue. Pourtant, le jour des enlèvements, elles avaient promu faire, dans les plus brefs délais, toute la lumière sur cette affaire. Sont-elles en train de chercher, après coup, les preuves de l’accusation? Tout porte à le croire aux dires de M Léandre Guika Diokri, secrétaire administratif de la fédération FPI de Gagnoa.

« Quand nous avons eu l’information des enlèvements de nos camarades, nous avons immédiatement lié langue avec M. Rémi N’Zi Kangah, préfet de la région du Gôh, préfet du département de Gagnoa. Celui a marqué sa surprise et son étonnement. Le chef de l’administration locale de Gagnoa nous a conseillés de rencontrer le lieutenant Diomandé Vassézé, commandant de la compagnie FRCI de la région du Gôh. Ce que nous fumes. Nous nous rendons au camp FRCI (ex-camp CRS), le 21 Juin 2021. Le maître des lieux nous présente ses prisonniers. Quand nous avons demandé à savoir les raisons de leur détention, le sergent Soro Zana Yaya, chef de sécurité FRCI de la région du Gôh, nous charge avec morgue en ces termes : « Vous savez très bien ce qui leur est reproché. Un coup d’Etat était en préparation contre le président Alassane Ouattara. Vous ne l’ignorez pas puisque vous êtes des responsables locaux du FPI. Les troubles devaient commencer, le 18 Juin 2012, date du début de l’audience de Gbagbo». «Le FPI n’est pas un parti de putschistes. Si vous voyez quelqu’un en train de faire un coup d’Etat, c’est pour son compte et non pour celui du FPI. Le parti de Laurent Gbagbo ne connait pas et n’a aucune cache d’armes. Si vous en connaissez, dites-le nous », a réagi sèchement M Joachim Bili Gbalou, secrétaire national FPI par intérim chargé des fédérations du Gôh ». Cette mise au point a ramené les hôtes de la délégation du FPI sur terre. Ils leur ont promis que les 4 détenus allaient recouvrer la liberté, le 27 Juin dernier, le temps pour eux de faire les contrôles d’usage.

C’est donc avec consternation que M. Léandre Guika Diokri et ses amis ont appris que les jeunes gens ont été conduits à une destination inconnue. Ils se demandent pourquoi cette promesse de mise en liberté n’a pas été tenue. A part le fait qu’Alassane Ouattara est en train de battre toutes ses cartes pour réduire son opposition au silence, cette folle rumeur selon laquelle les 4 jeunes gens ont été conduits à une destination inconnue parce qu’ils auraient refusé de payer la somme de 500 000 Frs. Vrai on faux. Cette rumeur a envahie toutes les rues de Gagnoa.

Marius Dangan Kpan

San Pedro : 30 personnes favorables à Gbagbo enlevées !

  • PDF

Depuis le 6 juin 2012, les partisans du Président Gbagbo n'ont plus le sommeil tranquille dans la région de San Pedro. Sur des dénonciations de certains éléments des Frci enrôlés dans la ville au plus fort de la crise, des personnes supposées proches de l’ancien régime sont enlevés en masse, ces derniers temps, et conduits à des destinations inconnues. Certaines sources indiquent que ces prisonniers politiques sont déportés vers Abidjan où ils sont détenus au secret.

Du 6 au 8 juin, plus de 32 personnes soupçonnées d’être favorables au Président Laurent Gbagbo ont reçu la visite d’éléments des forces armées pro-Ouattara (Frci) au motif qu’elles prépareraient un coup d'Etat contre le régime Ouattara.

Le 6 juin à 5h du matin, René Yao Konan a reçu la visite des Frci à son domicile au quartier Séwéké 5. Deux de ces éléments des Frci ont escaladé la clôture pour s’introduire dans la cour avant de frapper à la fenêtre. Sorti de son sommeil, Yao Konan se trouve nez à nez avec des Frci et des gendarmes qui ont aussitôt envahi la maison. Une fouille est faite, mais elle est infructueuse relativement aux armes que ce « pro-Gbagbo » est accusé d’avoir cachées. Malgré tout, il est conduit à la gendarmerie.

