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Les bandits bienfaiteurs du continent noir

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Des pirates qui font vivre un Etat, des contrebandiers qui mettent en place du microcrédit, des rebelles qui distribuent de l’argent… Dans toute l’Afrique, la frontière entre crime organisé et aide sociale est ténue. Cette enquête a reçu le prix Daniel Pearl 2011 de journalisme.

Chaque fois que nous détournons un navire, nous nous approvisionnons en denrées alimentaires. Nous achetons des chèvres pour fournir de la viande et du khat (une herbe narcotique douce que l’on mâche – on prononce ‘tchat’). Nous introduisons e l’argent dans l’économie du pays. Comment les peuples survivraient-ils sans cela ? Tous les poissons de nos eaux ont été emportés”, explique Abdullah Abdi, pirate à Eyl, une petite ville côtière de la région semi-autonome du Puntland, en Somalie.Abdi est l’un des quelque 1 500 pirates écumant l’océan Indien et le golfe d’Aden, qui relie la mer Rouge à l’océan Indien.

Ces jeunes gens, dont certains sont d’anciens pêcheurs, et beaucoup d’autres des gardes du corps ou des miliciens au service des nombreux eigneurs de la guerre et des politiciens, ont étourné des douzaines de bateaux et pris des centaines de personnes en otages, gagnant ainsi des millions de dollars en rançon. Au Puntland, l’“économie des pirates” est si puissante que l’Etat est en passe de devenir un Etat criminel. Mais les habitants d’Eyl apprécient ces “criminels”, des héros à leurs yeux.

Zeynab Abdi, 58 ans, la grand-mère du quartier, aime les pirates. Ils l’aident, dit-elle, et s’occupent de ses quatre petits-enfants, orphelins à cause de la guerre civile qui dure depuis des décennies dans ce pays. “Depuis que les pirates sont aux commandes, nous vivons dans de meilleures conditions. Lorsqu’ils gagnent de l’argent, cela me permet de nourrir mes petits-enfants”, ajoute-t-elle.

Pour Zeynab Abdi, se rendre le matin à Eyl et s’informer sur les nouveaux bateaux détournés dans les eaux de l’Afrique de l’Est est désormais devenu une routine.

Anab Farah, 26 ans, est une jeune femme d’affaires. Elle a trouvé un filon : traiteur pour les otages que détiennent les pirates dans plusieurs lieux. Elle prépare trois repas quotidiens pour chaque otage et les remet aux gardiens sous forme de plats à emporter. “Les pirates sont très utiles à mon activité. En quelques jours, je gagne 400 dollars américains [environ 310 euros]. Je vais m’offrir une voiture très bientôt”, affirme-t-elle, avant d’entonner une chanson devenue très populaire ces derniers temps : “Ya kale, ya kale oo Somalidu dandeeda kafinkara oo aan aheyn burcaat badhet” (“A part les pirates, qui d’autre pense à notre situation critique en tant que Somaliens ?”).

Abdullah Abdi et ses collègues pirates ont également investi dans les maisons et les bâtiments à usage public qui sortent de terre le long de la ligne de côte d’Eyl.

Bien qu’ils gouvernent par la force et aient tendance à épouser les plus belles femmes – souvent de très jeunes filles du pays –, une bonne partie des habitants leur sont reconnaissants, car ils revitalisent l’économie de la région. En plus, ces groupes bien organisés assurent une relative sécurité aux populations dans cette zone de non-droit.

“Ils sont nos garde-côtes. Pendant plusieurs années, les bateaux étrangers ont laissé des détritus dans nos eaux, les ont polluées et en ont épuisé les poissons. Quelqu’un doit les surveiller et ce sont les pirates qui le font”, défend Halima  Hassan, 15 ans, récemment mariée à un pirate. Elle dit être heureuse avec la fortune de son mari Hassan, un pirate de 70 ans.

D’après plusieurs sources locales, la bande de pirates de Mohamed Hassan “Afweyne” et de son fils Abdikadir Abdi, qui opère depuis la Somalie centrale, a détourné sept bateaux au cours de la seule année 2009. Nos sources ont pu nommer cinq des sept navires et préciser les dates de détournement ; le bateau de  croisière Ship Indian Ocean Explorer le 2 avril 2009, le vraquier Ariana le 2 mai, le bateau de pêche Alakrana le 2 octobre, le porte-conteneurs Kota Wajar le 15 octobre et le vraquier Xin Hai le 19 octobre. Les rançons varient  e 77 000 euros à 7 millions d’euros, avec une moyenne de 700 000 euros. Cette bande de pirates a reçu plus de 6 millions d’euros en 2009.