Quelques minutes plus tard, c'est Jean Michel Beugré qui est surpris dans son sommeil et enlevé devant sa femme et ses enfants. Le 7 juin, ce fut au tour de Dago Jean Rivière d’être arrêté sur son lieu de travail, selon des témoins.

Depuis, des arrestations des partisans de Gbagbo ou soupçonnés comme tels sont en cours dans tous les quartiers de la ville. 30 personnes sont actuellement mises aux arrêts et cantonnées à la gendarmerie de Séwéké. Vu la manière dont ces personnes sont traquées et traitées, on ne doute pas des violations flagrantes de leurs droits.

San Pedro ressemble actuellement à une ville sous couvre-feu à partir de 20h.

A. Dadge Debolley

Un Africain, un arbre campagne 2012.

  • PDF

Quand le dernier arbre aura été coupé...

« Quand le dernier arbre aura été coupé, quand la dernière rivière aura été empoisonnée, quand le dernier poisson aura été pêché, seulement après tout ça, vous vous apercevrez que l’argent ne se mange pas ! »

Geronimo.

Le 21ème  siècle est marqué par des bouleversements climatiques sans précédents atteignant tous les continents. Ainsi, le réchauffement de la terre se ressent partout entrainant une utilisation effrénée de l’énergie pour faire fonctionner des climatiseurs ou autres équipements fournissent de la fraîcheur. Ce réchauffement est la conséquence du non respect de l’environnement et de la nature. Pour remédier à cela, il importe que chaque Individu puisse jouer un rôle important afin de redonner à notre planète, ces propriétés initiales qui lui permettaient de freiner les bouleversements climatiques. Ainsi, après de longues analyses et de constats, il a été remarqué que la déforestation, le déboisement… En somme, la destruction du couvert végétal terrestre au profit des villes et des unités industrielles contribue très fortement aux bouleversements climatiques. L’Afrique n’est pas épargnée par ces changements. Elle est plus tôt très exposée. En effet, ces changements entraînent en Afrique, une augmentation de la température, une diminution de la pluviométrie avec pour conséquence la sécheresse, la famine…

Afin de participer à la lutte contre les bouleversements climatiques, Patrice PIARDON et Gautier MONTCHO AGBASSA ont décidé de mettre en place le projet « UN AFRICAIN UN ARBRE » qui deviendra avec votre aide un mouvement  ayant pour objectif de pousser les Africains à réduire le rythme de la déforestation et d’apprendre à planter et à entretenir les arbres.

Personne n’ignore l’importance de l’arbre dans la vie humaine mais il est regrettable d’assister en Afrique à la naissance des villes et des villages dépourvues d’arbres ce qui entraine un réchauffement de ces villes et villages. La chaleur ardente pousse les populations à l’utilisation sans cesse croissante de l’énergie électrique pour faire tourner les ventilateurs, les climatiseurs...
On est face à des quartiers, des villes et des villages sans ombrages.  
Le projet de plantation des arbres en zones urbaine et périurbaine au BENIN a pour but de faire prendre conscience à la population béninoise de l’importance de l’arbre dans notre vie. Ainsi, le projet est basé sur la pleine participation des populations.
Les arbres seront plantés dans les concessions et devant les maisons et entretenus par les occupants.
Une équipe sera constituée au niveau de chaque ville, village et quartier d’Afrique pour assurer le déroulement et la durabilité du Projet.
Les plants seront localités par un GPS et matérialisés sur une carte afin de faciliter le suivi du projet.

Le projet offre aux adhérents des arbres aux choix et une assistance technique. Le reste du travail revient aux adhérents et aux Associations des villes, de quartiers et de villages.
Cette stratégie sera utilisée au démarrage du projet mais pourra connaître des changements au fil du temps. Elle sera couplée à l’éducation, à la formation, à l’enseignement…

Il faut rappeler que le projet a commencé depuis juillet 2011. Il a été lancé dans la commune d’Abomey-calavi dans l’Arrondissement de la Zoca. Le lancement a connu la participation de plus d’une cinquantaine personne qui ont bénéficié d’un arbre et on accepté de signer un engagement d’entretien (voir photo).