Selon le Groupe de contrôle de l’ONU sur la Somalie, il y a au moins sept  gangs de ce type qui, annuellement, empochent grâce à leur activité de piraterie des profits avoisinant les 38 millions d’euros. En comparaison, les projets d’aide au développement en Somalie financés par le Royaume-Uni et  les Etats-Unis pour créer des emplois ou aider l’agriculture et l’élevage s’élevaient en 2009 à 3,5 millions d’euros, tandis que le budget total du gouvernement du Puntland pour la même année atteignait 13,5 millions. Les pirates sont donc de toute évidence la force économique la plus puissante de la région, si bien que le gouvernement lui-même a commencé à puiser dans les gains des pirates. Toujours selon le Groupe de contrôle de l’ONU (dans son rapport du 10 mars 2010), “plus de 30 % des versements ont été retenus par les fonctionnaires du gouvernement du Puntland”.

Le microcrédit du contrebandier

Dans l’ouest du continent africain, sur une autre côte, dans la région lagunaire de Porto-Novo, au Bénin, Justin Godonou, un électricien de 35 ans, semi-qualifié, est tout aussi reconnaissant que les Somaliens de Puntland à son bienfaiteur : Joseph Midodjiho, un  contrebandier d’essence. Godonou, comme des centaines d’autres, transporte des bidons d’essence dans les bateaux de Midodjiho depuis les villes situées à la frontière avec le Nigeria, riche en pétrole. C’est une sale besogne. L’odeur de l’essence est si forte qu’il est difficile de respirer. L’essence passée en fraude, non raffinée donc, est très polluante.

La Nouvelle Gazette, Cotonou

Les bandits bienfaiteurs du continent noir

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Des pirates qui font vivre un Etat, des contrebandiers qui mettent en place du microcrédit, des rebelles qui distribuent de l’argent… Dans toute l’Afrique, la frontière entre crime organisé et aide sociale est ténue.

Chaque fois que nous détournons un navire, nous nous approvisionnons en denrées alimentaires. Nous achetons des chèvres pour fournir de la viande et du khat (une herbe narcotique douce que l’on mâche – on prononce ‘tchat’). Nous introduisons e l’argent dans l’économie du pays. Comment les peuples survivraient-ils sans cela ? Tous les poissons de nos eaux ont été emportés”, explique Abdullah Abdi, pirate à Eyl, une petite ville côtière de la région semi-autonome du Puntland, en Somalie.Abdi est l’un des quelque 1 500 pirates écumant l’océan Indien et le golfe d’Aden, qui relie la mer Rouge à l’océan Indien.

Ces jeunes gens, dont certains sont d’anciens pêcheurs, et beaucoup d’autres des gardes du corps ou des miliciens au service des nombreux eigneurs de la guerre et des politiciens, ont étourné des douzaines de bateaux et pris des centaines de personnes en otages, gagnant ainsi des millions de dollars en rançon. Au Puntland, l’“économie des pirates” est si puissante que l’Etat est en passe de devenir un Etat criminel. Mais les habitants d’Eyl apprécient ces “criminels”, des héros à leurs yeux.

Zeynab Abdi, 58 ans, la grand-mère du quartier, aime les pirates. Ils l’aident, dit-elle, et s’occupent de ses quatre petits-enfants, orphelins à cause de la guerre civile qui dure depuis des décennies dans ce pays. “Depuis que les pirates sont aux commandes, nous vivons dans de meilleures conditions. Lorsqu’ils gagnent de l’argent, cela me permet de nourrir mes petits-enfants”, ajoute-t-elle.

Pour Zeynab Abdi, se rendre le matin à Eyl et s’informer sur les nouveaux bateaux détournés dans les eaux de l’Afrique de l’Est est désormais devenu une routine.

Anab Farah, 26 ans, est une jeune femme d’affaires. Elle a trouvé un filon : traiteur pour les otages que détiennent les pirates dans plusieurs lieux. Elle prépare trois repas quotidiens pour chaque otage et les remet aux gardiens sous forme de plats à emporter. “Les pirates sont très utiles à mon activité. En quelques jours, je gagne 400 dollars américains [environ 310 euros]. Je vais m’offrir une voiture très bientôt”, affirme-t-elle, avant d’entonner une chanson devenue très populaire ces derniers temps : “Ya kale, ya kale oo Somalidu dandeeda kafinkara oo aan aheyn burcaat badhet” (“A part les pirates, qui d’autre pense à notre situation critique en tant que Somaliens ?”).

Abdullah Abdi et ses collègues pirates ont également investi dans les maisons et les bâtiments à usage public qui sortent de terre le long de la ligne de côte d’Eyl.

Bien qu’ils gouvernent par la force et aient tendance à épouser les plus belles femmes – souvent de très jeunes filles du pays –, une bonne partie des habitants leur sont reconnaissants, car ils revitalisent l’économie de la région. En plus, ces groupes bien organisés assurent une relative sécurité aux populations dans cette zone de non-droit.

“Ils sont nos garde-côtes. Pendant plusieurs années, les bateaux étrangers ont laissé des détritus dans nos eaux, les ont polluées et en ont épuisé les poissons. Quelqu’un doit les surveiller et ce sont les pirates qui le font”, défend Halima  Hassan, 15 ans, récemment mariée à un pirate. Elle dit être heureuse avec la fortune de son mari Hassan, un pirate de 70 ans.

D’après plusieurs sources locales, la bande de pirates de Mohamed Hassan “Afweyne” et de son fils Abdikadir Abdi, qui opère depuis la Somalie centrale, a détourné sept bateaux au cours de la seule année 2009. Nos sources ont pu nommer cinq des sept navires et préciser les dates de détournement ; le bateau de  croisière Ship Indian Ocean Explorer le 2 avril 2009, le vraquier Ariana le 2 mai, le bateau de pêche Alakrana le 2 octobre, le porte-conteneurs Kota Wajar le 15 octobre et le vraquier Xin Hai le 19 octobre. Les rançons varient  e 77 000 euros à 7 millions d’euros, avec une moyenne de 700 000 euros. Cette bande de pirates a reçu plus de 6 millions d’euros en 2009.

Selon le Groupe de contrôle de l’ONU sur la Somalie, il y a au moins sept  gangs de ce type qui, annuellement, empochent grâce à leur activité de piraterie des profits avoisinant les 38 millions d’euros. En comparaison, les projets d’aide au développement en Somalie financés par le Royaume-Uni et  les Etats-Unis pour créer des emplois ou aider l’agriculture et l’élevage s’élevaient en 2009 à 3,5 millions d’euros, tandis que le budget total du gouvernement du Puntland pour la même année atteignait 13,5 millions. Les pirates sont donc de toute évidence la force économique la plus puissante de la région, si bien que le gouvernement lui-même a commencé à puiser dans les gains des pirates. Toujours selon le Groupe de contrôle de l’ONU (dans son rapport du 10 mars 2010), “plus de 30 % des versements ont été retenus par les fonctionnaires du gouvernement du Puntland”.

Le microcrédit du contrebandier

Dans l’ouest du continent africain, sur une autre côte, dans la région lagunaire de Porto-Novo, au Bénin, Justin Godonou, un électricien de 35 ans, semi-qualifié, est tout aussi reconnaissant que les Somaliens de Puntland à son bienfaiteur : Joseph Midodjiho, un  contrebandier d’essence. Godonou, comme des centaines d’autres, transporte des bidons d’essence dans les bateaux de Midodjiho depuis les villes situées à la frontière avec le Nigeria, riche en pétrole. C’est une sale besogne. L’odeur de l’essence est si forte qu’il est difficile de respirer. L’essence passée en fraude, non raffinée donc, est très polluante.

La Nouvelle Gazette, Cotonou

L’instabilité et la pauvreté en Afrique

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Depuis des décennies, on constate, et on en fait une mauvaise réputation au continent, que l’Afrique est instable sur le plan politique et que les coups d’état sont monnaies courantes. La pauvreté fait partie de son univers quotidien, par voie de conséquence.

Avec ironie, on s’aperçoit que, depuis peu, cette instabilité s’installe dans les pays du monde arabe. La maladie est donc contagieuse, elle est passée de l’état endémique à l’état épidémique.

Dans le même temps, une crise financière, « sans pareille », fait son apparition dans les pays « dits riches », parce que jusqu’à maintenant on le croyait qu’ils étaient riches, on en était même persuadé et leurs peuples aussi. Suite à cette crise, la pauvreté fait son apparition en Europe et aux Etats Unis. L’instabilité politique est sous jacente et les partis extrémistes commencent à fleurir un peu partout sur les continents et la grogne des peuples se fait entendre.

Quand on cherche les causes de ces états de fait, on arrive toujours à la même conclusion résumée par Karl Marx dans la formule suivante :

"Abolissez l'exploitation de l'homme par l'homme et vous abolirez l'exploitation d'une nation par une autre nation."

Karl Marx

En somme, on n’avance pas !!!