Un Africain, un arbre édition 2012.

Cette phase va connaître une extension de la zone d’intervention, beaucoup plus de ménages seront touchés par le projet soit deux cent cinquante (250) ménages. Un suivi des anciens arbres sera effectué avec une formation ou une sensibilité pour les effets bénéfiques de l’arbre sur l’environnement  et sur l’être humain en particulier. Il sera aussi l’occasion de sensibiliser les associations des quartiers sur leur rôle dans la réussite du projet.

 

Pour en savoir plus http://www.collectifmap.org

Pour rejoindre le projet : http://www.ggcmap.org

Gautier Montcho Agbassa

Construire les Etats ou nouvelle frontière de l’ingérence alternative

  • PDF

Du Sud-Soudan au Cambodge, d’Haïti à l’Afghanistan, en passant par le Liberia, le Rwanda, la Somalie, le Liban, l’Irak, la Palestine, la Libye, les experts en «state building» s’affairent auprès d’Etats «faillis», «en crise», récemment «libérés» ou «nouveaux nés». Côté face, une intention humanitaire : aider des pays déchirés à se doter rapidement d’institutions capables de garantir la paix et le respect des droits de base de leur population. Côté pile, des enjeux économiques et géopolitiques mal cachés, mais aussi la montée en puissance d’une doctrine sécuritaire qui vire à l’obsession. Les zones de «non-droit» étant perçues comme foyers des grandes menaces du nouveau millénaire (terrorisme, pandémies, vagues d’immigration, criminalité, etc.), les doter d’institutions «souveraines» devient motif légitime d’ingérence aux yeux de la communauté internationale…

A l’ambivalence des desseins s’ajoutent les contradictions du terrain. La mise en place d’institutions «pour le bien de la population» est souvent la face civile d’une présence militaire vécue sur le mode de l’imposition par les premiers concernés. Et l’ingénierie institutionnelle mise en œuvre s’inspire davantage des «standards internationaux» que des dynamiques sociopolitiques locales, avec les effets pervers en cascades que cela suppose.

Le « state building » est depuis quelques années une modalité majeure de l’action des puissances occidentales à la périphérie du système international. Après avoir longtemps appelé au recul ou au rétrécissement des Etats, la communauté internationale se pose dorénavant en architecte de leur construction. A ce titre, des bataillons d’experts internationaux s’activent «sur le terrain» à renforcer ou réformer les institutions - forces de l’ordre et armées, processus électoraux, institutions politiques, tribunaux, administrations, société civile… - destinées à composer un nouveau type d’Etat, «démocratique, responsable et efficient».

Si les caractéristiques communes des contextes dans lesquels le « state building » est mobilisé s’imposent de prime abord - déliquescence des Etats, déchirements ethno-religieux, violences multiformes, pauvreté extrême -, il s’agit de ne pas occulter la relative diversité des configurations en jeu, notamment sous l’angle du type de rapports entre «locaux» et intervenants. Dans le contexte des environnements post-conflit caractérisés par l’instabilité, la (re-)construction des institutions étatiques est progressivement devenue le volet «civil» des opérations onusiennes de maintien de la paix, validées par le Conseil de sécurité et éventuellement prévues dans les accords de paix signés par ex-belligérents (Cambodge, Liberia, République démocratique du Congo, etc.).

Mais l’impératif du « state building » a également été mobilisé dans les situations de vide politico-administratif créées suite au renversement de régimes de coalitions occidentales, comme en Irak et Afghanistan. La multiplication des opérations de state building résulte de la convergence de trois agendas internationaux qui confèrent aux Etats du Sud de nouvelles responsabilités en matière de gestion des risques humanitaires, sociaux et sécuritaires. La récurrence des échecs s’explique par les contradictions d’un projet visant à redessiner les systèmes institutionnels pour les conformer aux «bonnes pratiques» et aux intérêts divers des intervenants. Le state building vise moins à universaliser la forme «Etat» qu’à cacher sa désintégration sous les pressions du nouvel ordre international. A rebours de sa justification protectrice, il opère une déconnexion entre «responsabilité» (laissée aux Etats non occidentaux) et «pouvoir» (capté par les puissances interventionnistes). La mise en évidence des effets pervers de la régulation extérieure refonde l’idée même d’autonomie politique.