Dans un premier temps et jusqu’à ce jour les pays « dits riches » ont profité des pays africains, en leur prenant leur matières premières soit gratuitement, soit, ensuite, contre une rémunération tenant lieu d’obole, tout cela arrosé d’un bon cru de corruption des élites dirigeantes qui, elles s’engraissent sur le dos des peuples. Quand, par une atteinte de folie égalitariste, un chef d’état africain est décidé à changer les règles du partage, il est immédiatement déménager de son poste. Tout ce système continue et se durcit même, puisque l’on voit ce qui s’est passé récemment en Côte d’Ivoire, en Tunisie et en Libye.

Chez les pays « dits riches », qui vont vraisemblablement rejoindre les autres sous peu à la vitesse où vont les choses, les politiques, tous sortis de très grandes écoles formant les hauts cadres de la République, se sont faits bernés, en toute complicité, depuis plus de trente ans par le milieu de la finance, qui insidieusement a pris et volé la place de notre économie basée sur le travail et la production de biens ou de services.

 

Fort de ce qui est énoncé ci-dessus, ma réflexion est la suivante : comment fait-on pour sortir de ce marasme qui, quelques soient les responsables, et ce sont souvent les mêmes d’ailleurs, touche les populations du monde et plus particulièrement celles du continent africain ?

Je pense pour cela qu’il nous faut revenir aux sources de la démocratie :  Régime politique dans lequel le peuple exerce la souveraineté. Toutefois, un système n’étant jamais parfait, il appartient aux peuples eux-mêmes à décider comment ils vont exercer leur souveraineté. Il y a donc intérêt à ce que ceux–ci fédèrent leurs aspirations au niveau de leur continent mais aussi avec les autres continents.

Des initiatives nombreuses voient le jour, et les réseaux numériques permettent la mise en place et l’échange d’idées nouvelles.

Pour l’Afrique le MAP (Mouvement d’Actions Panafricain) est la structure de référence qui met en place un tissu de fédérations dans l’ensemble des pays comptant des ressortissants africains ou sympathisants.  http://collectifmap.org/

Pour les autres continents des réseaux altermondialistes se mettent en place.

En conclusion, il est temps que les peuples se fédèrent et revoient leur souveraineté, s’ils ne veulent pas être dominés par un nouvel ordre mondial qu’ils n’ont pas souhaité.

D.SORY

Du MAP au Mouvement d'Actions Panafricain

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Chers Mapiens, ce que je connais du MAP, c'est tout d'abord cette famille remuante et prolixe, ce sont des gens sincères, prêts à défendre leurs convictions, à exprimer leur point de vue. Pour chacun des membres que je connais, il y a le MAP, mais aussi leur association, leur situation, leur famille. J'admire chacun d'eux pour leur temps, leur intelligence, leur passion.

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Menace de «libanisation» du conflit syrien

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Au fil des mois, les puissances du Moyen-Orient s’immiscent toujours plus dans la crise syrienne, comme au Liban il y a 30 ans. La communauté internationale est toujours divisée et impuissante.

Le massacre de Houla (près de Homs) le montre une nouvelle fois, les violences dont la Syrie est le théâtre sont toujours essentiellement le fait d’un régime et de ses milices réprimant un soulèvement populaire et une opposition mal armée. Et ce alors que Bachar el-Assad répète depuis le début du soulèvement que la Syrie est victime de groupes terroristes stipendiés par l’étranger.

Reste que ce conflit sanglant entre un peuple et son président n’échappe pas aux interférences des pays de la région. C’est du moins l’avis d’Yves Besson, diplomate suisse au Liban et dans le monde arabe de 1971 à 1982 et toujours impliqué comme universitaire dans la région.

Yves Besson relève les similitudes entre la guerre civile libanaise (1975-1990) et celle qui se développe en Syrie : «Comme le Liban a été le champ de bataille d’un conflit inter-arabe, la Syrie devient le théâtre d’un jeu régional plus large.»

«De multiples indices laissent penser que l’islamisme radical soutenu en sous-main par l’Arabie cherche l’affrontement, la guerre civile. En face, nous trouvons, également en Syrie, des Gardiens de la révolution iraniens avec cette base arrière qu’est devenu l’Irak.»

Dans les coulisses de la crise syrienne, se joue donc aussi une partie du bras de fer qui oppose d’un côté l’Iran, la Syrie et leur obligé libanais, le Hezbollah aux monarchies du Golfe menées par le Qatar et l’Arabie saoudite.

Sunnites v/s chiites

«Beaucoup d’observateurs se refusent à reconnaitre l’importance de la dimension religieuse dans les tensions proche-orientales. Or, l’opposition entre chiites et sunnites n’a pas disparu avec les soulèvements populaires dans le monde arabe, même si elle est le plus souvent  sous-jacente. La répression du soulèvement majoritairement chiite au Bahreïn est à ce titre très claire», relève encore Yves Besson.

De fait, le renversement de Saddam Hussein en Irak par Washington et Londres a eu comme conséquence d'accélérer la montée en puissance de l’Iran chiite voisin, réanimant les craintes des monarchies sunnites du Moyen-Orient. Des tensions qui se cristallisent aujourd’hui avec la volonté de Téhéran de se doter des moyens de fabriquer la bombe atomique.

Le devenir du régime el-Assad  - constitué pour l’essentiel de la communauté chiite des alaouites – va donc peser sur l’équilibre régional entre chiites et sunnites.

Yves Besson rappelle que la plupart des villes insurgées et violemment réprimées par Damas sont à majorité sunnites, avant de souligner : «Les minorités en Syrie ont tout à redouter de cet affrontement entre sunnites et chiites. Les arméniens du nord, par exemple, ont très peur d’un nouvel exil.

Les plus exposés sont les chrétiens, protégés du régime el-Assad, mais privés de soutien extérieur. Beaucoup de chrétiens d’Irak se sont d’ailleurs réfugiés dans la banlieue de Damas, depuis la chute de Saddam Hussein.»

Pacifier ou amplifier la guerre civile

Une intervention militaire internationale contre le régime el-Assad – une option évoquée avec insistance ces derniers jours – risque donc d’entrainer toute la région dans une spirale de violence aux conséquences imprévisibles.

C’est en tout cas la crainte de Marcelo Kohen, de l’Institut de hautes études internationales et du développement.

«Face aux actes commis par le régime syrien, il est très facile de dire – les opinions publiques  sont prêtes à cela – utilisons la force. Mais il faut penser aux conséquences de l’usage de la force, que ce soit une intervention directe ou une aide militaire aux rebelles. »

«Depuis la fin de la guerre froide, une culture de la force s’est instaurée sur le plan international. Or, le constat est désormais établi (Irak, Afghanistan, Lybie) que le recours aux armes ne règle pas tous les problèmes, tant s’en faut », constate le  professeur.

La responsabilité de protéger

Les partisans de l’option militaire invoquent la « responsabilité de protéger », un principe adopté  par l’ONU en 2005 pour permettre à la communauté internationale d’intervenir en cas de génocide et de crimes contre l’humanité.

«La responsabilité de protéger a suscité des espoirs démesurés, explique Marcelo Kohen. Pourtant  ce principe n’a pas apporté d’éléments nouveaux sur l’usage de la force prévu par la Charte des Nations unies (chapitre VII).»

Reste donc l’option diplomatique et le plan de paix en 6 points de Kofi Annan, l’ancien secrétaire général de l’ONU. Une initiative enterrée par nombre d’observateurs, vu son non-respect par Damas. 

Pour Yves Besson, il a pourtant le mérite d’exister : «Diplomatiquement, politiquement, il est utile. C’est la seule concession faite par le régime el-Assad, même s’il savait très bien qu’il avait les moyens de le rendre inopérant. La communauté internationale ne va pas y mettre un terme, même si personne ne se fait d’illusion sur son efficacité. Car autour de ce plan, il est possible de bâtir autre chose.»

Une alternative à la guerre

Un point de vue que rejoint Marcelo Kohen : «Cette crise peut aussi permettre à la communauté internationale de trouver des formules innovantes pour régler les conflits à l’intérieur des Etats autrement que par la force.

Les outils à disposition des Nations unies (sanctions, mission d’observation, justice internationale) sont en train d’être appliqués. Il est trop tôt pour en tirer le bilan. Il s’agit pour la communauté internationale d’apprendre à mieux articuler l’ensemble de ces outils. L’espoir, c’est d’obtenir plus de résultats et à moindre coût y compris en vie humaines et en destructions que l’usage de la force.»

Quoi qu’il en soit, l’attitude de la Russie - l’allié stratégique de Damas - s’avère déterminante. C’est en tous cas la conviction d’Yves Besson : «La clé est à Moscou, nulle part ailleurs. Ce que Washington ne veut pas reconnaitre. Tout ce déploiement d’apitoiement humanitaire masque un jeu parfaitement cynique de rapport de force qui opposent les Occidentaux aux Russes et aux Chinois.»


Source: Frédéric Burnand

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