Dans le jargon, le « state building » renvoie au développement de mécanismes internationaux de régulation censés restaurer la souveraineté d’Etats en déliquescence. Depuis peu, la faiblesse de certains Etats est effectivement considérée comme un facteur dans l’élaboration des politiques de sécurité globale.Comme le déclare le document 2002 de Stratégie de sécurité nationale des Etats-Unis, «L’Amérique est maintenant moins menacée par des Etats conquérants que par des Etats faillis».

L’actuelle «gouvernance mondiale», faible ou tronquée, est un obstacle au « peace building » et au « state building ». En matière de flux financiers, de sécurité, de migration, d’industries extractives et de marchandises nuisibles, un triple déficit (de démocratie, de cohérence et d’application), consécutif à l’asymétrie internationale, à certains intérêts privés et au contrôle public lacunaire, mine les quelques initiatives positives prises. La gouvernance supranationale est un défi pour la construction de la paix et d’Etats forts.

La mise sous tutelle états-unienne des processus de changement de régime, de « state building » et de démocratisation en Irak a conduit à une gestion sécuritaire du pays, subordonnée aux exigences et intérêts des «occupants». Les stratégies adoptées par ces derniers puis par le nouveau régime loin de contribuer à la réconciliation indispensable au projet d’unité nationale et de gouvernance démocratique, ont attisé la fragmentation de la société. En Irak, on est passé de la gestion sécuritaire à la gestion politique.

La reconstruction de l’Etat afghan soulève une série de questions liées aux capitaux investis, aux moyens de coercition et à la légitimité. Les deux premiers termes n’ont pas induit le dernier. Les stratégies mises en place sont apparues limitées, voire contre-productives. Mais dans quelle mesure et jusqu’à quel point le state building peut-il être assisté et dépendant de pouvoirs extérieurs dans un schéma qui emprunte aux pratiques coloniales ? L’entêtement de la communauté internationale à considérer la période post-indépendance comme non conflictuelle, ses efforts pour transposer les «meilleures pratiques» internationales en faisant table rase du passé, et l’application d’un modèle «moins d’Etat, plus de marché» ont participé de facto à un travail de sape de la légitimité du nouvel Etat du Timor-Oriental et contribué à créer les conditions d’émergence de période de crise.

Les transferts de politiques, des institutions internationales vers les pays africains, réduisent de facto l’autonomie des Etats concernés, et participent à la dépolitisation de la gestion publique, à sa standardisation, à la technisation des procédures, à de nouvelles ingérences et au déplacement des centres de décision, à l’émergence d’une technocratie économique, et au-delà, au déclassement de l’Etat au profit du libéralisme économique. Naguère étudiée sous l’angle du mimétisme institutionnel, la question des transferts de politiques devient un objet scientifique à part entière. Il permet non seulement d’interroger les dynamiques politiques et institutionnelles au sein des administrations publiques, mais il constitue aussi un site fécond pour observer et analyser la transformation en cours du rôle de l’Etat dans le contexte de la mondialisation.

Dans les pays africains, le sujet ne manque pas de pertinence en raison des influences multiformes qu’ils subissent dans leurs relations internationales. L’un des terrains privilégiés de ces influences réside dans les questions liées à la réforme de l’Etat dans un contexte de crise. On sait que dans les années 1960 et 1970, au sortir du processus colonial, les problèmes du développement et son institutionnalisation figurent en bonne place dans les agendas des gouvernements africains. Ils ont donné lieu à la production et à la mise en œuvre des nombreuses politiques de construction institutionnelle.

Mais la crise persistante des années 1970, liée notamment au choc pétrolier, permet d’interroger les modèles de développement ayant jusque-là inspiré les gouvernements africains. Cette nouvelle donne met en cause les orientations étatisantes promues par ces pays. La réforme de l’Etat est alors clamée comme voie de sortie de crise, suivant en cela les idées promues depuis le consensus de Washington. Ce débat comporte de nombreuses facettes, en lien avec l’histoire politique et économique de l’Afrique. Sur ce sujet des transferts de politiques, Dominique Darbon montre bien que les regards de la recherche sur l’Afrique se sont le plus souvent polarisés «sur les phénomènes de domination et les conséquences politiques sociales des décalages produits» par la mise en œuvre de modèles d’origine étrangère.

Darbon est ainsi amené à identifier trois vagues de travaux : la première correspond aux «travaux menés au moment des indépendances des années 1960 dans le contexte de domination et de dépendance politique». Prévalent alors les «notions de modèles, mimétisme et emprunts». Ces travaux «s’inscrivent résolument dans une perspective théorique de modernisation et de développement politique». La deuxième vague se veut plus ouverte sur la problématique des transferts, puisqu’elle part du constat d’échec observé dans la vague précédente. Elle s’intéresse «au processus de transfert, à la nature des objets transférés, aux jeux et stratégies d’acteurs, producteurs et consommateurs donnant une part essentielle aux logiques d’appropriation et de réinvention». Une troisième vague porte sur «la diffusion de modèle de management et de gouvernance entretenue aussi bien par les acteurs et les institutions internationales d’aide au développement que par l’extension du mouvement d’intégration européenne et le processus de comparaison systématique des performances institutionnelles qui se répand».
La présente contribution s’inscrit dans cette troisième vague travaux, mais ne perd pas de vue les acquis de la deuxième qui a le mérite de rappeler la nature exogène de l’Etat en Afrique et les complexités liées à son importation (Badié, 1992). Il s’agira d’explorer la dynamique des transferts, tels qu’ils prennent forme dans les pratiques politiques et bureaucratiques des Etats africains à partir des années 1980, sous l’influence des politiques d’aide. Les pays africains se présentent dans ce domaine comme un terrain fécond pour l’observation d’échanges, d’innovations, d’expérimentation et de transferts de modèles institutionnels ou de politiques les plus variées, perçus avant tout comme des voies de sortie de crise. Aux yeux des bailleurs, la réforme du secteur de la sécurité est un élément clé de la stabilisation de la République démocratique du Congo. Ce chantier est cependant caractérisé par sa lenteur et son manque de cohérence. En cause une situation adverse - dénuement socio-économique généralisé, troubles à l’Est, absence de tradition démocratique -, mais aussi et peut-être davantage le volontarisme et l’absence de coordination des intervenants.

Partisans et critiques du projet de la «paix libérale» ont en commun de négliger les jugements des premiers concernés par les interventions internationales. L’étude des opinions des Mozambicains révèle que ceux-ci ne rejettent pas l’idée d’une présence étrangère comme telle, mais tiennent à ce que les intervenants respectent les lois nationales, constitutives d’une souveraineté qui ne peut se réduire à des questions d’efficacité et de besoin.

Le numéro de la revue Alternatives Sud sur «Les non-dits des relations internationales» montre très bien les problèmes posés par le passage de la théorie du state building au Sud à la réalité.

Source: Amady Aly Dieng

Quand la peste réapparaît en Occident

  • PDF

 Monseigneur de Belzunce au milieu des pestiférés (peste de Marseille, 1720). Gravure de la fin du XIXe, début du XXe siècle.Deux cas de cette maladie hautement contagieuse ont été diagnostiqués début juin aux États-Unis. Comment est-ce possible ?

Lire la suite...

La deuxième guerre mondiale avait déjà commencé.

  • PDF

Au jour d'aujourd'hui, au plan mondial, l'actualité n'offre vraiment rien de bien nouveau. Seule la violence, qui n'a jamais rien perdu sur la violence, poursuit son cours et s'intensifie, ici et là, pour de belles moissons cadavériques.

Lire la suite...

Un tissu de mensonges sans auteurs où des mensonges, rendus pieux, passent pour des vérités. Posted on 20 juin 2012

  • PDF

Campagne Panafricaine 2012L’écriture de l’histoire, au sens de la science historique, celle d’un peuple ou d’une nation, a toujours beaucoup à voir avec la victoire des uns et la défaite des autres.

Lire la suite...